« Le­bout­du­tun­nel dans­cer­tains­pays »

Fla­vien­neu­vy, res­pon­sa­ble­del’ob­ser­va­toi­re­ce­te­lem

Le Parisien (Paris) - - Economie - Pro­pos recueillis par B. L.

Si la consom­ma­tion ne re­part pas en France com­pa­rée à celles des voi­sins eu­ro­péens, c’est aus­si qu’elle s’était moins ef­fon­drée pen­dant la crise, ex­plique Fla­vien Neu­vy, qui a me­né l’étude de la Ce­te­lem. Pour ce spé­cia­liste de la consom­ma­tion, In­ter­net bous­cule la vie des com­merces sans pour au­tant si­gner la mort des bou­tiques. Com­ment ex­pli­quer cette mo­ro­si­té fran­çaise ? FLA­VIEN NEU­VY. En France, com­pa­rée à celles des autres pays eu­rop é e n s , l a consom­ma­tion a plu­tôt bien ré­sis­té ces cinq der­nières an­nées. Dans cer­tains do­maines comme le tex­tile, l’ameu­ble­ment et l’in­dus­trie au­to­mo­bile, les Fran­çais se serrent la cein­ture. Les con­som­ma­teurs ont dû faire des ar­bi­trages. Ils ont ten­té d’être réa­listes. Mais la si­tua­tion gé­né­rale s’est main­te­nue, contrai­re­ment à l’Eu­rope du Sud par exemple, en Es­pagne ou au Por­tu­gal, où la crise a été beau­coup plus ru­de­ment res­sen­tie par les con­som­ma­teurs. Le pire semble au­jourd’hui dé­pas­sé. De­puis le prin­temps 2013, un re­dres­se­ment éco­no­mique s’es­quisse par­tout en Eu­rope et, dans cer­tains pays comme l’Es­pagne, le Por­tu­gal ou la Rou­ma­nie, c’est le bout du tun­nel pour les ha­bi­tants, un vrai rayon de so­leil. D’après votre étude, le ma­ga­sin phy­sique ré­siste. Mais il doit en même temps s’adap­ter à In­ter­net. C’est- à- dire ? Le ma­ga­sin du fu­tur va de­voir pro­po­ser des ser­vices plus per­for­mants pour les con­som­ma­teurs. Le client d’au­jourd’hui est plus exi­geant. Une de­mande ré­cur­rente est par exemple que les an­ciens pro­duits usés soient ré­cu­pé­rés dans les ma­ga­sins. On va voir aus­si l’ap­pa­ri­tion de bornes In­ter­net dans les ma­ga­sins où cha­cun pour­ra com­man­der son pro­duit et payer en un temps re­cord. Si la mar­chan­dise n’est pas dis­po­nible im­mé­dia­te­ment, elle se­ra li­vrée à do­mi­cile. Doit- on s’at­tendre à la fin de l’at­tente aux caisses ?

Il va fal­loir ré­soudre le pro­blème du temps.

Nous vi­vons dans la so­cié­té « dé­pêche- toi » ”

C’est un des grands dé­fis ! Il va fal­loir ré­soudre le pro­blème du temps. Nous vi­vons dans la so­cié­té « dé­pêche- toi » . Les Fran­çais ont de moins en moins de temps et ne veulent plus du tout at­tendre lors­qu’ils font leurs courses. Il faut donc leur of­frir des so­lu­tions al­ter­na­tives. Ce se­ra donc la dis­pa­ri­tion du ven­deur à l’in­té­rieur du ma­ga­sin ? Au contraire. Le ven­deur de­vra être plus qua­li­fié, un vé­ri­table ex­pert. 75 % des Fran­çais at­tendent des con­seils en ma­ga­sin, ça de­vient même de plus en plus im­por­tant. ( Lire ci- contre.)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.