« Je­ne­sup­por­te­pas­de­perdre »

Tour­noi­dessixna­tions/ L’ar­rière duxv­de­fran­ce­se­dé­voi­lea­vant d’af­fron­ter l’ita­lie di­manche Bri­ce­du­lin, in­ter­na­tio­nal tri­co­lore

Le Parisien (Paris) - - Sports - Pro­pos recueillis par VINCENT PIALAT

Bien loin des stan­dards ac­tuels, Brice Du­lin et ses 80 kg dé­tonnent dans le rug­by mo­derne. L’ar­rière de l’équipe de France et du Castres olym­pique, âgé de 23 ans, se livre, à trois jours de la 2e jour­née du Tour­noi face à l’Ita­lie. Un an et de­mi et 11 sé­lec­tions après avoir dé­cou­vert les Bleus, avez- vous le sen­ti­ment de faire plei­ne­ment par­tie de cette équipe de France ? BRICE DU­LIN. Tout va tou­jours très vite, dans les deux sens. Mais on se sent de mieux en mieux dans une équipe quand on a la chance d’y jouer as­sez sou­vent. Quand on est en sé­lec­tion, il faut être per­for­mant ra­pi­de­ment, si­non, la chance risque de pas­ser et on peut en payer très cher le prix. Je prends mes marques dans ce groupe éga­le­ment parce qu’on passe da­van­tage de temps en­semble. Col­lec­ti­ve­ment, on a de plus en plus de re­pères. Quelque chose s’est construit, no­tam­ment en rai­son des mo­ments dif­fi­ciles tra­ver­sés l’an der­nier. Contrai­re­ment à d’autres joueurs, vous ne jon­glez pas entre plu­sieurs postes… C’est en par­tie pour cette rai­son que j’avais dé­ci­dé, la sai­son der­nière, de re­joindre Castres. On m’y per­met­tait de me fixer à l’ar­rière. C’est là que j’ai le plus de marques et que je me ré­gale le plus. Au poste d’ai­lier, je ne me sens pas du tout à l’aise, un peu bri­dé, et je ne prends au­cun plai­sir sur le ter­rain. Mais pour être fixé à un poste, ce n’est pas tout de le de­man­der, il faut aus­si as­su­rer der­rière. Quel type de rug­by ai­mez- vous ? Je suis plus un adepte du mouvement et du jeu dé­bri­dé. Ce n’est pas for­cé­ment fa­cile de le faire tous les week- ends mais, dès que je peux, j’es­saie de jouer un maxi­mum de ballons. J’aime ini­tier des ac­tions un peu ris­quées, car elles per­mettent sou­vent à l’équipe de se mettre en marche. Plus jeune, de­vant ma té­lé, c’était dé­jà le type de joueur que j’ai­mais re­gar­der. Sur le ter­rain, c’est beau­coup plus in­té­res­sant que de faire du ping- pong pen­dant qua­rante mi­nutes. Mais il faut être conscient que, pour ga­gner un match, ça ne se joue pas for­cé­ment tou­jours à la main. Il faut sa­voir être lu­cide et faire les bons choix. Vous avez com­men­cé le rug­by as­sez tard, vers l’âge de 15 ans… Oui. Plus jeune, je jouais à la pe­lote basque. J’avais com­men­cé à 6 ans et de­mi. Il y avait un fron­ton juste en face de la mai­son de mes grands- pa­rents, à Agen. Les en­traî­neurs m’ont mis une ra­quette dans les mains un mer­cre­di après- mi­di et l’aven­ture était lan­cée. J’y ai ren­con­tré des gens for­mi­dables qui m’ont in­cul­qué l’es­prit de com­pé­ti­tion. J’ai vé­cu des phases fi­nales très tôt ( NDLR : il a été cham­pion de France à plu­sieurs re­prises), et ça m’a peut- être ai­dé dans ma vie de rug­by­man. Le but est de prendre du plai­sir et d’en pro­fi­ter un maxi­mum, car on n’est ja­mais cer­tain de re­vivre ce genre de mo­ments. La pra­tique de la pe­lote basque vous a- t- elle éga­le­ment ai­dé à dé­ve­lop­per cer­taines qua­li­tés rug­bys­tiques ? Oui, cer­tai­ne­ment un sens de l’an­ti­ci­pa­tion des tra­jec­toires et du pla­ce­ment. Ce sont des pe­tites choses, de dé­tails qui peuvent par­fois ai­der, comme se pla­cer à un en­droit tout en sou­hai­tant que l’ad­ver­saire me­mette le bal­lon à un autre. Pour­quoi avez- vous aban­don­né la pe­lote pour le rug­by ? J’ai eu un pro­blème de crois­sance à 14 ans et j’ai dû ar­rê­ter le sport pen­dant un an. Quand j’ai re­pris, je me suis mis au rug­by, parce que mon grand frère y jouait, et je vou­lais faire comme lui. Mes pre­miers sou­ve­nirs de rug­by, c’est mon frère ( NDLR : Re­naud Du­lin, an­cien joueur d’Agen, Tarbes et Auch no­tam­ment). Il a été un mo­dèle. Je n’ima­gi­nais pas faire car­rière mais, si j’en suis là au­jourd’hui, c’est no­tam­ment grâce à ses con­seils. Il a tou­jours été, et il est tou­jours, très dur dans ses dé­brie­fings de matchs. Quand ça ne va pas, j’ai droit à un pe­tit mes­sage dès le soir même, où il me pointe tout ce qui n’a pas fonc­tion­né. Ça a ten­dance à m’éner­ver, parce que je le sais moi- même. Mais ça me per­met de pro­gres­ser et de ne pas re­com­men­cer le match d’après. Ceux qui vous connaissent vous dé­fi­nissent comme un sa­cré com­pé­ti­teur… J’ai tou­jours été mau­vais per­dant. Jeune, je pi­quais énor­mé­ment de crises. Je me met­tais même en pleurs. Main­te­nant, je râle énor­mé­ment, je dé­teste tou­jours au­tant perdre, mais je ne pleure plus ! Jene sup­porte pas de perdre et ne le sup­por­te­rai ja­mais. Il faut que je gagne, quoi que je fasse. Tous les jours, aux cartes comme au rug­by.

A la pe­lote basque, j’ai ren­con­tré des gens

for­mi­dables”

Vous avez éga­le­ment une ré­pu­ta­tion de cham­breur… C’est un peu le pa­ra­doxe : on me re­proche sou­vent de cham­brer quand je gagne et de ne pas l’ac­cep­ter quand je perds et que je me mets en rogne. Je suis un gros cham­breur, mais mes co­équi­piers savent très bien me ren­voyer l’as­cen­seur quand il faut… Hier. Vi­déo, en­traî­ne­ment l’après­mi­di de­vant plus de 1 200 spec­ta­teurs, puis longue séance de dé­di­caces. Quelques joueurs ( Szar­zews­ki, Fo­fa­na, Nyan­ga) ont en­suite di­ri­gé des en­fants de l’école de rug­by du RC Su­resnes ( Hauts- de- Seine). Au­jourd’hui. Re­pos. De­main. 9 h 15 : an­nonce de l’équipe contre l’Ita­lie. Ren­dez- vous. France - Ita­lie, di­manche à 16 heures ( France 2) au Stade de France. Mé­dard, Bru­ni, Mer­moz, Pa­lis et An­dreu n’ont pas été re­te­nus dans le groupe de vingt- cinq. Ils re­gagnent leurs clubs, avec les­quels ils pour­ront par­ti­ci­per à la 18e jour­née de Top 14. Pas­cal Pa­pé a quit­té l’en­traî­ne­ment à quinze mi­nutes du terme. « N’ayant pas en­core to­ta­le­ment ré­cu­pé­ré du match de sa­me­di der­nier, il a été mé­na­gé » , a ex­pli­qué l’en­ca­dre­ment des Bleus. L’équipe pos­sible : Du­lin - Hu­get, Fo­fa­na, Fi­ckou ( ou Bas­ta­reaud), Bon­ne­val - ( o) Plis­son, ( m) Dous­sain - Le Roux, Pi­ca­moles, Nyan­ga - Pa­pé, Flan­quart ( ou Maes­tri) - Sli­ma­ni, Szar­zews­ki, Do­min­go.

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