Té­léBo­cal­ten­te­de­sor­tir la­tê­te­del’eau

La chaîne as­so­cia­tive, dif­fu­sée trois heu­res­par jour sur la TNT àPa­ris et en Ile- de- France, lan­ceu­nap­pel aux dons.

Le Parisien (Paris) - - Paris - ALEXANDRE ARLOT

L’en­trée du lo­cal, si­tuée dans une im­passe du ( XXe), est si­gna­lée par un graff mul­ti­co­lore. Signe que ces 500 m2 ne sont pas tou­jours aus­si vides, des chaises s’en­tassent à cô­té d’une de­mi- dou­zaine de ca­na­pés hors d’âge. « Les soi­rées que nous or­ga­ni­sons comptent par­fois 400 ou 500 per­sonnes » , ra­conte Ri­chard So­vied, d’au­tant plus dé­çu de la faible mo­bi­li­sa­tion en fa­veur de « sa » chaîne, Té­lé Bo­cal.

On nous a fi­lé une Royce mais sans l’es­sence.”

Ri­chard So­vied fon­da­teur de Té­lé Bo­cal

De­puis le 16 jan­vier, « la plus pe­tite des té­lé­vi­sions du monde » a lan­cé un ap­pel aux dons à des­ti­na­tion de ses « 250 000 té­lé­spec­ta­teurs ré­gu­liers » . L’ob­jec­tif est de col­lec­ter 5 000 € d’ici dix jours. Mal­gré une ré­cente ac­cé­lé­ra­tion des dons, il res­tait hier soir en­core plus de 3 000 € à ras­sem­bler. « Je m’at­ten­dais à plus, compte te­nu du nombre de nos fi­dèles et des per­sonnes qui nous fé­li­citent dans la rue » , ad­met­tait le fon­da­teur de la chaîne, amer, douze jours après le lan­ce­ment de l’opé­ra­tion. La ca­gnotte s’éle­vait alors à 446 €.

De­puis sa créa­tion en 1995, c’est la pre­mière fois que la chaîne as­so­cia­tive fait ap­pel à la gé­né­ro­si­té des gens de cette fa­çon. « Té­lé Bo­cal a vé­cu grâce au bé­né­vo­lat et aux sta­giaires, confie l’homme à la queue- de- che­val. L’idée no­va­trice était de faire une chaîne de proxi­mi­té. » L’aven­ture, faite de soi­rées dans les lo­caux et dans des bars pa­ri­siens ( lire ci- des­sous), dure pen­dant 13 ans.

En 2008, Ri­chard So­vied ré­pond à un ap­pel à can­di­da­ture du CSA pour être dif­fu­sé sur la TNT. « Nous avons été au­di­tion­nés par les Sages, c’était un exa­men très of­fi­ciel, plai­sante ce­lui qui cultive un look simple : veste sur che­mise, jean et bas­kets. Nous avons été choi­sis pour notre ligne édi­to­riale, face à de meilleurs pro­jets. »

L’ar­ri­vée de la chaîne as­so­cia­tive sur le ca­nal 21 de la TNT, trois heures par jour, mo­di­fie la donne. « L’Etat nous a au­to­ri­sés à émettre mais ne nous a pas sou­te­nus fi­nan­ciè­re­ment comme il l’avait fait pour les ra­dios libres, re­grette le fon­da­teur de Té­lé Bo­cal. On nous a fi­lé une Royce mais sans l’es­sence. »

La chaîne as­so­cia­tive, qui compte six sa­la­riés, verse ac­tuel­le­ment 80 % de son bud­get an­nuel aux pres­ta­taires de dif­fu­sion qui ache­minent le si­gnal vers la tour Eif­fel, soit « le même prix que TF 1 » . Ri­chard So­vied pointe le manque de consi­dé­ra­tion de la mai­rie et égra­tigne Ber­trand De­la­noë, « qui gère Pa­ris comme une boîte et fait fi de la vie de quar­tier » .

Si ni le maire ( PS) de Pa­ris, ni les fi­dèles de la chaîne ne ré­pondent pré­sent, Té­lé Bo­cal risque- t- elle la fer­me­ture ? « Ce­la fait plus de 18 ans que la chaîne existe, je ne suis donc pas in­quiet » , af­firme son prin­ci­pal ani­ma­teur, qui avance dans un sou­rire : « Je pense qu’Anne Hi­dal­go [ can­di­date PS à la mai­rie] se­ra plus ré­cep­ti­veà notre dis­cours. »

( LP/ A. A.)

Vil­la Ri­be­rolle ( XXe), la se­maine der­nière. Bien­tôt vingt ans après sa créa­tion, Té­lé Bo­cal compte six sa­la­riés.

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