Avec Uber, les au­to­mo­bi­listes pour­ronts ’im­pro­vi­ser­taxis

La start- up ca­li­for­nienne Uber lance au­jourd’ hui un ser­vice sur smart­phone qui per­met d’être trans­por­té par un par­ti­cu­lier n’im­porte où à Pa­ris et en proche ban­lieue.

Le Parisien (Paris) - - Le Journal de Paris - JOF­FREY VOVOS

Après les voi­tures de tou­risme avec chauf­feur ( VTC), de nou­veaux concur­rents s’ap­prêtent à cro­quer le mar­ché des taxis pa­ri­siens : les par­ti­cu­liers. La start- up ca­li­for­nienne Uber lance au­jourd’hui une ap­pli­ca­tion pour mo­bile qui va per­mettre à tout au­to­mo­bi­liste — ou presque — de s’im­pro­vi­ser chauf­feur dans les rues de Pa­ris et en proche ban­lieue.

Dé­jà com­mer­cia­li­sé avec suc­cès dans une quin­zaine de villes aux Etats- Unis, le ser­vice, bap­ti­sé UberPOP, res­sem­ble­ra à du co­voi­tu­rage. « Ce se­ra la même phi­lo­so­phie mais dans un cadre ex­clu­si­ve­ment ur­bain » , pré­cise Pierre- Di­mi­tri Go­reCo­ty, di­rec­teur gé­né­ral d’Uber France. Prin­ci­pales condi­tions re­quises pour in­té­grer le réseau en tant que chauf­feur : avoir un vé­hi- cule de moins de cinq ans en bon état, être âgé d’au moins 21 ans, four­nir un cer­ti­fi­cat d’as­su­rance et un ex­trait de ca­sier ju­di­ciaire. Une for­mule que l’en­tre­prise as­sure être par­fai­te­ment lé­gale et sé­cu­ri­sée.

Le pas­sa­ger de­vra de son cô­té s’ac­quit­ter, comme dans un taxi, d’une somme va­riant en fonc­tion du temps ( 35 cts/ min) et de la dis­tance par­cou­rue ( 80 cts/ km), sa­chant que la course se­ra fac­tu­rée 4 € mi­ni­mum. Uber France se ré­mu­né­re­ra en pré­le­vant une com­mis­sion va­riant « de 10 à 20 % » , in­dique son di­rec­teur gé­né­ral. Grâ- ce à leur smart­phone, les usa­gers pour­ront, entre autres, lo­ca­li­ser en temps réel les vé­hi­cules à proxi­mi­té. Et c’est sans doute là que le sys­tème va pé­cher.

Uber dis­pose d’une im­por­tante base de clients po­ten­tiels grâce aux don­nées col­lec­tées via son ap­pli­ca­tion pour VTC. En re­vanche, l’en­tre­prise risque de man­quer sé­rieu­se­ment de voi­tures. « Notre ob­jec­tif prin­ci­pal est la fia­bi­li­té, re­con­naît Pierre- Di­mi­tri Gore- Co­ty. Il va fal­loir que le réseau soit suf­fi­sam­ment dense pour conduire cha­cun où il veut, quand il veut. »

Nous al­lons sai­sir les tri­bu­naux pour tra­vail dis­si­mu­lé et concur­rence

dé­loyale” Alain Gri­set, pré­sident de l’Union

na­tio­nale des taxis

« Dans un pre­mier temps, nous al­lons dé­mar­rer avec quelques di­zaines de conduc­teurs » , pour­suit le jeune pa­tron. Des chauf­feurs qui, en théo­rie, au­ront un mé­tier à cô­té, et n’exer­ce­ront donc cette ac­ti­vi­té qu’à la marge, une poi­gnée d’heures par semaine tout au plus.

Autre dif­fi­cul­té : tout comme Djump et Heetch, les deux autres so­cié­tés pré­sentes sur ce cré­neau dans la ca­pi­tale, l’en­tre­prise va de­voir faire face à la grogne des taxis, dé­jà bien échau­dés par le dé­fer­le­ment de VTC. « Nous al­lons sai­sir les tri­bu­naux pour tra­vail dis­si­mu­lé et concur­rence dé­loyale, an­nonce Alain Gri­set, le pré­sident de l’Union na­tio­nale des taxis. Il est anor­mal que cer­tains paient des im­pôts et des co­ti­sa­tions so­ciales et que d’autres y échappent. »

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