« Je fais ça pour ar­ron­dir mes fins de mois »

Yas­sin, 25ans, em­ployé dans la res­tau­ra­tion etc hauf­feur du ser­vice Uber POP

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour - JU­LIEN DUFFÉ

Il est 13 h 26 hier lorsque « notre Uber » an­non­cée par SMS ar­rive place de la Ré­pu­blique avec quelques mi­nutes de re­tard sur l’ho­raire in­di­qué. Elé­gant gi­let gris en­fi­lé sur un pull à grosses mailles, Yas­sin nous pro­pose de prendre place dans sa Mer­cedes Classe A noire de trois portes dont les sièges ont été soi­gneu­se­ment re­cou­verts de cou­ver­tures en po­laire. « Ça va, vous êtes bien ins­tal­lés der­rière ? C’est mon pre­mier jour » , lance- t- il en s’ex­cu­sant presque. A 25 ans, Yas­sin, qui en­chaîne les ex­tras comme chef de rang dans des bras­se­ries, vient de s’im­pro­vi­ser taxi. « J’ai du temps, j’aime conduire et ren­con­trer des gens, alors je me suis lais­sé ten­ter » , confie- t- il en rou­lant vers Opé­ra.

C’est la se­maine der­nière en fu­re­tant sur Fa­ce­book que le jeune Pa­ri­sien qui vit dans le XIVe dé­couvre UberPOP, le nou­veau ser­vice de la start- up ca­li­for­nienne Uber. Il s’ins­crit dans la fou­lée avant d’être convo­qué mar­di à une réunion dans le XXe ar­ron­dis­se­ment, comme dix autres can­di­dats. « Tout s’est fait très vite : ils ont de­man­dé à ce que la voi­ture soit as­su­rée, qu’elle soit pro- pre, que je pré­sente une bonne te­nue, nor­mal, quoi. »

Quelques mi­nutes plus tard et moyen­nant une cau­tion de 100 €, il re­part avec un iP­hone équi­pé d’une ap­pli­ca­tion. C’est ce smartphone, re­lié à l’al­lume- ci­gare, qui cal­cule le mon­tant de la course, dé­bi­té sur le compte du client. Yas­sin se­ra payé chaque fin de se­maine, dé­duc­tion faite de la com­mis­sion de 20 %. Pour lan­cer son nou­veau ser­vice à Pa­ris, Uber paye les nou­veaux chauf­feurs 15 € par heure ou­vrée jus­qu’à di­man- che soir, même s’il ne charge au­cun client. La so­cié­té pré­voit aus­si des primes : 100 € après quinze courses, 150 € après vingt, etc. Il com­prend la co­lère des taxis « Je fais ça pour ar­ron­dir mes fins de mois, re­con­naît- il. Je ne me suis pas fixé d’ob­jec­tif chif­fré. A terme, je ne compte d’ailleurs rou­ler que le week- end. » Yas­sin dit com­prendre la co­lère des taxis pro­fes­sion­nels. « Je me mets à leur place : ce n’est pas très agréable. Mais il est très dif­fi­cile de trou­ver un taxi à Pa­ris. Et pas mal de gens se plaignent d’eux et les trouvent un peu cher. Avec Uber, j’ai l’im­pres­sion qu’on est da­van­tage dans l’en­traide, c’est du don­nant­don­nant. » Le tra­jet jus­qu’à Opé­ra nous coûte 10 €, peu ou prou le prix d’un vrai taxi. « Je vous mets un cinq étoiles comme client » , an­nonce Yas­sin dans un grand sou­rire. Dif­fi­cile alors de ne pas, nous aus­si, lui mettre la note maxi­male.

( LP/ Ju­lien Duffé.)

Place de l’Opé­ra, Pa­ris ( IXe), hier. En plus de son tra­vail dans la res­tau­ra­tion, Yas­sin fait dé­sor­mais du co­voi­tu­rage. Il se­ra payé chaque fin de se­maine par la so­cié­té Uber, qui prend une com­mis­sion de 20 % sur le chiffre d’af­faires réa­li­sé.

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