Des­ca­tho­li­ques­tra­di­tio­na­lis­te­se­nem­bus­cade

Le Parisien (Paris) - - Société - MARC PAYET

es ca­tho­liques tra­di­tio­na­listes sont très ac­tifs dans la dou­lou­reuse af­faire Vincent Lam­bert. Ils en­tendent mon­trer qu’il fau­dra comp­ter avec eux lors du pro­chain dé­bat sur la mo­di­fi­ca­tion de la loi Leo­net­ti sur la fin de vie, évo­quée par Fran­çois Hol­lande lors de sa confé­rence de presse le 14 jan­vier der­nier. Le contexte fa­mi­lial s’y prête.

D’un cô­té, les pa­rents de Vincent et cer­tains de leurs en­fants. La mère, Vi­viane, est proche de la Fra­ter­ni­té Saint- Pie X, une branche in­té­griste de l’Eglise ca­tho­lique, en scis­sion avec Rome, fa­rou­che­ment op­po­sée à l’abrè­ge­ment de toute vie, au mo­tif du sa­cro- saint « Tu ne tueras point » .

DLe père, gy­né­co­logue, mi­li­tant an­ti­avor­te­ment, est an­cien chef dé­par­te­men­tal de l’as­so­cia­tion Lais­sez- les vivre dans l’Indre.

A l’op­po­sé de ce couple, l’épouse de Vincent, Ra­chel, et d’autres frères, soeurs, et ne­veu de ce der­nier, n’ap­par­tiennent pas du tout à la même mou­vance et dé­noncent son in­fluence dans ce dos­sier. Fran­çois Lam­bert, ne­veu de Vincent, es­time ain­si que « les ca­tho­liques tra­di­tio­na­listes uti­lisent la dou­leur de la mère de Vincent pour en faire un com­bat po­li­tique. Ils ont choi­si des avo­cats proches de ce mi­lieu, qui ont in­ci­té Vi­viane Lam­bert à faire un si­gna­le­ment au pro­cu­reur pour ten­ta­tive d’as­sas­si­nat, lors-

Une dé­marche qui choque d’au­tant plus cette branche de la fa­mille que « Vincent avait pris de la dis­tance avec son mi­lieu d’ori­gine après une agres­sion in­fli­gée par un prêtre dans un col­lège tra­di­tio­na­liste » , ajoute Fran­çois Lam­bert. Pré­sent au pro­cès à Châ­lons- en- Cham­pagne, le ne­veu pré­cise « avoir été sur­pris par la pré­sence d’une tren­taine de mi­li­tants in­ti­mi­dants » . Par la suite, ces der­niers se se­raient ren­dus à l’hô­pi­tal pour « prier pour Vincent » .

L’avo­cat des pa­rents, Jérôme Triomphe, a une autre ver­sion : « La Fra­ter­ni­té Saint- Pie X n’a rien à voir dans cette af­faire. C’est un fan­tasme ab­so­lu de la par­tie ad­verse qui tente de dia­bo­li­ser son ad­ver­saire. Mes clients agissent ain­si parce que c’est leur fils et qu’il n’est pas ma­lade ni en fin de vie. Nous nous bat­tons tout sim­ple­ment contre une eu­tha­na­sie. »

Un com­bat dont les mi­lieux tra­di­tio­na­listes se fé­li­citent pu­bli­que­ment. La preuve, l’Agrif ( Al­liance gé­né­rale contre le ra­cisme et pour le res­pect de l’identité fran­çaise et chré­tienne), dont le pré­sident est l’ex- FN Ber­nard Antony, se ré­jouit sur son site que « cette ma­noeuvre de pro­mo­tion de l’eu­tha­na­sie par omis­sion n’ait pu abou­tir » . En mai 2013, ce sont des blogs proches de l’ex­trême droite qui, les pre­miers, avaient évo­qué cette af­faire.

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