Le Me­def lance une opé­ra­tion sé­duc­tion chez les mol­lahs

Une dé­lé­ga­tion pa­tro­nale est à Té­hé­ran de­puis lun­di. Avec l’as­sou­plis­se­mentde l’em­bar­go, les in­dus­triels fran­çais piaffent d’im­pa­tien­ce­de­vant le mar­ché ira­nien.

Le Parisien (Paris) - - Economie - ER­WAN BENEZET AVEC ÉMI­LIE TORGEMEN

« Les cartes de vi­site s’échangent au­tour des tables rondes, un peu comme au po­ker, ra­conte le res­pon­sable d’une en­tre­prise du CAC 40. Mais une chose est sûre, l’Iran se­ra at­ten­tif à ce que la France s’en­gage dans la du­rée. » L’am­biance est fé­brile par­mi la cen­taine d’en­tre­prises de la dé­lé­ga­tion fran­çaise ( dont To­tal, GDF Suez, Al­stom ou en­core Sch­nei­der Elec­tric) en dé­pla­ce­ment jus­qu’à de­main à Té­hé­ran. Le Me­def, qui a or­ga­ni­sé le dé­pla­ce­ment et a dû re­fu­ser du monde, a de­man­dé la plus grande dis­cré­tion : « On com­mu­nique au mi­ni­mum, his­toire de mettre toutes les chances de notre cô­té. » L’enjeu est trop im­por­tant, re­prend un autre membre du voyage. « D’au­tant qu’on s’est ren­du compte sur place que pas mal de monde nous avait pré­cé­dés. » Les Al­le­mands ont dé­jà fait plu­sieurs dé­pla­ce­ments. Tout comme les Au­tri­chiens, les Por­tu­gais, les Ita­liens, les Amé­ri­cains et les Chi­nois. n80 mil­lions de consom­ma­teurs po­ten­tiels Fin no­vembre, à Ge­nève, Té­hé­ran et les grandes puis­sances oc­ci­den­tales ont si­gné un ac­cord de six mois sur le nu­cléaire ira­nien, ce qui a per­mis une le­vée par­tielle et pro­vi­soire des sanc­tions le 20 jan­vier. Des échanges com­mer­ciaux sont dé­sor­mais au­to­ri­sés pour les mé­taux pré­cieux, les pro­duits pé­tro­chi­miques ( à l’ex­cep­tion du pé­trole, du gaz et des car­bu­rants), l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique et, sur­tout, l’au­to­mo­bile. « C’est le sec­teur qui sus­cite le plus de convoi­tises, confirme un membre de la dé­lé­ga­tion. On voit un peu par­tout des Peu­geot 405 des an­nées 1990. » En Iran, la moi­tié des 20 mil­lions de voi­tures a plus de vingt- cinq ans !

Tant que l’Iran n’est pas re­ve­nu dans le sys­tème ban­caire, il est qua­si im­pos­sible de faire des af­faires. Mais tout semble en­core à construire dans ce pays éco­no­mi­que­ment cou­pé du monde de­puis trente- cinq ans par un em­bar­go in­ter­na­tio­nal. Seules quelques en­tre­prises fran­çaises sont en­core sur place ( lire ci- des­sous), alors que le mar­ché re­pré­sente près de 80 mil­lions de consom­ma­teurs po­ten­tiels. « A la des­cente de l’avion, on dé­couvre un pays qui semble tour- ner, mais la plu­part des im­meubles sont dé­cré­pis, re­prend le membre de la dé­lé­ga­tion. A l’ex­cep­tion des bâ­ti­ments gou­ver­ne­men­taux, flam­bant neufs. » Autre sur­prise : « Tous les Ira­niens que nous ren­con­trons sont en cos­tumes. Il y a éga­le­ment des femmes par­mi nos in­ter­lo­cu­teurs. Et elles ne sont pas voi­lées. »

( AFP/ Fred Du­four.)

Té­hé­ran ( Iran). Les échanges com­mer­ciaux concer­nant l’in­dus­trie au­to­mo­bile sont dé­sor­mais au­to­ri­sés. Un sec­teur qui sus­cite bien des convoi­tises.

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