« C’

Le Parisien (Paris) - - Politique - NA­THA­LIE SCHUCK

est la ca­tas­trophe la plus to­tale » , se dé­sole un ha­bi­tué de l’Ely­sée. La jour­née d’hier au­ra vu le pré­sident en­fon­cer un nou­veau plan­cher d’im­po­pu­la­ri­té, trois se­maines après sa confé­rence de presse et la bombe « Clo­ser » . Pour la pre­mière fois, sa cote de confiance plonge sous le seuil sym­bo­lique des 20 %, à 19 % se­lon TNSSofres pour « le Fi­ga­ro Ma­ga­zine » . Plus grave, les son­dés dé­cla­rant ne plus lui faire « du tout » confiance sont ma­jo­ri­taires à 51 %(+ 5 points) et sa cote passe à 49 % chez les sym­pa­thi­sants PS. Le gou­ver­ne­ment va, lui, de couacs en dé­men­tis. Trois jours après avoir re­ti­ré la loi sur la fa­mille, Jean- Marc Ay­rault a ag­gra­vé la confu­sion hier en se dé­cla­rant « prêt à exa­mi­ner sans tar­der » cer­tains pans du texte ( voir ci- contre). Sans par­ler de Vincent Peillon, contraint de dé­men­tir des pro­pos pour­tant te­nus mer­cre­di de­vant des jour­na­listes : pour trou­ver des éco­no­mies, le mi­nistre de l’Edu­ca­tion avait sug­gé­ré de ge­ler l’avan­ce­ment des fonc­tion­naires, quitte à fâ­cher ce bas­tion élec­to­ral du PS, à l’aube des mu­ni­ci­pales. « Ça n’en­gage que lui » , tranche un proche du pré­sident, qui en vient à re­dou­ter un « feu d’ar­ti­fice » de la droite aux élec­tions. « C’est le bor­del » , sou­pire sur son blog le dé­pu­té PS Jean- Christophe Cam­ba­dé­lis, com­pa­rant le gou­ver­ne­ment… aux « Sha­doks » .

nP­rio­ri­té au pacte de res­pon­sa­bi­li­té

En co­lère, le pré­sident ? Non, olym­pien. Et même tout sou­rire lors­qu’il pé­nètre hier, en vi­site sur­prise, dans l’im­mense han­gar de­si­gn du cham­pion nu­mé­rique fran­çais Vente. pri­vee. com, à la Plaine- Saint- De­nis ( Seine- Saint- De­nis). Une « Si­li­con Val­ley » aux portes de Pa­ris qu’il vou­lait dé­cou­vrir avant de s’en­vo­ler pour les Etats- Unis. D’hu­meur ba­dine, le pré­sident s’ar­rête à chaque bu­reau, glisse un mot gen­til à tous les sa­la­riés, re­garde sans cil­ler un clip pro­mo­tion­nel avec de jeunes femmes dia­phanes, igno­rant les por­traits gla­cés de Kate Moss seins nus pla­car­dés aux murs. Es­cor­té par l’aty­pique pa­tron Jacques- An­toine Gran­jon, look ro­ckeur et che­veux longs, et le « Pre­mier mi­nis­trable » Claude Bar­to­lone, ar­ri­vé dans la mê­me­voi­ture que lui, Hol­lande s’au­to­rise même une blague sur les ru­meurs de re­ma­nie­ment. Cer­tains de ses proches ne l’ex­cluent pas après les mu­ni­ci­pales, en cas de bé­ré­zi­na élec­to­rale. « C’est la nou­velle salle du Con­seil des mi­nistres ? » glisse l’un en pé­né­trant dans une pe­tite pièce. « Vous avez vu, c’est res­ser­ré ! » sou­rit le pré­sident, ta­quin. Même la gaffe de Peillon le laisse de marbre : « Il n’y a rien d’ar­rê­té » , re­la­ti­vise- t- il en apar­té, sans écar­ter for­mel­le­ment cette piste. Vous avez dit dé­ni ? « Non, car cer­tains lui disent les choses cash » , as­sure un conseiller. Mais sa prio­ri­té est ailleurs : le pacte de res­pon­sa­bi­li­té, pour faire bais­ser en­fin le chô­mage. C’est là- des­sus et seule­ment, pense- til, qu’il se­ra ju­gé. « Il est en mode com­bat. Pas de temps à perdre ! » glisse son en­tou­rage, alors que cer­tains à gauche s’in­quiètent de voir ce pacte s’en­li­ser dans les sables des dis­cus­sions syn­di­cales. Hol­lande, lui, veut que tout soit bou­clé en avril : « Il faut al­ler vite ! » Il semble donc croire en son étoile. Un vieil ami dé­crypte : « Il a le cuir épais. Il a un ego plus grand que le mont Fu­ji, l’Hi­ma­laya et l’Everest réunis. Il se dit qu’à la fin, il va tous les avoir ! »

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