Tho­masT­hou­roude, co­ol­tou­jours

Ma­ga­zines. Ala­bar­re­du « Be­fore » ( ce soir à 18 h 5) com­meà celle de « l’Equipe du­di­manche » , l’ani­ma­teur de Ca­nal+ im­pose sa dé­ri­sion élé­gante.

Le Parisien (Paris) - - Télévision Etmédias - CHAR­LOTTE MO­REAU

Il était la bonne sur­prise de la ren­trée aux com­mandes du « Be­fore » , l’an­ti­chambre pop et es­piègle du « Grand Jour­nal » . OEil qui frise et mains dans les poches, Tho­mas Thou­roude y a im­po­sé son es­prit Ca­nal à lui : iro­nique mais dé­bon­naire, ré­fé­ren­cé mais ac­ces­sible. Tout ce que la chaîne cryp­tée sem­blait avoir éga­ré quand, à force de vou­loir être co­ol, elle vi­rait par­fois condes­cen­dante.

Quatre mois plus tard, l’ex- ma­ti­na­lier d’i> té­lé n’a tou­jours pas pris la grosse tête. Entre les tour­nages quo­ti­diens du « Be­fore » et le di­rect de « l’Equipe du di­manche » , ce père de deux en­fants as­sure n’avoir « pas vrai­ment le temps de pa­ra­der, de faire le beau » . La poi­gnée de main est franche, comme le sou­rire et le dis­cours. « Pour­vu qu’il ne change pas » , mur­mure- t- on dans les cou­loirs de Ca­nal +. Les au­diences du « Be­fore » , ins­tal­lé en clair dans la pé­rilleuse case de 18 heures, aident son ani­ma­teur à gar­der les pieds sur terre : 150 000 té­lé­spec­ta­teurs chaque soir de 18 h 5 à 18 h 40, mê­me­si l’émis­sion trouve un se­cond pu­blic en re­play, c’est dix fois moins que les scores du « Grand Jour­nal » .

On es­saie d’être gé­né­reux, po­si­tifs,

bien­veillants”

Tho­mas Thou­roude

Alors chaque jour, Tho­mas Thou­roude re­met le mé­tier sur l’ou­vrage. De Ri­han­na aux an­ti- IVG, de la Fa­shion Week au couple Oba­ma, il s’adresse aux jeunes, du haut de ses 35 ans, sans ca­ri­ca­tu­rer leurs codes et leur lan­gage. Qu’il glisse un tacle ta­quin au pré­sident ( « comme Fran­çois Hol­lande, Manu Payet est drôle, tout le temps » ) ou qu’il évoque le si­mu­lacre de pro­cès Za­hia ( « Ka­rim Benzema et Franck Ri­bé­ry en­courent tou­jours trois ans de pri­son ferme pour leurs coupes de che­veux » ) , ce fils de so­phro­logue cultive science du ti­ming et de la vanne qui tombe à pic. Dans ses références, An­toine de Caunes et Thier­ry Ar­dis­son, OSS 117 et les Des­chiens, les Nuls et les Mon­ty Py­thon. Dans son pe­di­gree, une nais­sance en Ka­by­lie, vingt ans de bal­lon ovale au plus haut ni­veau et le Centre de for­ma­tion des jour­na­listes. La tête et les jambes.

A la ques­tion de savoir com­ment ça se fa­brique, au juste, le « co­ol » , il n’avance pas de re­cette. Plu­tôt un aveu : « la mé­chan­ce­té gra­tuite, le ba­shing, c’est à la mode, mais ce n’est pas mon truc. Dans le Be­fore, on es­saie d’être gé­né­reux, po­si­tifs, bien­veillants. » Là- des­sus, ajou­tez beau­coup de tra­vail, trois au­teurs dont il parle sans com­plexes et aus­si, comme les ani­ma­teurs de « late shows » amé­ri­cains qu’il ad­mire tant, une au­to­dé­ri­sion sin­cère. Son pro­duc­teur, Guillaume Lacroix, confirme : « Tho­mas peut com­plè­te­ment as­su­mer une blague pour­rie. » Ou de chan­ter faux, de dan­ser mal, voire de se dé­gui­ser pour fê­ter la qua­li­fi­ca­tion des Bleus pour le Bré­sil : veste et cra­vate en haut, slip rouge et plumes de dan­seuse ca­rio­ca en bas.

Son « JT de la pop culture » lui semble un bou­le­vard com­pa­ré au sport et à « l’Equipe du di­manche » , qu’il dé­ver­gonde de­puis trois ans en y in­jec­tant de l’hu­mour : « On tou­chait à la sa­cro- sainte émis­sion, face à des abon­nés qui connaissent tout sur tout… Au Be­fore, le champ des pos­sibles est in­fi­ni. » En dé­cembre, Tho­mas Thou­roude a même ima­gi­né avec sa clique un court- mé­trage de dix mi­nutes, rem­pli de guest stars, pour rendre hom­mage au « Thril­ler » de Mi­chael Jack­son. Juste pour le plai­sir. Avouez que c’est conta­gieux.

Pa­ris, le 20 jan­vier. Tho­mas Thou­roude, pré­sen­ta­teur du « Be­fore » du « Grand Jour­nal » , s’adresse aux jeunes, sans ca­ri­ca­tu­rer leurs codes et leur lan­gage.

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