Dji­bril Cissé re­noue avec un pas­sé agi­té

Le Parisien (Paris) - - Sports - MAR­SEILLE ( BOUCHES- DU- RHÔNE) De notre correspondant MA­THIEU GRÉ­GOIRE

Dji­bril Cissé, sur­nom­mé le Djib’, est de re­tour au Vé­lo­drome ! Dans son théâtre des rêves pas­sés, lui qui a joué 56 matchs de Ligue 1 avec l’OM entre dé­cembre 2006 et mai 2008 ( pour 24 réa­li­sa­tions) ? On n’ira pas jusque- là… « Dans le vi­rage nord, on l’ap­pe­lait le tueur de ga­bians ( grosse mouette mar­seillaise), sou­rit Fré­dé­ric Cu­ny, ar­chi­tecte et an­cien abon­né chez les MTP. Il avait un bon to­tal de buts, mais il fal­lait voir aus­si com­bien il en ra­tait… » Ab­doul Sow, son com­père des week- ends au stade, se marre : « Une fois, après un but, il avait la rage, et il nous a gueu­lé des­sus ! Toutes pro­por­tions gar­dées, c’était quand même un peu le suc­ces­seur d’Ibra­hi­ma Ba­kayo­ko. »

« Il avait pour­tant un vé­ri­table at­ta­che­ment à l’OM » , pré­cise Ju­lien Four­nier, an­cien se­cré­taire gé­né­ral, au­jourd’hui di­rec­teur gé­né­ral de l’OGC Nice. Il se rap­pelle les « ef­forts fi­nan­ciers consen­tis pour ve­nir à Mar­seille » , où Liverpool l’a prê­té une sai­son, puis ven­du en­suite. « En juin 2006, il s’est gra­ve­ment bles­sé avec les Bleus au mo­ment où nous nous ap­prê­tions à le faire si­gner, sou­li- gne Four­nier. Nous avions un en­ga­ge­ment mo­ral avec lui, et après avoir eu l’avis de plu­sieurs mé­de­cins, nous l’avons pris. Il a été énorme dans le tra­vail de ré­édu­ca­tion ac­com­pli. »

nPous­sé vers la sor­tie par Ge­rets

Avec Jean- Georges Cel­lier, son ki­né per­son­nel de­puis em­bau­ché à l’OM, Cissé sue à grande eau à la Com­man­de­rie. Ça ne suf­fi­ra pas à api­toyer Eric Ge­rets, en juin 2008. L’en­traî­neur belge ne veut plus d’un sys­tème of­fen­sif cen­tré sur Cissé et sou­haite son dé­part. Il s’en va en prêt à Sun­der­land, en lais­sant quelques cas­se­roles en Pro­vence. « C’est un type bien, mais aus­si un flam­beur qui avait le don de se four­rer dans des his­toires in­croyables » , sou­pire un an­cien cadre ad­mi­nis­tra­tif de l’OM. Vic­time d’un chan­tage à la sex­tape, Cissé passe à confesse de­vant sa di­rec­tion, et le cor­beau est fi­na­le­ment in­ter­pel­lé. La vi­déo ori­gi­nale est dé­truite et l’homme re­mis en li­ber­té.

Deux se­maines plus tard, le maître chan­teur est ar­rê­té pour un vol à l’éta­lage dans un ma­ga­sin d’élec­tro­nique, et les po­li­ciers trouvent sur lui un chèque de 9 000 € si­gné… par Cissé, qui a fi­na­le­ment cé­dé et fait un pre­mier ver­se­ment. Le bu­teur se fe­ra re­mon­ter les bre­telles par le Mon­sieur Sé­cu­ri- té du club. Sa­lim Sa­leh, pa­tron du sa­lon de coif­fure Lo­ren­zo Style, le pré­fé­ré des Olym­piens, se sou­vient d’un joueur aux aguets : « La pre­mière fois que je suis al­lé lui faire des mo­tifs dits tri­baux sur le crâne, il me lais­sait un cô­té pour m’ex­pri­mer, tout en conser­vant sa crête blonde porte- bon­heur. Il ve­nait alors de se faire cam­brio­ler à Car­noux et il m’a de­man­dé de lais­ser ma voi­ture à Aix. Un 4 x 4 aux vitres tein­tées est ve­nu me cher­cher pour m’em­me­ner in­co­gni­to à Ve­nelles. » Tou­jours en quête d’ un pre­mier but avec Bas­tia, Cissé vou­dra être moins dis­cret au­jourd’hui.

( Presse Sports/ Laurent Ar­guey­rolles.)

Dji­bril Cissé a lais­sé des sou­ve­nirs mi­ti­gés sur la Ca­ne­bière.

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