C’est leur rêve amé­ri­cain

« Je suis ici pour jouer plus tar­den NBA »

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile- De- France - ÉRIC MI­CHEL

Chaque an­née, des di­zaines de bas­ket­teurs fran­çais tentent leur chance aux Etats- Unis pour de­ve­nir plus tard joueur de NBA. Peu y par­viennent. Mais Re­na­than Ona Em­bo, 15 ans, n’est pas comme les autres. Il est le plus jeune et peut- être le plus pro­met­teur de tous. Et il n’hé­site pas à cla­mer : « Je suis ici pour jouer plus tard en NBA. » Meilleur Fran­çais de la gé­né­ra­tion née en 1998, pi­lier de la sé­lec­tion tri­co­lore des moins de 16 ans, il vit seul de­puis cet été à Las Ve­gas, où il a re­joint la Find­lay Prep.

Une ins­ti­tu­tion qui s’ap­pa­rente au sport- études fran­çais. 100 % de ses joueurs ob­tiennent une bourse uni­ver­si­taire et une flo­pée de ses an­ciens élèves jouent en NBA. Le pe­tit frère de Carl, me­neur de jeu d’An­tibes ( Pro A), n’est donc pas par­ti n’im­porte où. « J’ai fait des es­sais ici il y a deux ans, ra­conte- t- il. Le pre­mier s’est mal pas­sé. Au deuxième, on m’a de­man­dé de res­ter. » A l’époque, Re­na­than n’avait que 13 ans. Il a dé­cli­né la pro­po­si­tion. « Mes pa­rents ont dit : On ver­ra l’an­née pro­chaine. Je suis donc res­té un an à Marne- la- Val­lée. » Avec 26 points de moyenne par match en mi­nimes na­tio­naux, Re­na­than Ona Em­bo ( 1,93 m) avait alors le basket fran­çais à ses pieds.

« J’au­rais pu al­ler à l’In­sep, Cho­let, Or­léans ou l’As­vel : tous m’ont fait des pro­po­si­tions. » Mais l’in­ter­na­tio- nal ca­dets avait don­né sa pa­role aux Amé­ri­cains. « Avec ma fa­mille, on a bien ré­flé­chi, ra­conte l’ado. J’ai choi­si les USA pour tout re­prendre à zé­ro. Mon frère est mon mo­dèle. Il a beau­coup ga­lé­ré à l’étran­ger. Mais main­te­nant, il est me­neur en Pro A. » « C’était sa vo­lon­té, il réa­lise son rêve » , glisse son pa­pa, Ma­thias, en­traî­neur à Marne- la- Val­lée ( N 3).

« Quand je suis ar­ri­vé, j’étais le pe­tit Fren­chy que per­sonne n’at­ten­dait. On ne m’a pas fait de ca­deau. Ici, il faut se battre tous les jours pour ga­gner sa place, en­core main­te­nant » , ra­conte Re­na­than qui, étant sur­clas­sé, joue avec des par­te­naires ayant deux ans de plus que lui. « Mon ré­veil sonne à 5 h 30. Je file à l’en­traî­ne­ment, je prends mon break­fast, je vais en cours jus­qu’à 16 heures. Après, c’est en­core en­traî­ne­ment et il m’ar­rive tout le temps de res­ter seul à la salle, pour bos­ser en­core. »

A cet em­ploi du temps s’ajoutent deux ou trois matchs par se­maine. « Mon­pè­re­me­dit : Tes rêves se réa­li­se­ront à condi­tion que tu tra­vailles très dur. C’est ce que je fais. » Et le pa­pa y croit dur comme fer, quoi qu’il ad­vienne : « Ce que vit mon fils lui ser­vi­ra toute sa vie. A 15 ans, il est au­to­nome, dé­couvre une nou­velle culture, est par­fai­te­ment bi­lingue. Cette ex­pé­rience ne se­ra ja­mais un échec. »

Ce que vit mon fils lui ser­vi­ra toute sa vie”

Le père de Re­na­than

( DR.)

Las Ve­gas ( Etats- Unis), en jan­vier. Re­na­than Ona Em­bo est dans une des meilleures écoles de basket des Etats- Unis pour par­ve­nir à at­teindre son rêve.

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