La­por­te­va­dé­fendre sa­li­ber­téd’ex­pres­sion

L’en­traî­neur­deTou­lo­nes­ten­ten­du­ce­ma­tin­par­la­com­mis­sionde dis­ci­pli­ne­de­laLi­gue­na­tio­nale

Le Parisien (Paris) - - Sports - DA­VID OPOCZYNSKI

Lorsque que Yoann Bou­lan­ger, l’en­traî­neur de l’US bres­sane Pays de l’Ain ( Pro D 2), sor­ti­ra de son au­di­tion de­vant la com­mis­sion de dis­ci­pline de la Ligue à Pa­ris, vers 11 heures, il croi­se­ra cer­tai­ne­ment Ber­nard La­porte, sui­vi par de nom­breux jour­na­listes. L’en­traî­neur du RC Tou­lon ( 7e du Top 14) est en ef­fet convo­qué ce ma­tin pour ses pro­pos très vi­ru­lents en­vers l’ar­bitre Laurent Car­do­na à l’is­sue du match à do­mi­cile per­du face à Gre­noble ( 22- 21) le 4 jan­vier.

L’an­cien sé­lec­tion­neur du XV de France et se­cré­taire d’Etat aux Sports l’avait qua­li­fié no­tam­ment d’ « in­com­pé­tent » et de « pipe » à plu­sieurs re­prises. L’en­traî­neur com­pa­raî­tra juste avant le Rug­by Club tou­lon­nais, consi­dé­ré comme res­pon­sable des pa­roles de son em­ployé. Contac­té hier, Mou­rad Boud­jel­lal, le pré­sident du club va­rois, n’a pas sou­hai­té com­mu­ni­quer et at­tend « de voir ce qu’il se passe » .

Je suis un homme libre et je le res­te­rai”

De son cô­té, Laurent Car­do­na as­sure qu’il n’at­tend « rien de par­ti­cu­lier » de cette au­di­tion. « Je suis pas­sé com­plè­te­ment à autre chose, ex­plique- t- il de­puis la conces­sion au­to­mo­bile de Mar­seille dont il gère le ser­vice après- vente. Ce qui me gêne le plus dans cette af­faire, c’est sur­tout l’image por­tée au rug­by en gé­né­ral. Mon cas per­son­nel passe au se­cond plan. La com­mis­sion fe­ra son tra­vail. »

L’en­traî­neur sait qu’il s’expose à une sanc­tion lourde. Il a dé­jà été in­ter­dit de banc et de ves­tiaire 60 jours en 2012 pour des pro­pos in­ju­rieux en­vers l’ar­bitre Ro­main Poite, quelques mois après la sus­pen­sion de son pré­sident Mou­rad Boud­jel­lal pour 130 jours, pour avoir évo­qué une « so­do­mie ar­bi­trale » lors d’un match de Top 14.

Les ar­bitres fran­çais sont ré­gu­liè­re­ment sous le feu des cri­tiques. En 2011, Sé­bas­tien Cha­bal avait été sus­pen­du 30 jours ferme — ra­me­nés à 10 jours en ap­pel avec des tra­vaux d’in­té­rêt gé­né­ral — pour avoir af­fir­mé que « les ar­bitres du Top 14 [ étaient] nuls » . En 2010, le ma­na­geur du Ra­cing- Mé­tro, Pierre Ber­bi­zier, avait éco­pé de 60 jours pour s’en être pris à l’ar­bitre Ch­ris­tophe Ber­dos.

Ce ma­tin, Ber­nard La­porte se­ra en­ten­du par neuf des onze membres qui com­posent la com­mis­sion. La seule li­mite à une éven­tuelle sanc­tion se­rait la ra­dia­tion, qui ne peut être pro­non­cée que par la Fé­dé­ra­tion. « Je suis un homme libre et je le res­te­rai jus­qu’à la fin de mes jours, avait dé­cla­ré ré­cem­ment La­porte. Ma li­ber­té de pa­role, per­sonne ne pour­ra me l’en­le­ver. »

Avant d’iro­ni­ser sur le sort qui pour­rait lui être ré­ser­vé : « Je suis dé­jà en tri­bunes, ils me met­tront sur le toit de la tri­bune ? La seule chose qui m’im­porte, c’est : est- ce qu’ils vont m’em­pê­cher de boire mon pe­tit Ca­sa­nis et de jouer à la pé­tanque avec mes amis de 18 heures à 20 heures cet été à L’Ile- Rousse ? Si c’est ça, alors, je se­rai gra­ve­ment pu­ni. » La sanc­tion se­ra connue de­main après- mi­di ou ven­dre­di ma­tin au plus tard.

( Presse Sports/ Alex Mar­tin.)

Tignes ( Sa­voie), le 19 juillet 2013. Ha­bi­tué des coups de gueule, Ber­nard La­porte est au­di­tion­né après avoir in­sul­té un ar­bitre du Top 14.

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