Et si notre peau ve­nait de Nean­der­tal ?

Deux études montrent que L’ADN de l’homme de Nean­der­tal a par­ti­ci­pé à la sur­vie de l’homme mo­derne. Les gènes pré­his­to­riques se­raient pré­sents dans notre peau.

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous -

Et si nos che­veux et notre peau ve­naient tout droit de notre cou­sin loin­tain Nean­der­tal ? C’est ce qu’af­firme une étude pu­bliée dans la re­vue « Na­ture » . D’après les re­cherches ef­fec­tuées par une équipe de l’uni­ver­si­té amé­ri­caine de Har­vard, des traces de ces gènes pri­mi­tifs se­raient en ef­fet pré­sentes dans cer­taines par­ties de notre corps, à sa­voir notre peau, nos ongles et notre che­ve­lure.

Si trente mille ans après sa dis­pa­ri­tion nous n’avons certes pas hé­ri­té de l’al­lure de notre pa­rent pré­his­to­rique, ses ca­rac­té­ris­tiques au­raient per­mis à notre an­cêtre, l’Ho­mo sa­piens, de s’adap­ter aux tem­pé­ra­tures plus ri­gou­reuses, loin du ber­ceau afri­cain, et à l’homme mo­derne d’être moins fri­leux. « Les néan­der­ta­liens étaient dé­jà adap­tés à un en­vi­ron- ne­ment non afri­cain et ont trans­mis cet avan­tage gé­né­tique à l’homme pour qu’il s’adapte à des tem­pé­ra­tures plus ex­trêmes » , ex­plique Da­vid Reich, de la fa­cul­té de mé­de­cine de Har­vard. Re­vers de la mé­daille, ces­croise - ments entre l ’ homme de Nean­der­tal et l’Ho­mo sa­piens ne se­raient pas uni­que­ment bé­né­fiques. Les cher­cheurs es­timent que cer­taines pa­tho­lo­gies, comme le dia­bète, la ma­la­die de Crohn ou des ma­la­dies de la peau se­raient éga­le­ment le ré­sul­tat de cet hé­ri­tage !

Des élé­ments qui viennent s’ajou­ter à une deuxième étude, pu­bliée qua­si si­mul­ta­né­ment dans la re­vue « Science » . Les tra­vaux me­nés par l’Ins­ti­tut MaxP­lanck, en Al­le­magne, in­diquent que jus­qu’à 20 % du gé­nome de Nean­der­tal ont sur­vé­cu dans ce-

Les néan­der­ta­liens étaient dé­jà adap­tés à un en­vi­ron­ne­ment

non afri­cain et ont trans­mis cet avan­tage gé­né­tique

à l’homme ” Da­vid Reich, de la fa­cul­té de

mé­de­cine de Har­vard

lui de l’homme mo­derne, en de­hors de l’Afrique, mais ré­par­tis de ma­nière in­égale. « Si vous êtes à 2 % néan­der­ta­lien et que je suis à 2 % néan­der­ta­lien, nous pour­rions ne pas avoir le même ADN néan­der­ta­lien. Nous pour­rions avoir hé­ri­té de por­tions dif­fé­rentes du gé­nome de Nean­der­tal » , ex­plique Ben­ja­min Ver­not, prin­ci­pal au­teur de l’étude et cher­cheur à l’uni­ver­si­té de Wa­shing­ton.

D’après les cher­cheurs, seuls de 1 à 3 % de notre ADN se­raient en ef­fet d’ori­gine néan­der­ta­lienne. Afin d’ob­te­nir ces ré­sul­tats, l’équipe ger­ma­no- amé­ri­caine a ana­ly­sé le gé­nome de 379 Eu­ro­péens et 286 Asia­tiques. En ob­ser­vant les mu­ta­tions, ils ont iden­ti­fié l’ADN qui ne pa­rais­sait pas ap­par­te­nir à l’homme mo­derne et ont cher­ché à dé­ter­mi­ner quand il avait été in­tro­duit là. Ils se sont en­suite concen­trés sur l’ADN ap­pa­ru il y a en­vi­ron 50 000 ans, époque à la­quelle l’Ho­mo sa­piens, notre an­cêtre, se se­rait ac­cou­plé avec Nean­der­tal. Un croi­se­ment qui leur a per­mis d’éta­blir la cor­ré­la­tion entre lui et nous.

Les ca­rac­té­ris­tiques de l’homme de Nean­der­tal au­raient per­mis à notre an­cêtre, l’Ho­mo de s’adap­ter aux tem­pé­ra­tures ri­gou­reuses, et à l’homme mo­derne d’être moins fri­leux.

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