Une jour­née dans la vie de Pe­lé

Le Parisien (Paris) - - Sports - GILLES BER­TUZ­ZI

L’Hô­tel Fa­sa­no fait face à la my­thique plage d’Ipa­ne­ma, à Rio de Ja­nei­ro. Moins ré­pu­té que le ma­jes­tueux Co­pa­ca­ba­na Pa­lace, le lieu est tou­te­fois en passe de de­ve­nir in­con­tour­nable dans le mi­lieu évé­ne­men­tiel. « The place to be » , en somme. Pas éton­nant donc d’y re­trou­ver un roi, le seul roi ici au Bré­sil, pour le lan­ce­ment d’un par­te­na­riat avec une marque suisse de montres de luxe et chro­no­mé­treur of­fi­ciel du pro­chain Mon­dial. A 73 ans, le triple cham­pion du monde porte beau. Ce­lui que ses dé­trac­teurs ap­pellent par­fois « l’homme- sand­wich » , pour mo­quer une cer­taine om­ni­pré­sence pu­bli­ci­taire, est à l’aise dans son rôle d’am­bas­sa­deur.

Bien qu’on soit loin des ter­rains qui ont ren­du cet en­fant pauvre du Mi­nas Ge­rais mon­dia­le­ment connu, Pe­lé ar­bore le cos­tume avec un na­tu­rel dé­con­cer­tant. Mais sans ar­ro­gance au­cune. C’est grâce à cette sim­pli­ci­té que la lé­gende vi­vante réus­sit à mettre ra­pi­de­ment l’as­sis­tance dans sa poche. « Je n’ou­blie ja­mais d’où je viens, en­gage le sep­tua­gé­naire. Tout ce qui m’est ar­ri­vé dans ma vie, c’est Dieu qui a choi­si de me le don­ner. »

L’homme aux 1 281 buts reste in­ta­ris­sable dès qu’il s’agit des choses du foot­ball. La Coupe du monde ? « C’est un évé­ne­ment pla­né­taire que le Bré­sil a la chance d’or­ga­ni­ser. Je sais qu’il y a du re­tard dans la construc­tion de cer­tains stades, mais il ne faut pas être in­quiet. » La Se­le­çao ? « Nous avons une très bonne équipe et, pour une fois, nous al­lons abor­der la com­pé­ti­tion avec un vé­ri­table équi­libre entre la dé­fense et l’at­taque. » Ney­mar, le pro­dige au­jourd’hui à Bar­ce­lone ? « Même s’il manque en­core un peu d’ex­pé­rience, il a tout pour gui­der le pays vers la vic­toire fi­nale et ef­fa­cer le trau­ma­tisme de 1950 ( NDLR : dé­faite 2- 1 en fi­nale contre l’Uru­guay au Ma­ra­ca­na). » Sou­vent pré­sen­té comme un per­son­nage lisse à la com­mu­ni­ca­tion ré­glée comme du pa­pier à mu­sique, Ed­son Arantes do Nas­ci­men­to, dit Pe­lé, sur­prend même son au­di­toire quand il évoque la « cor­rup­tion im­mense des po­li­ti-

Ce n’est pas le mo­ment de tout gâ­cher ”

Pe­lé

ciens de son pays » , sans tou­te­fois cau­tion­ner les ma­ni­fes­ta­tions his­to­riques de juin der­nier. « Le monde nous a ac­cor­dé sa confiance pour or­ga­ni­ser ces grands évé­ne­ments que sont la Coupe des Con­fé­dé­ra­tions ( 2013), la Coupe du monde ( 2014) et les Jeux olym­piques ( 2016), ce n’est pas le mo­ment de tout gâ­cher et d’of­frir une mau­vaise image de notre pays. » Un point de vue que l’opi­nion pu­blique ne par­tage pas for­cé­ment avec l’idole. Mais qu’im­porte : s’il était en­core be­soin de jau­ger la po­pu­la­ri­té de Pe­lé au Bré­sil en 2014, il n’y avait qu’à hu­mer l’at­mo­sphère du Fa­shion Mall de São Con­ra­do lors de l’inau­gu­ra­tion de la bou­tique Hu­blot de Rio. L’opu­lent Shop­ping Cen­ter, à deux pas de la plus grande fa­ve­la d’Amé­rique du Sud, la Ro­cin­ha, ac­cueillait son roi hier dans l’ef­fer­ves­cence la plus to­tale. Per­sonne ne peut ou­blier Pe­lé.

( LP/ G. B)

Hô­tel Fa­sa­no, Rio de Ja­nei­ro ( Bré­sil), hier. Pe­lé, lors d’un par­te­na­riat avec une marque suisse de montres de luxe et chro­no­mé­treur of­fi­ciel du pro­chain Mon­dial.

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