Pre­mières im­pres­sions de Sotchi

Jeux olym­piques. Adeux jours de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture, notre re­por­ter vous fait par­ta­ger l’am­biance qui règne en Rus­sie et les der­niers pré­pa­ra­tifs.

Le Parisien (Paris) - - Jeuxolympiques D'hiver - SOTCHI ( RUS­SIE) De notre en­voyé spé­cial

Dès la sor­tie de l’aé­ro­port d’Ad­ler, un im­mense por­tique ac­cueille les vi­si­teurs : « Wel­come, we wish you great vic­to­ries*. » Et les cinq an­neaux olym­piques sont dis­sé­mi­nés sur les ronds- points en­vi­ron­nants. Pas de doute, pour les 22e JO d’hi­ver, c’est bien par ici. Une cer­ti­tude ac­quise dès la phase d’at­ter­ris­sage. Avant de se po­ser, les avions sur­volent en ef­fet la mer Noire et passent au- des­sus de l’im­mense com­plexe cô­tier des­ti­né à re­ce­voir les sports de glace.

De nuit, le bal­let des cou­leurs qui illu­mine les cinq pa­ti­noires géantes est somp­tueux. Presque au­tant que les te­nues bleues ou mauves pour le moins bi­gar­rées que les vo­lon­taires de­vront por­ter en­core trois se­maines… Mais, pour les nom­breux ath­lètes ou ac­cré­di­tés aux Jeux qui ont tran­si­té par Mos­cou, le contraste est sai­sis­sant entre les plaines mos­co­vites en­nei­gées (- 10° C en jour­née) et le bord de mer de la ré­gion du Kraï de Kras­no­dar. n « Do you speak en­glish ? » Ne pas avoir ap­pris le russe dès la ma­ter­nelle s’avère un sa­cré han­di­cap à Sotchi. Si les vo­lon­taires pla­cés à des postes stra­té­giques maî­trisent plus ou moins bien l’an­glais ( voire le man­da­rin ou le ja­po­nais), la bar­rière de la langue est vite plus haute que celles qui en­tourent les sites olym­piques.

Même dans les sortes d’im­menses ci­tés uni­ver­si­taires « trois étoiles » où vont lo­ger des mil­liers d’ac­cré­di­tés ve­nus de tous les ho­ri­zons jus­qu’au 23 fé­vrier, le « Do you speak en­glish ? » se heurte vite à un mur de dé­so­la­tion.

« Gé­né­ra­le­ment, il y en a un qui com­prend un peu l’an­glais et tous les em­ployés s’en re­mettent alors à lui, bal­bu­tie Ana­to­li, qui s’oc­cupe de l’un des bâ­ti­ments. Et, vous voyez, j’ai du mal ! » Dans son res­tau­rant si­tué près de la gare, Pe­tr a, quant à lui, trou­vé une so­lu­tion. peut- être même La so­lu­tion : « You, Google trans­la­tion ( NDLR : tra­duc­tion Google) » , se marre- t- il en sor­tant son smart­phone de la poche de sa veste. nMais c’est où Sotchi ? Par­tout, af­fiches, dra­peaux et ca­li­cots ex­hibent fiè­re­ment l’em­blème « So­chi 2014 » . Pour­tant, au­cune épreuve des Jeux ne se­ra or­ga­ni­sée dans la ville. Les com­pé­ti­tions de ski au­ront lieu en sta­tion et celles de glace à Ad­ler, où se si­tuent éga­le­ment le vil­lage olym­pique cô­tier et les centres de presse. Le centre de Sotchi, lui, se trouve à une tren­taine de ki­lo­mètres.

Sur Na­be­re­j­naia, la route du port et du bord de mer, les ou­vriers fi­nissent de mon­ter les écrans géants qui re­trans­met­tront les JO à par­tir de jeu­di, jour des pre­mières épreuves. Juste à cô­té, la bou­tique of­fi­cielle fait dé­jà le plein. « Mal­gré les prix ( NDLR : jus­qu’à 50 € le bon­net ou 180 € le sweat- shirt fin), on se fait plai­sir, sou­rit Ev­ge­niya. C’est un hon­neur pour nous d’avoir les Jeux et on veut en gar­der le sou­ve­nir… Dans le Ri­vie­ra Park, gi­gan­tesque parc d’at­trac­tions au charme sur­an­né où les jeunes ren­con­trés at­tendent avec im­pa­tience la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture, tout est prêt pour que la fête com­mence. nAt­ten­tion,

pein­ture fraîche ! Tout est prêt. Ou presque. Pin­ceau, bombe acry­lique ou per­ceuse en main, on s’ac­tive pour soi­gner l’ap­pa­rence. Cer­tains lo­ge­ments, avec té­lé­vi­sion et ré­fri­gé­ra­teur sans câble électrique, gaines ap­pa­rentes et lampes sans am­poule ont vi­si­ble­ment été ter­mi­nés à la hâte.

Les abords des sites olym­piques et de la voie fer­rée qui re­lie les deux zones res­semblent à de vastes chan­tiers qui se­ront ter­mi­nés après les Jeux. Ou pas. Les prin­ci­pales chaus­sées de la ré­gion arborent les an­neaux olym­piques. Et ce­la n’a rien d’une co­quet­te­rie. Les voies sont ain­si ré­ser­vées aux vé­hi­cules of­fi­ciels jus­qu’à la fin des Jeux. Sauf que la po­lice ne maî­trise pas en­core les plans de cir­cu­la­tion.

« Un coup, on passe ; un coup, on ne passe pas, peste ain­si Kar­len, chauf­feur de taxi. En plus, écou­tez ma ra­dio, on n’en­tend que le mot olym­pic, olym­pic. » Aus­si­tôt chas­sé par… De­si­re­less ! « Ah, voyache, voyache, s’écrie Kar­len. C’est la France ! » nNeige et co­co­tiers Dans JO d’hi­ver, il y a le mot hi­ver. Une no­tion as­sez abs­traite lors­qu’on longe la côte par la voie fer­rée qui re­lie Sotchi et Ad­ler. Les rayons d’un so­leil prin­ta­nier ( 12° C) ca­ressent en ef­fet la mer Noire et cette Ri­vie­ra du Cau­case qui n’est pas sans rap­pe­ler la Côte d’Azur. L’opu­lence ar­chi­tec­tu­rale en moins. Des trains, ( pas vrai­ment) ex­press, ré­gio­naux flam­bant neufs conduisent les spec­ta­teurs aux gares d’Es­to- Sa­dok et Kras­naïa Po­lia­na, d’où partent bus et té­lé­ca­bines vers les som­mets.

Si les ca­nons ont bien fonc­tion­né pour pro­po­ser des pistes en­nei­gées ( 500 000 m3 de neige avaient été sto­ckés l’hi­ver der­nier sous des bâches ther­miques), les fo­rêts alen­tour, elles, ne craignent pas vrai­ment les ava­lanches… Neige ou pas, il faut en tout cas savoir mon­trer patte blanche. Pré­sentes en ville, les forces de l’ordre de­viennent om­ni­pré­sentes à l’ap­proche des zones of­fi­cielles. ÉRIC BRUNA * « Bien­ve­nue, nous vous sou­hai­tons de grandes vic­toires. »

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