« Ce­la va dé­mo­bi­li­ser les bo­bos ur­bains »

Un dé­pu­té PS, à pro­pos de l’ aban­don de la loi sur la fa­mille

Le Parisien (Paris) - - Politique - RO­SA­LIE LU­CAS

« Ce­la a été chaud ! » Hier, la réunion de groupe PS a ser­vi de dé­fou­loir contre le gou­ver­ne­ment dont la dé­ci­sion de re­por­ter la loi sur la fa­mille ne passe pas. « Ceux qui sont d’ha­bi­tude dis­ci­pli­nés l’ont ouverte » , sou­rit un élu. « Cer­tains se disent qu’on nous de­mande dé­jà d’ava­ler notre cha­peau sur la ligne éco­no­mique, alors nous le de­man­der sur des va­leurs so­cié­tales, c’est la goutte d’eau » , rap­porte un dé­pu­té. « Nous don­nons le sentiment de cé­der à une cris­pa­tion ré­ac­tion­naire, ren­ché­rit Pas­cal Cher­ki. La place des cu­rés, c’est dans les églises, celle des rab­bins dans les sy­na­gogues et des imams dans les mos­quées ; ils ont le droit de ma­ni­fes­ter, mais pas de dic­ter leur loi à la Ré­pu­blique » . Même cour­roux chez Hen­ri Em­ma­nuel­li qui, sur Twit­ter, a dé­non­cé « le re­cul de­vant l’obs­cu­ran­tisme » .

Of­fi­ciel­le­ment, se­lon le porte- pa­role du groupe PS Thier­ry Man­don, les dé­pu­tés « ont­com­prisles rai­sons­du­choix du­gou­ver­ne­ment » . Mais, dans les cou­loirs, c’est un autre re­frain. « Per­sonne n’y com­prend rien » , se la­mente une élue. « C’est une dé­ci­sion lourde de sens, pour­quoi le Pre­mier mi­nistre n’est pas ve­nu l’ex­pli­quer de­vant le groupe ? » re­grette Jean Gla­va­ny. nHi­dal­go se dit dé­çue Pour cal­mer le jeu, les par­le­men­taires qui avaient tra­vaillé sur le texte de loi sur la fa­mille ont été réunis hier par Bru­no Le Roux et ré­flé­chissent à re­prendre cer­taines dis­po­si­tions dans de fu­tures pro­po­si­tions de loi ( lire en­ca­dré). La pro­créa­tion mé­di­ca­le­ment as­sis­tée ( PMA) est pour l’ins­tant lais­sée de cô­té. « Pour­quoi aban­don­ner tout le texte alors qu’il avait été dé­ci­dé que la PMAne se­rait pas de­dans ? » souffle un dé­pu­té. « Hol­lande a eu peur que cer­tains dans la ma­jo­ri­té ne veuillent pas at­tendre, et vu son manque de ré­sul­tats éco­no­miques, il ne se sent pas le poids d’im­po­ser d’autres ré­formes de so­cié­té » , com­prend un autre.

« Pour les mu­ni­ci­pales, nous avons be­soin de mo­bi­li­ser notre élec­to­rat, or Hol­lande donne tou­jours le sentiment de don­ner à la droite, craint un autre. Ce­la va dé­mo­bi­li­ser les bo­bos ur­bains. » Anne Hi­dal­go a d’ailleurs ré­agi. « Je suis ex­trê­me­ment dé­çue et je re­grette le re­cul du gou­ver­ne­ment que je ne com­prends pas » , a ex­pli­qué la can­di­date à Pa­ris au site Internet LGBT Yagg. « Ailleurs que dans les grandes villes, il n’y a pas de pas­sion pour ces su­jets, re­la­ti­vise un dé­pu­té. Mais Hol­lande, qui don­nait le sentiment d’être de­ve­nu le pa­tron avec sa con­fé­rence de presse, re­de­vient illi­sible, c’est dom­mage! »

( LP/ Oli­vier Cor­san.)

As­sem­blée na­tio­nale, hier. Bru­no Le Roux ( de­bout, à droite) a réuni les par­le­men­taires qui avaient tra­vaillé sur le texte de loi sur la fa­mille.

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