Monaco- Pa­ris, del ’or sur la pe­louse

En­quête. Le duel de de­main entre les stars de Monaco et du PSG est aus­si une­ba­taille de su­per­puis­sances. Les sa­laires en té­moignent.

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - Dos­sier réa­li­sé par AR­NAUD HER­MANT ET RO­NAN FOLGOAS

Si l’ar­gent ne fait pas le bon­heur, il y contri­bue tout de même as­sez lar­ge­ment… au moins en ma­tière de bal­lon rond. Le choc entre l’AS Monaco et le PSG, de­main soir en prin­ci­pau­té, en est la dé­mons­tra­tion la plus écla­tante. Ce match, que la France du foot at­tend entre le lea­der de la Ligue 1 et son dau­phin, est aus­si une op­po­si­tion entre les deux su­per­puis­sances éco­no­miques du foot­ball fran­çais.

L’une est aux mains d’un oli­garque russe, Dmi­try Ry­bo­lov­lev, qui de­puis dé­cembre 2011 lui consacre une ( pe­tite) par­tie de sa for­tune per­son­nelle. L’autre est contrô­lée par l’Etat du Qa­tar qui sou­haite faire du PSG l’une des ca­pi­tales du foot­ball eu­ro­péen.

nA Pa­ris, Ra­biot touche 120 fois moins qu’Ibra­hi­mo­vic

Ces deux his­toires pa­ral­lèles ont com­men­cé à quelques mois d’in­ter­valle. L’une comme l’autre s’ap­puient sur un mo­dèle très clair : le re­cru­te­ment d’une main- d’oeuvre ul­tra­com­pé­tente et hau­te­ment ré­mu­né­rée. En quelques mois, la masse sa­la­riale de ces deux clubs a donc ex­plo­sé au point de sus­ci­ter nombre de fan­tasmes et de confu­sion. L’en­quête que nous avons me­née dans les cou­lisses de ces deux clubs per­met de chif­frer ce que touchent réel­le­ment les joueurs. A sa­voir les sa­laires nets d’im­pôts et non pas les sa­laires bruts. Au clas­se­ment des grandes for­tunes, le grand ga­gnant s’ap­pelle donc Ra­da­mel Fal­cao. L’at­ta­quant co­lom­bien de l’AS Monaco, re­cru­té l’été der­nier et ac­tuel­le­ment bles­sé, touche un sa­laire men­suel de 1,2 M€ qui le consacre comme le joueur le mieux payé du cham­pion­nat. Exo­né­ré d’im­pôts sur le re­ve­nu grâce aux pri­vi­lèges fis­caux de la prin­ci­pau­té, Fal­cao de­vance as­sez lar­ge­ment Zla­tan Ibra­hi­mo­vic qui, en dé­pit d’une re­va­lo­ri­sa­tion sa­la­riale en sep­tembre der­nier, touche au PSG 807 000 € par mois net d’im­pôts ( soit 1 350 000 € brut). Ces chiffres ne tiennent tou­te­fois pas compte des primes de per­for­mance in­di­vi­duelles et des contrats pu­bli­ci­taires que le Sué­dois a né­go­ciés par ailleurs. Star ab­so­lue de la Ligue 1 et fi­gure em­blé­ma­tique du PSG, il est sui­vi au clas­se­ment des sa­laires par le Bré­si­lien Thia­go Sil­va et l’Uru­guayen Edin­son Ca­va­ni. Pour trou­ver la trace du joueur fran­çais le mieux payé des deux ef­fec­tifs, il faut re­gar­der du cô­té de Monaco. Le dé­fen­seur cen­tral de l’ASM et des Bleus, Eric Abi­dal, émarge ain­si à 250 000 € par mois, juste de­vant Jé­ré­my Tou­la­lan. Au PSG, une pe­tite sur­prise : le Fran­çais le mieux ré­mu­né­ré du ves­tiaire n’est autre que Yo­han Ca­baye, la der­nière re­crue en date ( 197 000 € soit 420 000 € brut).

Plus gé­né­ra­le­ment, notre en­quête met en évi­dence une den­si­té de hauts re­ve­nus ja­mais vue dans l’his­toire du cham­pion­nat. Onze joueurs de Monaco em­pochent plus d’ 1 M€ net par an. A Pa­ris, la pro­por­tion de mil­lion­naires grimpe à 17 élé­ments sur 23. Soit près de 75 % de l’ef­fec­tif…

Ces chiffres sou­lignent en­fin les fortes dis­pa­ri­tés qui pré­valent entre co­équi­piers. Ibra touche près de 120 fois plus que le jeune Ra­biot. Les sa­laires donnent le tour­nis, sur­tout en temps de crise. Ils font rê­ver ou déses­pé­rent, c’est se­lon. Mais comme dit Ber­nard Ta­pie, l’an­cien pré­sident de l’Olym­pique de Mar­seille, « un très grand joueur n’a pas de prix » .

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