Ce­si­dis­cretMon­sieurBé­douet

LeBor­de­lais est le nou­veau­pré­pa­ra­teur­phy­si­quedes Bleus

Le Parisien (Paris) - - Sports - OLI­VIER BER­NARD

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Au Haillan, quelque chose a chan­gé en ce dé­but de semaine. Un per­son­nage aus­si em­blé­ma­tique que dis­cret des Gi­ron­dins, au club de­puis bien­tôt seize ans, est ab­sent de l’en­traî­ne­ment. Jus­qu’à de­main, Eric Bé­douet est loin de son quo­ti­dien et des joueurs au sca­pu­laire. Le tout nou­veau pré­pa­ra­teur phy­sique de l’équipe de France par­ti­cipe avec l’en­semble du staff des Bleus au sé­mi­naire de tra­vail or­ga­ni­sé à Ban­dol ( Var) par Di­dier Des­champs. « Cette prise de contact est im­por­tante. Avec Di­dier, nous nous sommes ren­con­trés à Bor­deaux dé­but jan­vier. Je l’ap­pré­cie beau­coup, comme son ad­joint Guy Sté­phan. C’était agréable de re­ce­voir un ap­pel de quel­qu’un de cette en­ver­gure, une fier­té même, confie- t- il. Mais je n’ai rien de­man­dé et je me fiche d’une éven­tuelle no­to­rié­té. » Bé­douet et la sé­lec­tion na­tio­nale, c’était presque une évi­dence. Lorsque Laurent Blanc a quit­té les Gi­ron­dins pour suc­cé­der à Ray­mond Do­me­nech, en 2010, il avait dé­jà vou­lu l’avoir à ses cô­tés. Mais les re­la­tions très ten­dues à l’époque entre Bor­deaux et la FFF avaient mis fin à ses es­poirs. « Au­jourd’hui, je n’ai au­cune rai­son de m’op­po­ser à sa no­mi­na­tion. C’est une fier­té pour lui et pour le club » , ob­serve Jean- Louis Triaud, le pré­sident des Gi­ron­dins.

gros bos­seur per­fec­tion­niste

Le na­tif de Maine- et- Loire, âgé de 59 ans, éga­le­ment dé­ten­teur de tous ses di­plômes d’en­traî­neur, sa­voure. « C’est une re­con­nais­sance de mon tra­vail, ad­met- il. Mais je ne tra­vaille pas pour ça, même si, en vieillis­sant un peu, on y est plus sen­sible. Je n’avais ja­mais pen­sé vivre une Coupe du monde, au Bré­sil en plus. » De­puis son ar­ri­vée à Bor­deaux lors de l’été 1998, quand Elie Baup l’avait ar­ra­ché au centre de for­ma­tion de La­val, cet an­cien foot­bal­leur pro­fes­sion­nel à Be­san­çon et à Reims, no­tam­ment, a tout fait au club. Pré­pa­ra­teur phy­sique, donc, mais aus­si en­traî­neur ad­joint et pom­pier de ser­vice. En mai 2001, il rem­place ain­si Jean Ti­ga­na dé­mis­sion­naire du­rant quatre matchs et as­sure le main­tien. « C’était chaud car la si­tua­tion était ten­due » , sou­rit- il au­jourd’hui. Il a beau connaître tous les pe­tits se­crets du ves­tiaire, il de­meure d’une loyau­té ab­so­lue, res­pec­tueux des hommes et de l’ins­ti­tu­tion. « Il est dis­cret, ef­fa­cé même, mais je l’ap­pré­cie beau­coup car il s’oc­cupe énor­mé­ment de tous les joueurs, note Ni­co­las Mau­rice- Be­lay. Il me sert aus­si de con­fident et ce­la m’aide de l’avoir comme re­père. » Gros bos­seur, ha­bi­té par le sou­ci du moindre dé­tail, Bé­douet s’est dé­jà pen­ché sur la pré­pa­ra­tion au Mon­dial. « Le plus im­por­tant est d’avoir à l’es­prit le res­sen­ti des joueurs. Il faut savoir les écou­ter, pré­cise- t- il. Il fau­dra te­nir compte du nombre de matchs qu’au­ra dis­pu­té cha­cun. Lors de France - Pays- Bas, le 5 mars, on fe­ra une pre­mière bat­te­rie de tests mé­di­caux, sui­vies de deux autres en mai. Avant d’al­ler au Bré­sil, nous de­vrons ré­gé­né­rer les joueurs, car ils se­ront fa­ti­gués, et on ne pour­ra pas leur in­fli­ger une forte dose de tra­vail. Il est ca­pi­tal de res­pec­ter leur in­té­gri­té phy­sique. Pour le haut ni­veau, il faut une pré­pa­ra­tion très poin­tue. » A son image.

( LP/ Jean- Bap­tiste Quen­tin.)

Stade Cha­ban- Del­mas ( Bor­deaux), le 19 mai 2011. Eric Bé­douet, aux Gi­ron­dins de­puis 1998, est aus­si dé­sor­mais pré­pa­ra­teur phy­sique des Bleus : jus­qu’à de­main, il par­ti­cipe à un sé­mi­naire de tra­vail or­ga­ni­sé par Di­dier Des­champs.

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