L’avan­ta­geuse fis­ca­li­té de la prin­ci­pau­té

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - A. H.

En prin­ci­pau­té, il n’y a pas seule­ment le so­leil et la mer. Fi­nan­ciè­re­ment, Monaco pos­sède aus­si beau­coup d’avan­tages. Les foot­bal­leurs étran­gers, sous contrat avec l’ASM, se le ré­pètent à l’en­vi, à chaque fin de mois, en con­sul­tant leur bul­le­tin de paie. En ef­fet, ils ne sont pas as­su­jet­tis à l’im­pôt. Leur ré­mu­né­ra­tion est nette.

Le ri­chis­sime pro­prié­taire russe du club, Dmi­try Ry­bo­lov­lev, a pu ain­si of­frir 14,4 M€ net an­nuels hors primes à Ra­da­mel Fal­cao. For­mi­dable bu­teur, le Co­lom­bien n’a pour­tant pas l’au­ra d’un Lionel Mes­si, d’un Cris­tia­no Ronaldo ou en­core d’un Zla­tan Ibra­hi­mo­vic. Avec ce re­ve­nu, il fi­gure néan­moins par­mi les cinq joueurs les mieux ré­mu­né­rés en Eu­rope. Zla­tan Ibra­hi­mo­vic n’est pas à plaindre avec ses 807 000 € net par mois, soit an­nuel­le­ment près de 10 M€. S’il por­tait les cou­leurs de l’équipe mo­né­gasque, le Sué­dois em­po­che­rait 6,2 M€ de plus, soit 16,2 M€, à sa­voir son sa­laire brut an­nuel à Pa­ris. Une sa­crée dif­fé­rence.

nP­rime d’im­pa­tria­tion

En France, l’im­po­si­tion est en ef­fet beau­coup plus lourde, sur­tout si la ré­mu­né­ra­tion est éle­vée. A la somme brute, il faut en­le­ver 10 % de charges sa­la­riales puis 48 %, qui cor­res­pondent au taux d’im­po­si­tion des hauts sa­laires, pour ob­te­nir la somme per­çue par le foot­bal­leur. Pour faire re­ve­nir des ex­pa­triés hexa­go­naux ou at­ti­rer des étran­gers, la loi fis­cale fran­çaise leur a concé­dé un pe­tit avan­tage : la prime d’im­pa­tria­tion.

Trente pour cent du sa­laire net avant im­pôt échappent à l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale. Cette niche non né­gli­geable per­met, par exemple, à Ibra­hi­mo­vic de mettre à l’abri de l’im­po­si­tion fran­çaise 364 500 € chaque mois. Ibra n’est im­po­sé « que » sur 850 500 € sur un sa­laire brut de 1,35 M€ men­suels.

Eric Abi­dal bé­né­fi­cie aus­si de cette dis­po­si­tion puis­qu’il a pas­sé six ans au FC Bar­ce­lone avant de re­ve­nir en Ligue 1 ( pour jouir de l’im­pa­tria­tion, un Fran­çais doit avoir sé­jour­né au moins cinq ans à l’étran­ger). Ex­cep­té cet avan­tage, l’in­ter­na­tio­nal tri­co­lore, comme tous les autres joueurs fran­çais de l’ASM, est sou­mis aux mêmes règles fis­cales qu’un sa­la­rié lamb­da tra­vaillant dans l’Hexa­gone.

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