Le­tract­pro- Guéant­payé par­les­con­tri­buables

La jus­tice en­quête sur le fi­nan­ce­mentd’un tract dif­fu­sé par le mai­re­deBou­logne oùil sou­te­nait la can­di­da­tu­rede Clau­deGuéant aux lé­gis­la­tives de 2012.

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - ROBERTO CRISTOFOLI

Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Nan­terre vient de sai­sir la bri­gade de ré­pres­sion de la dé­lin­quance éco­no­mique ( BRDE) afin de faire la lu­mière sur le fi­nan­ce­ment de tracts élec­to­raux concer­nant la can­di­da­ture mal­heu­reuse de Claude Guéant aux lé­gis­la­tives de 2012 à Bou­logne- Billan­court ( Hauts- de- Seine). Fin 2011, se sen­tant me­na­cé par la can­di­da­ture de son pre­mier ad­joint Thier­ry So­lère qui ve­nait de dé­mis­sion­ner, Pierre- Christophe Ba­guet, maire de Bou­logne et dé­pu­té UMP sor­tant, re­nonce à se pré­sen­ter aux lé­gis­la­tives.

Il dé­cide d’ap­pe­ler à la res­cousse son ami Claude Guéant, le­quel de­vait ini­tia­le­ment être can­di­dat dans les Yve­lines sur la cir­cons­crip­tion au­jourd’hui oc­cu­pée par Hen­ri Guaino.

Ba­guet et Guéant se connaissent bien : haut fonc­tion­naire, ce der­nier a été en poste à deux re­prises dans les Hauts- de- Seine. Comme se­cré­taire gé­né­ral de la pré­fec­ture au dé­but de sa car­rière d’énarque, puis plus tard comme conseiller du pré­sident du con­seil gé­né­ral Ni­co­las Sar­ko­zy. Dans le même temps, Pierre- Christophe Ba­guet en­grange les man­dats élec­to­raux. Ad­joint au maire, conseiller gé­né­ral, dé­pu­té et fi­na­le­ment maire de Bou­logne- Billan­court en 2008.

Pour ex­pli­quer son dé­sis­te­ment en fa­veur de l’ex- mi­nistre de l’In­té­rieur, le maire de Bou­logne- Billan­court dif­fuse un do­cu­ment ex­pli­ca­tif de quatre pages qu’il jure, la main sur le coeur, avoir payé lui- même. Le 6 jan­vier 2012, il confirme, lors d’un re­por­tage té­lé­vi­sé face à la ca­mé­ra de France 3, que l’im­pres­sion et la dis­tri­bu­tion ont été réa­li­sées « à [ mes] frais per­son­nels » .

Mais cette ver­sion est au­jourd’hui contre­dite par un haut cadre de la ville de Bou­logne- Billan­court qui s’en est ou­vert à Thier­ry So­lère, tom­beur de Claude Guéant aux lé­gis­la­tives et au­jourd’hui dé­pu­té de la deuxième ville d’Ile- de- France. L’in­té­res­sé a donc pris la plume pour si­gna­ler les faits au pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Nan­terre, Ro­bert Gel­li, comme la loi lui en fait obli­ga­tion.

nLa ville au­rait ré­glé le solde de 20 000 €

Se­lon les confi­dences faites par le cadre de la mai­rie de Bou­lo­gneBillan­court, l’im­pres­sion réa­li­sée par une en­tre­prise d’Is­sy- les- Moul i neaux, d’un mon­tant de 30 000 € — et res­tée en souf­france jus­qu’en août 2012 —, est fac­tu­rée à l’UMP de Bou­logne- Billan­court, dont le pré­sident n’est autre que… Pierre- Christophe Ba­guet.

La sec­tion lo­cale de l’UMP n’étant pas en ca­pa­ci­té de ré­gler l’im­pri­meur, c’est fi­na­le­ment le siège na­tio­nal de l’UMP qui ac­cepte de mettre la main à la poche, pour 10 000€. Il reste alors 20 000 € à payer. Le solde au­rait donc été ré­glé par la ville, dans le cadre d’un mar­ché pu­blic pas­sé avec le même im­pri­meur, cette tran­sac­tion lais­sant des traces dans la comp­ta­bi­li­té pu­blique.

Con­tac­té, l’an­cien mi­nistre de l’In­té­rieur Claude Guéant a dit « ne pas vou­loir faire de com­men­taire » , crai­gnant ne plus sa­voir qui a fi­nan­cé le tract : « Je n’ai pas la mé­moire aus­si fi­dèle » , a- t- il ex­pli­qué. Quant au maire de Bou­logne, il a fait sa­voir par l’in­ter­mé­diaire de l’avo­cat de la ville, Me Ma­rio- Pierre Sta­si, qu’il ne sou­hai­tait pas ré­agir.

( LP/ Alain Au­boi­roux.)

Stade Mar­cel- Bec, Meu­don ( Hauts- de- Seine), le 21 mai 2012. Image de cam­pagne élec­to­rale : Pierre- Christophe Ba­guet, le maire de Bou­logne- Billan­court, était ve­nu avec Claude Guéant sou­te­nir l’équipe de foot­ball de sa ville qui af­fron­tait celle du Blanc- Mes­nil ( Seine- Saint- De­nis).

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