La guerre des taxis ne fai­blit pas

Le Con­seil d’etat are lan­cé­hier la rivalité entre taxis et voi­tures de tou­risme avec chauffeur. Et désor mais, des par­ti­cu­liers s’in­vitent dans la pro­fes­sion.

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour - ER­WAN BENEZET

Nou­veaux re­bon­dis­se­ments dans la guerre sans mer­ci que se livrent les taxis et les so­cié­tés de voi­tures de tou­risme avec chauffeur ( VTC). Contre toute at­tente, le juge des ré­fé­rés du Con­seil d’Etat a dé­ci­dé hier de sus­pendre l’ap­pli­ca­tion du dé­cret « 15 mi­nutes » pa­ru en dé­cembre. Il im­po­sait un dé­lai d’un quart d’heure entre la ré­ser­va­tion et la prise en charge d’un client par les VTC. « C’est une vic­toire pour l’in­té­rêt gé­né­ral, es­time Yan Hascoet, pa­tron de Chauffeur pri­vé et se­cré­taire gé­né­ral de la fé­dé­ra­tion des VTC. Nous condam­nons fer­me­ment les VTC qui pra­tiquent la ma­raude et le ra­co­lage dans les gares ou les aé­ro­ports ( NDLR : ré­ser­vé aux taxis). En re­vanche, cette dé­ci­sion per­met une concur­rence saine sur le mar­ché de la ré­ser­va­tion. »

At­ten­tion, cette dé­ci­sion n’est pour le mo­ment que sus­pen­sive, le temps que le Con­seil d’Etat exa­mine le fond. Et prenne la dé­ci­sion, s’il y a lieu, de pro­non­cer l’an­nu­la­tion pure et simple, au plus tôt à la fin de l’an­née. « Le juge a en tout cas es­ti­mé que les ar­gu­ments dé­ve­lop­pés par les so­cié­tés de VTC pour contes­ter la lé- ga­li­té du dé­cret étaient suf­fi­sam­ment sé­rieux, ana­lyse Pa­trice Spi­no­si, avo­cat au Con­seil d’Etat et à la Cour de cas­sa­tion. Et que le pré­ju­di- ce éco­no­mique su­bi par ces so­cié­tés était suf­fi­sam­ment grave, compte te­nu du ca­rac­tère hau­te­ment concur­ren­tiel du mar­ché. »

Les taxis, eux, crient leur co­lère. Cinq syn­di­cats ont ap­pe­lé à une ma­ni­fes­ta­tion na­tio­nale lun­di à Pa­ris et dans plu­sieurs grandes villes. Mot d’ordre : la dé­fense de leur em­ploi, me­na­cé se­lon eux par cette nou­velle forme de « concur­rence dé­loyale » ( lire ci- des­sous). Le mo­no­pole pour­rait en tout cas être sé­rieu­se­ment re­mis en ques­tion. Ailleurs en Eu­rope et dans le monde, les VTC ont de­puis quelques an­nées dé­jà trou­vé leur place ( lire page sui­vante).

Le « co­voi­tu­rage ur­bain » dé­barque

Une « mau­vaise nou­velle » n’ar­ri­vant ja­mais seule, la so­cié­té amé­ri­caine Uber pro­pose de­puis hier une nou­velle ap­pli­ca­tion, bap­ti­sée UberPOP. Elle per­met à un par­ti­cu­lier de conduire d’autres par­ti­cu­liers au vo­lant de son propre vé­hi­cule, moyen­nant un for­fait. Une nou­velle forme de « ser­vice de co­voi­tu­rage ur­bain » ( lire page sui­vante) en quelque sorte, comme le dé­fi­nit Pierre- Di­mi­tri Gore- Go­ty, char­gé des ac­ti­vi­tés fran­çaises et nord- eu­ro­péennes d’Uber. Et une concur­rence qui, là aus­si, ne de­vrait pas ar­ran­ger les af­faires des taxis.

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