Les­ma­gouilles­del’ex- gen­dar­meau­tri­bu­nal

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - J. S.

Les soup­çons pe­sant contre lui sont lourds. Ju­gé de­puis hier de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Bas­tia ( Haute- Corse), l’ex- ca­pi­taine de gen­dar­me­rie Fran­çois Le­van, doit ré­pondre de faits de dé­tour­ne­ment de sai­sies de can­na­bis — en pré­ten­dant les avoir fait dé­truire —, de la brève sé­ques­tra­tion pour in­ti­mi­da­tion de l’em­ployé d’une so­cié­té que son pa­tron, ami de Le­van, soup­çon­nait de vol, d’écoutes illé­gales pro­fi­tant au « mi­lieu » , de com­pli­ci­té avec des ra­cket­teurs. Et de bien d’autres faits de cor­rup­tion…

Pour­tant, aux cô­tés de six co­pré­ve­nus ju­gés pour la ten­ta­tive de ra­cket d’un res­tau­rant de Saint- Florent ( Haute- Corse), l’ex- gen­darme à la car­rière pro­met­teuse a ten­té de faire le pro­cès de sa hié­rar­chie, dé­non­çant un « sys­tème, per­met­tant no­tam­ment des in­dul­gences sur des dé­lits rou­tiers avec l’aval de la hié­rar­chie » . « J’étais jeune, je me suis fait avoir » , a plai­dé l’homme de 42 ans, qui a quit­té la gen­dar­me­rie en 2010 pour de­ve­nir di­rec­teur d’un hô­tel à Mar­seille. Il nie la plu­part des faits et ne re­con­naît que quelques en­torses au rè­gle­ment, au nom de la bonne ges­tion de son réseau d’in­for­ma­teurs. nLuxueux Ce­lui qu’on ap­pe­lait « le Chi­nois » , en rai­son de ses ori­gines asia­tiques, est soup­çon­né d’être de­ve­nu « ri­pou » alors qu’il était en poste à la tête de l’an­tenne bas­tiaise de la sec­tion de recherche d’Ajac­cio, entre 2005

train de vie

et 2007. L’an­née sui­vante, alors qu’il ve­nait de prendre la tête du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie de Fré­jus ( Var), il a été mis en cause, no­tam­ment sus­pec­té d’avoir four­ni des in­for­ma­tions à un truand. Des pra­tiques « cou­rantes » à Bas­tia, se­lon lui.

D’au­tant que son train de vie n’avait que peu à voir avec ce­lui d’un of­fi­cier de gen­dar­me­rie : une luxueuse vil­la à plus de 500 000 € dans le Var, des dé­pla­ce­ments en Porsche Cayenne. Tout ce luxe avait pous­sé l’ins­pec­tion de la gen­dar­me­rie à étu­dier les ac­ti­vi­tés corses du ca­pi­taine.

D’autres gen­darmes sont, eux, ve­nus à la barre dé­crire un ca­pi­taine « in­ves­ti » , « pro­fes­sion­nel » et « ja­lou­sé » . Deux fa­cettes d’un homme ju­gé jus­qu’à de­main.

( AFP/ Pas­cal Pochard Casabianca.)

Bas­tia ( Haute- Corse), hier. Fran­çois Le­van est ju­gé en cor­rec­tion­nelle jus­qu’à de­main.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.