Les cambrioleurs, en­ne­mis pu­blics nu­mé­ro 1

Le pré­fet de po­lice a re­con­nu, hier, une hausse de26 % des cam­brio­lages entre 2012 et 2013. Un­plan d’ac­tion a été lan­cé.

Le Parisien (Paris) - - Le Jourrnal de Paris - ÉLO­DIE SOULIÉ

Les cam­brio­lages res­tent bien « la plaie » de la dé­lin­quance pa­ri­sienne. Les fric- frac se font en bandes de plus en plus or­ga­ni­sées, comme ce réseau ve­nu des Bal­kans qui écu­mait les beaux quar­tiers des VIIIe et XVIe ar­ron­dis­se­ments. La bande est tom­bée fin 2013. Com­bien d’autres pour­ront être ac­cro­chées au ta­bleau de chasse 2014 de la po­lice pa­ri­sienne pour faire bais­ser les sta­tis­tiques ?

Au­jourd’hui, avec 26 % de hausses en 2013 par rap­port à 2012, le nombre de cam­brio­lages vaut bel et bien à la ca­pi­tale sa palme de mau­vais élève na­tio­nal. Sauf que le pré­fet de po­lice, Ber­nard Bou­cault, en pré­sen­tant ces chiffres peu glo­rieux au re­gard des sta­tis­tiques glo­bales de la dé­lin­quance, cri­tique les don­nées lais­sées par son pré­dé­ces­seur et la « mé­tho­do­lo­gie su­jette à cau­tion » des an­ciennes sta­tis­tiques. « La dé­lin­quance de 2012 a été sous- éva­luée et ce­la rend plus com­pli­quée la com­pa­rai­son avec 2013 » , re­grette Ber­nard Bou­cault. Il n’em­pêche, im­pos­sible de tout mettre sur le dos de sta­tis­tiques tron­quées et des 130 000 faits pas­sés par pertes et pro­fits entre 2007 et 2012, comme l’avait ré­vé­lé, l’an der­nier, un rap­port de l’ins­pec­tion gé­né­rale de l’ad­mi­nis­tra­tion.

« Les at­teintes aux biens ont aug­men­té de 10,6 % en 2013 » , ad­met le pré­fet, et la ten­sion sur les cam­brio­lages a conduit à la mise en place d’un plan d’ac­tion im­pli­quant tous les ser­vices. « Nous se­rons plus per­for­mants » , pro­met, quant à lui, le nou- veau di­rec­teur la po­lice ju­di­ciaire, Ber­nard Pe­tit. La mise en oeuvre de ce plan a per­mis de conte­nir la ten­dance, mais aus­si de ra­len­tir net­te­ment l’évo­lu­tion men­suelle : « le rythme de pro­gres­sion a été di­vi­sé par 4 entre jan­vier et sep­tembre. La courbe s’est même in­ver­sée en toute fin d’an­née avec moins 3,6 % en dé­cembre » , in­dique le pré­fet en se vou­lant ras­su­rant. « Cette bonne ten­dance semble se pour­suivre sur les pre­mières se­maines de 2014 » , ajoute- t- il.

Cette lutte est l’af­faire de tous”

Fran­çois Mo­lins, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique

Pas de chiffres en­core pour ce dé­but d’an­née. Mais la « re­cette » res­te­ra la même avec une meilleure co­or­di­na­tion entre les ser­vices : par­quet, sé­cu­ri­té pu­blique, po­lice scien­ti­fique, po­lice ju­di­ciaire ( parce que les au­teurs ap­par­tiennent à de vé­ri­tables ré­seaux), ren­sei­gne­ments… « Cette lutte est l’af­faire de tous » , in­siste le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Fran­çois Mo­lins, qui sou­ligne que « le re­cours à la po­lice scien­ti­fique et tech­nique est dé­sor­mais sys­té­ma­tique sur les cam­brio­lages » . Et quand les au­teurs sont in­ter­pel­lés, la ré­ponse du par­quet se veut aus­si ferme : « Il y a dé­fè­re­ment de prin­cipe au tri­bu­nal » , in­siste le pro­cu­reur. En 2013, le nombre de cambrioleurs mis en cause a, lui, aug­men­té de près de 3 %.

( LP/ Ar­naud Jour­nois.)

Le re­cours à la po­lice scien­ti­fique et tech­nique « est dé­sor­mais sys­té­ma­tique sur les cam­brio­lages » , se­lon le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Fran­çois Mo­lins.

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