Alerte à la pol­lu­tion à la BNF

Le Parisien (Paris) - - Le Journal de Paris - ALEXANDRE ARLOT

Les élé­ments se dé­chaînent contre la BNF. Après l’in­cen­die d’une toi­ture sur le site Ri­che­lieu ( IIe) en août 2013 et l’inon­da­tion d’une par­tie des sous­sols de la tour 4 sur le site Fran­çoisMit­ter­rand ( XIIIe) le mois der­nier, c’est au tour de la qua­li­té de l’air d’être mise en cause. La di­rec­tion de la bi­blio­thèque a en­joint hier près de 300 de ses em­ployés, qui oc­cupent sept étages de la tour 1, à quit­ter les lo­caux avant 17 heures.

La pol­lu­tion de l’air est due à « une dé­gra­da­tion d’un dis­po­si­tif au som­met des tours qui a pour fonc­tion d’at­té­nuer les nui­sances so­nores » , ex­plique Bru­no Ra­cine, pré­sident de la BNF. Une vé­ri­fi­ca­tion sur les ins­tal­la­tions tech­niques a conclu « à la pré­sence en quan­ti­té si­gni­fi­ca­tive d’élé­ments de laine mi­né­rale dans les bat­te­ries à dé­bit va­riable qui ali­mentent en air conditionné l’en­semble des étages de bu­reaux de la tour 1 » , a en­core in­di­qué la di­rec­tion dans un com­mu­ni­qué.

Un co­mi­té d’hy­giène, de sé­cu­ri­té et des condi­tions de tra­vail ( CHSCT) a été convo­qué hier mi­di. « Il n’y a au­cune pa­nique, il s’agit d’une me­sure de pré­cau­tion » , a as­su­ré Bru­no Ra­cine, qui pré­cise que les ana­lyses en cours de­vraient prendre « une di­zaine de jours » .

Une cel­lule de crise mise en place

Sur place, le per­son­nel a quit­té les lieux au compte- gouttes, sans pa­ni­quer. « C’est ex­ces­sif comme me­sure » , es­time un em­ployé. « Si on ne nous avait rien dit, nous ne se­rions aper­çus de rien » , in­dique une autre. Reste que cette me­sure in­ter­vient quelques se­maines après une inon­da­tion qui avait en­dom­ma­gé plus de 10 000 ou­vrages. « Il s’agis­sait d’un pro­blème de confec­tion, alors qu’on as­siste ici à une dé­gra­da­tion tout à fait im­pré­vi­sible » , af­firme le pré­sident de la BNF.

Le syn­di­cat FSU, très cri­tique en­vers la di­rec­tion lors de l’inon­da­tion du mois der­nier, ap­prouve la me­sure mais s’étonne qu’elle sur­vienne aus­si tard. « Dès le 16 jan- vier, des em­ployés ont si­gna­lé des pro­blèmes de maux de tête ou de maux de gorge liés à l’air, confie Oli­vier Vo Tan, re­pré­sen­tant du syn­di­cat. Pour­quoi n’a- t- on rien dit lors du CHSCT de ven­dre­di der­nier ? » Pré­sente lors de cette réunion, Jac­que­line San­son, di­rec­trice gé­né­rale de la BNF, as­sure n’avoir été pré­ve­nue du pro­blème que lun­di soir. « Dès le len­de­main, nous avons mis en place une cel­lule de crise. Je condamne avec fer­me­té le fait qu’on m’at­taque sur un manque de trans­pa­rence. »

Les agents de la tour 1 ont ren­dez­vous jeu­di ma­tin pour une réunion d’in­for­ma­tion, « où ils pour­ront sol­li­ci­ter le médecin de pré­ven­tion pour ré­pondre à leurs ques­tions » , as­sure Jac­que­line San­son.

( LP/ A. A.)

Bi­blio­thèque na­tio­nale de France ( XIIIe), hier. Les sa­la­riés oc­cu­pant les sept pre­miers étages de la tour 1 de la BNF ont quit­té leurs lo­caux, hier avant dix- sept heures, à cause d’un pro­blème lié à l’air conditionné.

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