« Je me consi­dère comme un pri­vi­lé­gié »

Xa­vierLor­ge­ré, hand­bal­leur­pro­fes­sion­nel

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile- De- France - STÉ­PHANE BIAN­CHI

Son di­plôme d’in­gé­nieur en mé­ca­nique de dé­ve­lop­pe­ment au­rait pu le me­ner sur un autre ter­rain de jeu. Xa­vier Lor­ge­ré ( 28 ans) a choi­si de fré­quen­ter un autre type d’élite que celle à quoi l’a pré­pa­ré l’Ins­ti­tut na­tio­nal des sciences ap­pli­quées ( In­sa) de Lyon.

A dé­faut de s’ac­com­plir dans de grands groupes aé­ro­nau­tiques ou au­to­mo­biles, c’est au sein de la fine fleur du hand­ball hexa­go­nal que l’ar­rière de l’US Ivry a d’abord pré­fé­ré faire car­rière. Pas pour la gloire ou l’ar­gent. « Mais bel et bien par pas- sion, glisse le na­tif de Stras­bourg. Moi, je me consi­dère comme un pri­vi­lé­gié de pou­voir tou­cher un sa­laire pour jouer au hand­ball. Mais, con­trai­re­ment aux a prio­ri que peuvent avoir cer­taines per­sonnes sur le pro­fes­sion­na­lisme, ma vie n’a rien à voir avec celle des spor­tifs riches à mil­lions. »

Ar­ri­vé sur les par­quets de D 1 à 17 ans avec Ville­franche, ce­lui qui a long­temps cu­mu­lé sport et études avoue ain­si « tou­cher, après dix ans de pro­fes­sion­na­lisme, un peu moins de 3 000 € par mois » . « Dans notre dis­ci­pline, les joueurs qui ont des re­ve­nus leur per­met­tant d’as­su­rer l’après- car­rière se comptent sur les doigts des deux mains, pour­sui­til. Et en­core, quand on an­nonce que Ka­ra­ba­tic, qui est le meilleur joueur du monde, tourne au­tour de 1 M€ de re­ve­nus par an, il le doit en grande par­tieàs es contrats pu­bli­ci­taires. Dans la plu­part des cas, l’ac­ti­vi­té spor­tive en elle- même per­met d’as­su­rer le pré­sent, pas de se construire un ave­nir do­ré. »

Comme nombre de ses col­lègues, Lor­ge­ré fait donc en sorte d’an­ti­ci­per sur une fin de car­rière qui du­re­ra, dans le meilleur des cas, en­core six ou sept ans. « Mais ce n’est pas évident de mettre un peu d’ar­gent de

“L’ac­ti­vi­té spor­tive en elle- même per­met d’as­su­rer le pré­sent, pas de se construire un ave­nir do­ré”

cô­té, glisse- t- il. Même si mon loyer n’est pas très éle­vé ( NDLR : 600 €), le coût de la vie à Pa­ris ne per­met guère d’épar­gner. D’au­tant que ma co­pine vi­vant à Ma­drid, je ra­joute aus­si à mes frais quo­ti­diens les prix des vols pour l’Es­pagne. Mais je ne me plains pas, j’ai quand même un ni­veau de vie re­la­ti­ve­ment cor­rect. Et puis je touche sen­si­ble­ment la même chose en jouant au hand que ce à quoi je pour­rais pré­tendre avec mon di­plôme d’in­gé­nieur. »

Alors fi­na­le­ment, qu’im­porte « qu’en ne tra­vaillant pas, [ il] perde du temps en termes d’ex­pé­rience et, du coup, sur l’échelle des sa­laires » en vue de sa fu­ture re­con­ver­sion. « Car c’est un choix de vie que j’ai fait, ter­mine- t- il, et il me plaît. »

Gym­nase Au­guste- De­laune ( Ivry), sa­me­di. Xa­vier Lor­ge­ré. ( LP/ Cé­dric Le­cocq.) 28 ans Club : US Ivry ( Di­vi­sion 1) En couple ( sa co­pine vit à Ma­drid).

2 800 €

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