Scan­dale im­mo­bi­lier au Su­per Lio­ran

Les co­pro­prié­taires at­tendent tou­jours des ap­par­te­ments qui de­vraient être construits… de­puis sept ans. La jus­tice doit dé­ci­der au­jourd’hui si la banque ga­rante du­chan­tier doit ter­mi­ner les tra­vaux.

Le Parisien (Paris) - - Economie - BRU­NO MAZURIER

Ça de­vait être, en 2006, une belle opé­ra­tion im­mo­bi­lière ap­por­tant des cen­taines de lits sup­plé­men­taires au Su­per- Lio­ran, une des sta­tions phares du Mas­sif cen­tral… Mais huit ans plus tard, la ré­si­dence de tou­risme Grand- Phé­nix n’est tou­jours pas ter­mi­née. Au­jourd’hui, le tri­bu­nal de grande ins­tance de Pa­ris de­vrait dire si la Banque po­pu­laire du Sud, ga­rante de l’achè­ve­ment des tra­vaux, doit ter­mi­ner le chantier.

La ba­taille que mènent ces co­pro­prié­taires dure de­puis la non- li­vrai­son des ap­par­te­ments, dé­but 2007. Le chantier n’a été qu’une suite de pé­ri­pé­ties : mise en re­dres­se­ment ju­di­ciaire du pro­mo­teur, no­mi­na­tion d’un ad­mi­nis­tra­teur, re­prise puis de nou­veau ar­rêt du chantier… « La plu­part d’entre nous conti­nuent de rem­bour­ser des em­prunts, ex­plique Ma­nuel Mestre, un des 178 co­pro­prié­taires du Grand- Phé­nix et pré­sident de l’as­so­cia­tion de dé­fense. Beau­coup connaissent de grandes dif­fi­cul­tés fi­nan­cières car ils comp­taient sur les loyers pour ar­ron­dir leurs re­ve­nus. Ce sont es­sen­tiel­le­ment des pe­tits ex­ploi­tants agri­coles, des em­ployés, des ou­vriers… »

Ac­tuel­le­ment, l’as­so­cia­tion, qui éva­lue le pré­ju­dice à 21 M€, ré­clame à la Banque po­pu­laire du Sud qu’elle rem­plisse ses obli­ga­tions de ga­rant d’achè­ve­ment des tra­vaux. Et ce bien avant la fin de va­li­di­té du per­mis de construire en dé­cembre 2014. Or, se­lon Ma­nuel Mestre, cette banque « joue la montre pour es­sayer de se dé­ga­ger de ces obli­ga­tions. »

La banque s’es­time « trom­pée »

A la Banque po­pu­laire du Sud, le son de cloche est dif­fé­rent. « Sa ga­ran­tie n’est pas une as­su­rance tous risques, ex­plique son avo­cat, Me Brin. Les ir­ré­gu­la­ri­tés ont été nom­breuses dans cette af­faire où la banque, non seule­ment n’est pas res­pon­sable des re­tards mais a été trom­pée par des ma­noeuvres frau­du­leuses. » En at­ten­dant, le pré­fet du Can­tal s’est ré­cem­ment fen­du d’une lettre au mi­nistre de l’Eco­no­mie. Dans celle- ci, le re­pré­sen­tant de l’Etat sou­ligne le « com­por­te­ment peu res­pon­sable » de la banque.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.