Dans la fa­mille Ro­che­fort, le fils

Sur les écrans. Il est la ré­vé­la­tion du film « Un beau di­manche » , tour­né par sa­mère Ni­cole Gar­cia. Pierre Ro­che­fort, fils de Jean, est pro­mis à une belle car­rière.

Le Parisien (Paris) - - Les Sortiesaucinéma - PIERRE VAVASSEUR

Sans fa­çon, il a gar­dé le nom de fa­mille : Ro­che­fort. Jean est son père, Ni­cole Gar­cia, sa mère. Une chance et une tan­née. « J’ai souf­fert du poids du nom. C’est com­pli­qué de trou­ver sa place quand on est dans l’ombre de pa­rents comme ça. » Lui s’ap­pelle Pierre. Et sur cette pierre, ce jeune homme de 32 ans, les joues bu­ti­nées par un fi­let de barbe, a tout fait pour bâ­tir autre chose qu’une des­cen­dance d’ac­teurs. Alors il a ri­pé. Il a rap­pé. Son groupe s’ap­pelle Dé­so­lé pour le bruit. Une ma­nière po­lie de se « construire seul » , dit- il, et loin de l’hé­ri­tage fa­mi­lial. Une poi­gnée d’al­bums, une pre­mière par­tie à l’Olym­pia. « Quand il écoute nos disques, mon père balance la tête et dit : Yo ! Yo ! »

Mais il ne faut ja­mais dire ja­mais et Pierre Ro­che­fort, qui a été ven­deur de DVD et de CD à la Fnac — « Châtelet, Saint- La­zare et Mont- par­nasse, je tra­vaillais le jour, la nuit j’étais en stu­dio » — a fi­ni par re­joindre la par­ti­tion fa­mi­liale. Il est le hé­ros d’ « Un beau di­manche » , ce très beau film si­gné ma­man Gar­cia qui sort au­jourd’hui sur 220 écrans.

Aux cô­tés de Louise Bour­goin, le beau gosse, dont c’est le pre­mier grand rôle, in­carne un ins­ti­tu­teur qui a de bonnes rai­sons de ne pas prendre ra­cine dans les éta­blis­se­ments qui l’ac­cueillent. Sa mère et le scé­na­riste Jacques Fieschi lui ont fa­bri­qué ce per­son­nage sur me­sure.

Jus­qu’ici, Pierre gam­ba­dait d’un texte de rap au Fes­ti­val Off d’Avi­gnon. « Quand Ni­cole m’a dit : Ce rôle, je l’ai écrit en m’ins­pi­rant de qui tu étais, c’est tout un monde qui m’est tom­bé sur les épaules. Si je le lais­sais pas­ser, je sa­vais que je m’en mor­drais les doigts ma vie en­tière. » Tout lui est alors re­mon­té en mé­moire. Cette re­pré­sen­ta­tion des « Mi­sé­rables » , par exemple, à la­quelle il avait as­sis­té ado­les­cent : « J’ai été tel­le­ment frap­pé par ce que ça r a - contait que je suis al­lé la re­voir cinq ou six fois. Quand il y avait un dî­ner à la mai­son, je jouais la mort de Ga­vroche. »

A l’époque, Pierre vi­vait avec sa mère, et jus­qu’à ses 18 ans, il s’est ren­du chez son père un week- end sur deux. Jean le voyait à che­val. « Il me rê­vait ca­va­lier pro­fes­sion­nel. » Sans suc­cès. Du coup, il l’a ins­crit à la boxe. « Ça n’a pas mar­ché non plus. » Au fi­nal, Pierre a

Si je lais­sais pas­ser ce rôle, je sa­vais que je m’en mor­drais les doigts ma vie en­tière”

Pierre Ro­che­fort

fait du bas­ket. Pos­ters de bas­ket­teurs aux murs de la chambre. N’em­pêche : le théâtre était en embuscade. Dans cette grande fa­mille — « nous étions nom­breux, trois soeurs et un frère du cô­té de mon père et un frère du cô­té de ma mère » — , l’art dra­ma­tique a fi­ni par se fau­fi­ler dans sa vie. Au con­ser­va­toire du VIIe ar­ron­dis­se­ment, « Fin de par­tie » , de Sa­muel Be­ckett, a été « une dé­fla­gra­tion » . « Au bout de quatre jours de cours je ve­nais de com­prendre quelque chose » , s’étonne en­core cet ad­mi­ra­teur de Fran­çois Clu­zet, Vincent Cas­sel, Pa­trick De­waere et Trin­ti­gnant, entre autres.

Ni­cole a dé­fri­ché pour de bon son des­tin. Ces jours- ci, quand Pierre croise l’af­fiche du film où il ap­pa­raît, sil­houette en maillot de bain les pieds dans la mer, il dit sim­ple­ment : « J’ai peur d’at­tra­per froid. »

( LP/ Mat­thieu de Mar­ti­gnac.)

Pa­ris, ven­dre­di. A 32 ans, Pierre Ro­che­fort joue son pre­mier grand rôle au ci­né­ma, après s’être consa­cré au rap, avec son groupe Dé­so­lé pour le bruit.

( Prod.)

Pierre Ro­che­fort, alias Bap­tiste, in­carne un ins­ti­tu­teur so­li­taire du sud de la France. Jus­qu’à sa ren­contre avec San­dra ( Louise Bour­goin).

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