Karachi: Sar­ko­zy bien­tôt té­moin as­sis­té ?

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - ÉLI­SA­BETH FLEU­RY

Ni­co­las Sar­ko­zy, qui fut mi­nistre du Bud­get du gou­ver­ne­ment d’Edouard Bal­la­dur de 1993 à 1995, se­ra- t- il un jour en­ten­du par la Cour de jus­tice de la Ré­pu­blique ( CJR) dans le cadre du vo­let fi­nan­cier de l’af­faire Karachi ?

Au terme d’une or­don­nance de près de 170 pages, les juges Re­naud Van Ruym­beke et Ro­ger Le Loire ont es­ti­mé hier qu’il pou­vait être au­di­tion­né de­vant cette ins­tance sous le sta­tut de té­moin as­sis­té. Les deux ma­gis­trats ré­clament par ailleurs la sai­sine de la CJR, seule ha­bi­li­tée à ju­ger des membres du gou­verne- ment pour des faits com­mis dans l’exer­cice de leurs fonc­tions, afin d’en­quê­ter sur l’an­cien Pre­mier mi­nistre lui- même, Edouard Bal­la­dur, ain­si que sur son mi­nistre de la Dé­fense, Fran­çois Léo­tard. Si cette sai­sine a lieu, ces der­niers pour­raient être mis en exa­men, de­vant la CJR, pour des faits pré­su­més d’abus de biens so­ciaux et de dé­tour­ne­ments de fonds pu­blics.

Les deux juges fi­nan­ciers en­quêtent de­puis trois ans sur un éven­tuel fi­nan­ce­ment oc­culte de la cam­pagne pré­si­den­tielle d’Edouard Bal­la­dur en 1995. « Leur ana­lyse du dos­sier est ob­jec­tive, leur rap­pel des faits ex­tra­or­di­naire » , in­dique Me Ma­rie Do­sé, un des avo­cats des par­ties ci­viles.

nLes ré­tro­com­mis­sions tou­jours en ques­tion

Les in­ves­ti­ga­tions des ma­gis­trats, fouillées, leur ont per­mis d’iden­ti­fier un cer­tain nombre de dys­fonc­tion­ne­ments en­tou­rant la si­gna­ture des grands contrats d’ar­me­ment Agos­ta et Sa­wa­ri II pas­sés, fin 1994, par la France. D’une part, les in­ter­mé­diaires — dont l’homme d’af­faires Ziad Ta­kied­dine — ap­pe­lés à la res­cousse dans le cadre des ul­times né­go­cia- tions n’ont ser­vi qu’à une chose : aug­men­ter le mon­tant des com­mis­sions et, par consé­quent, des ré­tro­com­mis­sions des­ti­nées à fi­nan­cer la cam­pagne pré­si­den­tielle d’Edouard Bal­la­dur. D’autre part, les fonds secrets de Ma­ti­gnon, aux­quels le Pre­mier mi­nistre avait alors ac­cès, ont éga­le­ment été mis à contri­bu­tion dans le cadre de sa cam­pagne.

Il re­vien­dra au par­quet de trans­mettre, par le par­quet gé­né­ral, le dos­sier de sai­sine au pro­cu­reur gé­né­ral près la Cour de cas­sa­tion, qui le confie­ra alors à la com­mis­sion des re­quêtes de la CJR, seule ha­bi­li­tée à dé­ci­der de lan­cer une en­quête sur Edouard Bal­la­dur et Fran­çois Léo­tard et de convo­quer, éven­tuel­le­ment, Ni­co­las Sar­ko­zy.

Reste le vo­let non mi­nis­té­riel de l’en­quête, dans le­quel plu­sieurs ex­lieu­te­nants d’Edouard Bal­la­dur, des in­ter­mé­diaires ain­si que d’an­ciens hauts fonc­tion­naires, ont été mis en exa­men. Il de­vrait être clô­tu­ré « dans les jours qui viennent » , as­sure une source proche du dos­sier. Dans ce vo­let, un pro­cès pour­rait se te­nir dès sep­tembre » , in­dique une source ju­di­ciaire.

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