Le­biath­lon, l’arme fa­tale

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - S. L. SANDRINE LEFÈVRE ET ERIC BRUNA

On les avait ai­més à Van­cou­ver, on pour­rait les ado­rer à Sot­chi. Nos bi­ath­lètes, qui avaient ra­me­né 6 des 11 mé­dailles fran­çaises en 2010 ( une en or, deux en ar­gent, trois en bronze), sont prêts pour une nou­velle mois­son grâce à leur chef de file Mar­tin Fourcade mais aus­si aux re­lais, dont une spé­cia­li­té ( le mixte) a été ajou­tée au pro­gramme.

Il y a quatre ans, la mé­thode tri­co­lore avait fait ja­ser. Les Bleus avaient dé­bar­qué à Whist­ler, théâtre des épreuves nor­diques, avec leur fa­meuse struc­tu­reuse, une ma­chine ré­vo­lu­tion­naire à com­mande nu­mé­rique, qui avait no­tam­ment per­mis au staff tech­nique d’adap­ter le re­vê­te­ment des skis en fonc­tion des condi­tions mé­téo. « D’après les don­nées, on avait pu choi­sir la taille des stries ( NDLR : gros­siers si la neige est très mouillée, plus fins dans le cas contraire), im­pri­mer le des­sin et mettre en­suite la struc­ture sur le ski » , se sou­vient Ni­co­las Mi­chaud, pa­tron du nor­dique.

Les pré­cieux con­seils de Van­cou­ver

Alors que les autres na­tions fonc­tion­naient avec des ma­chines ma­nuelles, le sa­voir- faire tri­co­lore avait réa­li­sé des mer­veilles. « Les tech­ni­ciens des épreuves du nor­dique, qui ne se par­laient pas beau­coup avant, s’étaient réunis au­tour de cette ma­chine, pour­suit l’en­traî­neur. Ils s’étaient mis à échan­ger des in­for­ma­tions. » Le 14 fé­vrier 2010, les coachs du bi­ath­lon avaient ain­si don­né de pré­cieux con­seils aux en- traî­neurs du com­bi­né. Ré­sul­tat, quelques mi­nutes après Vincent Jay, Ja­son La­my- Chap­puis, pour­tant mal en­ga­gé après le saut, avait dé­cro­ché la mé­daille d’or. « Le bon­homme y est pour beau­coup dans la per­for­mance, mais si on lui donne les meilleurs skis pos­sibles, ce­la lui donne un avan­tage cer­tain » , es­time Ni­co­las Mi­chaud.

Cette an­née, la Fé­dé­ra­tion s’est oc­troyé de nou­veaux moyens en ache­tant un ca­mion qui per­met d’ame­ner la struc­tu­reuse au pied des pistes. Pour des rai­sons de lo­gis­tique, ce­lui­ci ne se­ra pas à Sot­chi. La ma­chine, oui. Reste à sa­voir si les autres pays au­ront co­pié le mo­dèle tri­co­lore et si les Fran­çais pour­ront ré­ité­rer les ex­ploits de Van­cou­ver.

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