« Je­sais­quej’au­rail’éti­quet­te­de­do­pée »

Cham­pion­natsd’Ile- de- Fran­ceen­sal­leàEau­bonne Ali­ceDe­caux( USI­vry), sprin­teu­se­qui re­vien­tà­la­com­pé­ti­tio­na­près six­mois­de­sus­pen­sion­pou­run­con­trô­le­po­si­tif

Le Parisien (Paris) - - Sports Lle-de-France - Pro­pos recueillis par THIER­RY RAY­NAL

et après- mi­di, à Eau­bonne ( Val- d’Oise), Alice De­caux po­se­ra à nou­veau ses pointes dans des star­ting- blocks. La spé­cia­liste des haies de l’US Ivry ( 28 ans) re­vient à la com­pé­ti­tion lors des Cham­pion­nats d’Ile- de- France en salle ( sur 60 m au­jourd’hui et sur 60 mhaies de­main), après avoir pur­gé une sus­pen­sion de six mois pour un contrôle po­si­tif. A 28 ans, la na­tive d’Abid­jan ( Côte d’Ivoire) re­part avec la vo­lon­té de re­ve­nir au plus haut ni­veau na­tio­nal. Vous sou­ve­nez- vous du jour où vous avez ap­pris votre contrôle po­si­tif ? ALICE DE­CAUX. J’étais à l’en­traî­ne­ment, deux jours avant le mee­ting de Monaco ( NDLR : le 19 juillet 2013). Un ap­pel té­lé­pho­nique m’a in­for­mée que le contrôle ef­fec­tué lors des Cham­pion­nats d’Eu­rope par équipes ( le 23 juin 2013 à Ga­te­shead en Grande- Bre­tagne) était po­si­tif. Je suis alors tom­bée des nues… On m’a en­suite ex­pli­qué que le com­plé­ment ali­men­taire que j’avais pris conte­nait un pro­duit de la fa­mille des am­phé­ta­mines. Les jours qui ont sui­vi ont été très durs. Pen­siez- vous prendre un risque en in­gé­rant ce pro­duit ? Pas du tout. Je l’ai pris sans au­cune in­ten­tion de me do­per. J’ai ache­té ce com­plé­ment dans un ma­ga­sin et mon er­reur est de ne pas avoir con­tac­té le mé­de­cin fé­dé­ral pour en connaître la com­po­si­tion. Mais, quand on n’a pas l’in­ten­tion de tri­cher, on ne fait pas d’ana­lyse. Mes chro­nos des­cendent de fa­çon ré­gu­lière de­puis trois ou quatre ans sans que j’aie tou­ché à des pro­duits in­ter­dits.

CJe me suis bien

pré­pa­rée pour ma re­prise”

Votre sus­pen­sion a été pro­non­cée dé­but août alors que vous de­viez par­ti­ci­per aux Mondiaux à Mos­cou… Et je l’ai ac­cep­tée ! Même si je suis pas­sée par tous les sen­ti­ments, de la tris­tesse à la co­lère. Je pense que ma dé­marche a été com­prise par les fé­dé­ra­tions fran­çaise et in­ter­na­tio­nale ( IAAF). Je me suis fait pié­ger, d’ail- leurs le ven­deur de ce pro­duit a fait une lettre pour dé­mon­trer que ma dé­marche n’était pas do­pante. Cette sanc­tion a- t- elle eu des in­ci­dences sur votre vie per­son­nelle ? Oui, le sta­tut d’ath­lète de haut ni­veau m’a été re­ti­ré, ce qui m’a fait perdre mon poste à la di­rec­tion des res­sources hu­maines au con­seil gé­né­ral du Val- de- Marne, ob­te­nu dans le cadre d’un CIP ( con­ven­tion d’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle). Mais le con­seil gé­né­ral m’a té­moi­gné son pro­fond sou­tien du­rant ma sus­pen­sion et je sais qu’il me­ten­dra la main lorsque mon sta­tut d’ath­lète de haut ni­veau me se­ra ren­du. Com­ment vit- on une sus­pen­sion ? C’est dif­fi­cile, on a l’im­pres­sion que beau­coup de choses s’écroulent. J’ai pu comp­ter sur ma fa­mille, mes proches et mon club pour m’épau­ler. Per­sonne ne m’a lâ­chée dans mon en­tou­rage et ça m’a per­mis de re­par­tir de l’avant. Grâce à eux, je me suis dit qu’il n’était pas pos­sible d’ar­rê­ter ma car­rière là- des­sus. J’en ai pro­fi­té pour prendre des va­cances et re­trou­ver des per­sonnes que je ne vois pas sou­vent. Il fal­lait que je m’aère l’es­prit. Après ça, j’ai re­pris l’en­traî­ne­ment fin sep­tembre et je tra­vaille de­puis le 4 dé­cembre avec un nou­vel en­traî­neur, Pierre- Jean Va­zel, qui s’est no­tam­ment oc­cu­pé de Ch­ris­tine Ar­ron. Où en êtes- vous au­jourd’hui ? Je me suis bien pré­pa­rée, sur les pistes d’Ivry et de Mont­ge­ron et à l’In­sep, pour ma re­prise. Ce­pen­dant, je pars un peu dans l’in­con­nu, mais je ne m’in­quiète pas. Le plus im­por­tant n’est pas com­ment je com­mence ma sai­son, mais com­ment je la fi­nis. Je ne me fixe pas d’ob­jec­tif, mais si je peux ac­cro­cher les mi­ni­ma pour les Mondiaux en salle… Avez- vous de l’ap­pré­hen­sion à l’idée de re­prendre la com­pé­ti­tion ce week- end ? Pas du tout, j’ai même hâte ! Je me sens comme un lion en cage à qui on n’au­rait plus don­né à man­ger. Pour­tant, je sais qu’à par­tir de ce wee­kend j’au­rai l’éti­quette de do­pée. Si des gens pensent ça, ce n’est pas mon pro­blème, j’ai la conscience tran­quille et ceux qui me connaissent bien savent qui je suis vrai­ment. Handball Mas­sy ( 9e) s’est in­cli­né ( 22- 31) hier soir à Billère ( 3e). Lors de cette 15e jour­née de Pro D 2, Pontault- Combault ( 12e) ac­cueille An­gers ( 13e) ce soir ( 20 h 30, es­pace Bois­ra­mé). Na­ta­tion Sar­celles ac­cueille au­jourd’hui le Cham­pion­nat de France du 5 km indoor pour le­quel Axel Ray­mond ( Le Ples­sis- Sa­vi­gny) est fa­vo­ri. Rug­by Ma­rion Lièvre, la ca­pi­taine de Bo­bi­gny ( Top 10) est ti­tu­laire dans le XV de France fé­mi­nin qui re­çoit l’Ita­lie ( 17 h 30) lors des Six Na­tions. Ho­ckey en salle Les filles de Mon­trouge dis­putent ce week- end les phases fi­nales du Cham­pion­nat de France à Amiens ( Somme).

( LP/ Fré­dé­ric Du­git.)

Pa­ris, le 4 mars 2011. « Je me sens comme un lion en cage à qui on n’au­rait plus don­né à man­ger » , confie Alice De­caux, 28 ans, qui se­ra sur la piste au­jourd’hui pour les Cham­pion­nats d’Ile- de- France en salle après avoir pur­gé six mois de sus­pen­sion.

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