« Il faut com­men­cer à é par­gner main­te­nant »

Gio­van Oniangue, bas­ket­teur pro­fes­sion­nel

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile- De- France - JU­LIEN LE­SAGE

Il per­çoit l’un des plus bas sa­laires de Pro A. Avec un re­ve­nu men­suel de 2 000 € net en moyenne, Gio­van Oniangue touche le « mi­ni­mum­syn­di­cal » pour un bas­ket­teur pro­fes­sion­nel en élite. Soit onze fois moins que Sean May, son par­te­naire ( bles­sé) du Pa­ris- Le­val­lois, plus gros sa­laire du cham­pion­nat.

Pour au­tant, le ga­min de Braz­za­ville ( il a gran­di au Con­go jus­qu’à 7- 8 ans et y a connu la guerre) s’es­time être au­jourd’hui un « pri­vi­lé­gié » . A 22 ans, l’ai­lier vit de sa pas­sion et est « payé pour faire du sport » . Son loyer étant pris en charge par le club, il a « juste à payer la nour­ri­ture, le té­lé­phone et des pe­tites dé­penses » .

Sur­tout, Gio­van est au dé­but de sa car­rière. En juin, son pre­mier contrat pro de trois ans se ter­mi­ne­ra et il pour­ra alors re­né­go­cier. Compte te­nu de ses pres­ta­tions ac­tuelles, il peut lé­gi­ti­me­ment pré- tendre dou­bler, voire tri­pler son sa­laire… dans un pre­mier temps.

Mal­gré tout, le Le­val­loi­sien n’est pas un flam­beur. S’il a été ca­pable de s’ache­ter des chaus­sures ita­liennes à près de 600 €, il pri­vi­lé­gie dé­sor­mais les pla­ce­ments. « Au dé­but, tu claques ton ar­gent pour te faire plai­sir, te ré­com­pen­ser du tra­vail four­ni, tu t’achètes des vê­te­ments de marque, mais tu fi­nis par t’en las­ser, af­firme- t- il. Tu réa­lises que ça ne sert à rien. Je suis plu­tôt ca­sa­nier, j’aime me po­ser pour lire. Mon en­tou­rage me conseille et, grâce à ma fa­mille, je connais la va­leur de l’ar­gent. On doit faire at­ten­tion pour ne pas fi­nir comme cer­tains spor­tifs qui n’ont plus rien après leur car­rière. »

nIl met « entre 50 et 100 € de cô­té tous les mois »

Dans le mi­lieu du bas­ket, les exemples ne manquent pas de stars NBA qui ont di­la­pi­dé leurs mil­lions de dol­lars en quelques an­nées. « Une car­rière dure quinze ans, il faut com­men­cer à épar­gner main­te­nant » , in­siste- t- il. Epar­gner et ai­der. Car il verse ré­gu­liè­re­ment une par­tie de ses re­ve­nus à une église et à l’as­so­cia­tion Gi­ving Back, lan­cée par des bas­ket­teurs, qui fa­vo­rise, no­tam­ment, l’ac­cès à la sco­la­ri­té des en­fants en Afrique.

Oniangue s’oblige éga­le­ment à « mettre entre 50 et 100 € de cô­té tous les mois » pour in­ves­tir « plus tard » dans l’im­mo­bi­lier. Il est conseillé par un ges­tion­naire de pa- tri­moine pour ses pla­ce­ments. Une pratique très ré­pan­due dans le monde du bas­ket de haut ni­veau où le sa­laire moyen est de 8 000 €.

Un re­ve­nu qui lui per­met­trait de très bien vivre, mais in­suf­fi­sant pour ne plus avoir be­soin de tra­vailler après une car­rière ou pour ef­fec­tuer de gros in­ves­tis­se­ments. A la dif­fé­rence de ce qui pour­rait ar­ri­ver à son grand frère, Prince, ac­tuel foot­bal­leur pro­fes­sion­nel à Reims ( Ligue 1). « On sait que le foot est le sport nu­mé­ro 1 en France, mais mon frère est très dis­cret, af­firme l’in­ter­na­tio­nal congo­lais. Et puis, le bas­ket se dé­ve­loppe de plus en plus. Je ne vais pas me plaindre. »

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