SA CAR­RIÈRE

Le Parisien (Paris) - - Les Sortiesaucinéma -

LAU­RENCE MU­RAT. Re­fu­sez- vous beau­coup de rôles au ci­né­ma ? Oui, pas mal. Parce que j’ai dé­jà joué ce type de rôle, parce que le scé­na­rio ne m’in­té­resse pas, parce que je n’aime pas voya­ger, parce que je sais que je vais m’en­nuyer… J’ai re­fu­sé par exemple « In­tou­chables » parce que tout se pas­sait as­sis. Tu m’ima­gines coin­cée dans une chaise sans bou­ger le pe­tit doigt, moi qui joue aux do­mi­nos­même en dor­mant ! Je rends hom­mage à Fran­çois Clu­zet ( NDLR : qui jouait un pa­ra­plé­gique). D’ailleurs, on au­rait dû lui re­mettre un Cé­sar pour ce rôle. KARENNE VALTEAU. Vous avez tour­né dans une qua­ran­taine de films. Du­quel êtes- vous le plus fier ? Peut- être « Cow­boy » , de Be­noît Ma­riage, parce que c’est un film qui me cor­res­pond énor­mé­ment. Sur le fait d’être com­plè­te­ment à cô­té de la plaque, cou­pé de la terre en­tière alors que tu es per­sua­dé d’être al­truiste. Je me re­con­nais dans ce mec un pe­tit peu aveugle qui conti­nue d’em­mer­der tout le monde… BAS­TIEN PA­RI­SOT. Que pen­sez- vous du dé­bat sur les sa­laires des ac­teurs stars ? C’est un dé­bat ab­surde, car on laisse en­tendre que c’est le spec­ta­teur qui paie. C’est aux ac­teurs d’avoir la dé­cence de ne pas de­man­der 2,5 mil­lions de ca­chet si le bud­get du film est de 5 mil­lions. Après, si le pro­duc­teur est as­sez con pour don­ner tant d’ar­gent… Il faut payer com­bien pour avoir Be­noît Poel­voorde dans un film ? ce­la peut al­ler de 100 000€ à 1 mil­lion. Si le pro­duc­teur a des thunes, je ne vois pas pour­quoi je me­pri­ve­rais. Pour « les Rayures du zèbre » , en re­vanche, c’est tout juste si je n’ai pas mis de ma poche. KARENNE VALTEAU. Quel prix ai­me­riez- vous re­ce­voir dans votre car­rière ? Le Cé­sar. Ils ne veulent ja­mais me le don­ner, je ne sais pas pour­quoi. Ce­la fait seize ans que je pré­pare mon dis­cours. Je ne suis même pas nom­mé cette an­née. Ils at­tendent que je meure, je crois ! LAU­RENCE MU­RAT. Par­mi vos amis in­times, y a- t- il des gens du ci­né­ma ? Non, j’ai des ca­ma­rades. En gé­né­ral, je m’en­tends bien avec ceux avec qui je tourne. Edouard Baer, Jo­sé Gar­cia, Gé­rard Lan­vin, Ka­rine Viard, on s’amuse bien en­semble. Mais de vrais amis, on n’en a que deux ou trois et ce sont sou­vent ceux que l’on a connus en­fant. KARENNE VALTEAU. La cé­lé­bri­té est- elle dif­fi­cile à vivre ? Non, c’est très agréable. Ceux qui s’en plaignent ont quand même un pe­tit pro­blème ! Comme dit Jo­sé Gar­cia : « C’est nous qui avons com­men­cé. » Tu montres ta gueule par­tout, tu vis avec le pu­blic, tu ne vas pas te plaindre que les gens t’aiment bien !

Siège de notre jour­nal. Les lec­teurs ont trou­vé Be­noît Poel­voorde cha­leu­reux et sym­pa­thique. Ils ont ap­pré­cié son dis­cours sans langue de bois.

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