Mieux ai­der les pa­rents d’au­tistes

Oli­via Cat­tan, ma­man de Ru­ben, diag­nos­ti­quéi­ly a troi­sans, lance au­jourd’huiu­ne­cam­pagne con­trel’ au­tis­mo­pho­bie. Ave cunn umé­ro SOS pour les fa­milles.

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous - F. D.

C’est un coup de gueule. Ce­lui qu’on par­vient à pous­ser quand on sort dou­ce­ment de plu­sieurs an­nées d’en­fer et qu’on sait que des di­zaines de mil­liers de fa­milles y sont en­core plon­gées. En lan­çant au­jourd’hui une cam­pagne contre l’au­tis­mo­pho­bie en France, Oli­via Cat­tan n’a pas peur d’in­ven­ter un mot, même un peu im­pro­non­çable. « Il y a une telle trouille de l’au­tisme ici ! De la peur, de la mé­con­nais­sance, au­cune mé­dia­ti­sa­tion po­si­tive… Ils sont 600 000, au­tant qu’il y a d’élus po­li­tiques dans ce pays… et on ne les voit nulle part ! » Pour avoir vé­cu l’iso­le­ment, l’ab­sence de mains ten­dues, le vide que fait au­tour de soi un en­fant différent, cette mi­li­tante de 46 ans, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Pa­roles de femmes, en est per­sua­dée : « Comme l’ac­trice Kate Wins­let l’a fait aux Etats- Unis, il faut rendre vi­sible ce han­di­cap ! » Elle a elle- même mis du temps à ac­cep­ter ce mot dou­lou­reux pour son fils Ru­ben, 8 ans, diag­nos­ti­qué autiste voi­là trois ans. Mais com­ment ap­pe­ler au­tre­ment cette mon­tagne à sou­le­ver pour être sco­la­ri­sé comme les autres, cette course d’obs­tacles pour es­pé­rer vivre, un jour, une vie nor­male ?

ar­tistes pour sen­si­bi­li­ser l’opi­nion

nDes Comme aux Etats- Unis donc, ce sont les ar­tistes qui vont les pre­miers se mo­bi­li­ser pour les au­tistes. Marc La­voine, Au­drey Da­na, Ma­rieC­laude Pie­tra­gal­la, Jean Du­jar­din, Car­la Bru­ni ou en­core Tho­mas Du­tronc… Tous se sont en­ga­gés au­près de l’as­so­cia­tion SOS Au­tisme en France, créée pour por­ter la cam­pagne, à lut­ter contre les pré­ju­gés et les dis­cri­mi­na­tions faites aux per­sonnes au­tistes. Ils vont donc par­rai­ner au grand jour ces en­fants in­vi­sibles, ha­bi­tuel­le­ment re­clus chez eux ou dans des ins­ti­tuts mé- di­co- édu­ca­tifs pas tou­jours adap­tés à leurs be­soins. « 80 % des en­fants au­tistes ne sont pas sco­la­ri­sés en France, faute d’auxi­liaires de vie sco­laire for­més de ma­nière ap­pro­priée » , dé­plore Oli­via Cat­tan. Or comme ils sont dans le mi­mé­tisme, la sco­la­ri­sa­tion est es­sen­tielle pour eux ! » Quand bien même les fa­milles es­saient de so­cia­bi­li­ser leurs en­fants au­tre­ment, dans les clubs de sports ou les cours de mu­sique, les portes s’en­tre­bâillent très dif­fi­ci­le­ment. « Même en Chine, où l’on ne peut pas dire que l’hu­main soit une prio­ri­té, 25 % des per­sonnes han­di­ca­pées ont une li­cence spor­tive. En France, seule­ment 1 %! » Elle- même n’a ja­mais réus­si à ins­crire son ga­min au ten­nis ou au con­ser­va­toire, alors qu’il en rêve. « On m’a ren­voyé vers la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de tram­po­line… C’est à pleu­rer! »

nUn nu­mé­ro SOS pour les fa­milles

La cam­pagne sou­riante avec les ar­tistes, c’est une chose. Le quo­ti­dien truf­fé d’em­bûches, d’ab­sence qua­si- to­tale de so­lu­tions, les couples qui ex­plosent de de­voir gé­rer leur en­fant dans un huis clos épui­sant, c’en est une autre. SOS Au­tisme en France lance donc au­jourd’hui une plate- forme té­lé­pho­nique d’écoute pour que les fa­milles puissent si­gna­ler toutes les dis­cri­mi­na­tions dont elles sont vic­times. Quitte à em­ployer les grands moyens et à rap­pe­ler à l’Etat que le Conseil de l’Eu­rope a dé­jà condam­né la France en 2004 pour sa prise en charge dé­faillante de l’au­tisme. « On at­ta­que­ra en jus­tice chaque fois qu’une struc­ture re­fu­se­ra d’ac­cueillir un en­fant autiste, même ac­com­pa­gné d’un édu­ca­teur spé­cia­li­sé, comme ça ar­rive tous les jours » , as­sure Oli­via Cat­tan. « Il n’y a pas que des mau­vaises in­ten­tions certes, mais il y a une loi, il est grand temps qu’on la fasse res­pec­ter ! » SOS au­tis­mo­pho­bie : 0.820.71.00.54. ( nu­mé­ro in­di­go à la charge de l’ap­pe­lant).

( DR.)

A 8 ans, Ru­ben est au­jourd’hui en CE 1 et va à l’école tous les ma­tins aprés avoir eu des dif­fi­cul­tés à s’ex­pri­mer pen­dant des an­nées.

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