Je ne peux pas condam­ner un en­fant de 10 ans qui, avec un men­songe, a fait de qua­torze ans de ma vie un vrai cal­vaire”

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - TIMOTHÉE BOUTRY

Ch­ris­tian Ia­co­no, an­cien maire

de Vence ( Alpes- Ma­ri­times)

Ou alors ils sui­vront les ar­gu­men­ta­tions pous­sives de l’avo­cate gé­né­rale se­lon la­quelle les ré­trac­ta­tions sont trop fra­giles pour jus­ti­fier la re­mise en cause des condam­na­tions à neuf ans de pri­son pro­non­cées, en pre­mière ins­tance et en ap­pel, en 2009 et 2011. « La Cour de ré­vi­sion, c’est ça » , s’est vou­lu très grave Me Gé­rard Bau­doux, l’un des avo­cats de Ch­ris­tian Ia­co­no, au mo­ment d’ache­ver sa plai­doi­rie : « L’ul­time rem­part avant de dé­fi­ni­ti­ve­ment scel­ler l’er­reur ju­di­ciaire. »

L’af­faire dé­bute en 2000 lorsque Ga­briel ac­cuse son grand- père de l’avoir vio­lé entre ses 5 et ses 8 ans, de 1996 à 1998. Une ex­per­tise mé­di­cale — contes­tée par la dé­fense — ac­cré­dite cette ver­sion. Aux as­sises, les pro­tes­ta­tions de Ch­ris­tian Ia­co­no, no­table lo­cal, ne pèsent pas grand- chose face à la pa­role de son pe­tit- fils.

Mais en mai 2011, Ga­briel fait volte- face et ex­plique dans un cour­rier qu’il a faus­se­ment ac­cu­sé son grand- père pour rap­pro­cher ses pa­rents après leur di­vorce et at­ti­rer l’at­ten­tion sur lui. Ga­briel est un en­fant très per­tur­bé qui a gran­di dans un en­vi­ron­ne­ment fa­mi­lial très dé­gra­dé.

« Je m’ex­cuse au­près de la jus­tice et de ma fa­mille » , ré­pète Ga­briel à la barre. Les avo­cats de son grand­père in­sistent sur ces ré­trac­ta­tions « ré­ité­rées et non ma­ni­pu­lées » et sur les élé­ments nou­veaux ap­por­tés par l’en­quête ini­tiée par la Cour de ré­vi­sion. Et no­tam­ment cette fausse ac­cu­sa­tion d’agres­sion sexuelle for­mu­lée par l’ado­les­cent contre un co­pain de classe en 2005, jus­qu’ici res­tée sous si­lence.

Même s’il a bé­né­fi­cié d’une li­bé­ra­tion, Ch­ris­tian Ia­co­no veut, dixit l’un de ses con­seils, « être ren­du à la com­mu­nau­té des hommes » . « Je vous ré­pète ce que j’ai dit au juge d’ins­truc­tion il y a qua­torze ans, conclut, so­len­nel, le vieil homme. Je suis com­plè­te­ment et par­fai­te­ment in­nocent de ce dont on m’a ac­cu­sé. »

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