Ona­re­trou­vé Va­lé­rieLe­mer­cier !

La­co­mé­dien­nees­texal­tan­te­dans « Un­temps­de­chien » . Une piè­ceen­le­vée­dans­la­quel­le­trois­fem­me­sé­chan­gent­leur­sé­tatsd’âme.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - THIer­rY dAGue

Valérie, on se parle fran­che­ment ? Au ci­né­ma, der­niè­re­ment, c’était un peu la bé­ré­zi­na. Comme ce « 100 % ca­che­mire » , une co­mé­die pas drôle sur l’adop­tion, sor­tie en dé­cembre, écrite, réa­li­sée et jouée par vos soins. Cô­té scène, c’était si­lence ra­dio de­puis votre der­nier so­lo au Pa­lace en 2008, il y a dé­jà six ans. Alors, puis­qu’on se dit tout, Valérie, voi­là ce qu’on a pen­sé très fort en sor­tant du Théâtre Mont­par­nasse, à Pa­ris, où vous par­ta­gez l’af­fiche d’une pièce pour la pre­mière fois de­puis vingt­cinq ans : « Ouf ! La re­voi­là en­fin ! »

La Le­mer­cier qu’on aime, celle des « Vi­si­teurs » et de « Pa­lais Royal ! » , celle qui campe brillam­ment les grandes bour­geoises mal em­bou­chées comme les ados en crise dans ses one- wo­man- shows, celle qui se­coue la cé­ré­mo­nie des Cé­sars en dan­sant sur Zouk Ma­chine, et même celle qui chante « Goûte mes frites » , c’est elle qu’on re­trouve dans « Un temps de chien » , une co­mé­die mo­derne et en­le­vée écrite par son amie et col­la­bo­ra­trice Bri­gitte Buc.

nTou­jours la ré­plique qui tue

A l’ori­gine, la pièce n’était pas pré­vue pour Valérie Le­mer­cier, pour­tant on ju­re­rait que le per­son­nage d’Hé­lène Pi­card lui a été taillé sur me­sure : cadre dé­bor­dée, épouse et mère mo­dèle, elle ne veut pas s’avouer que son bou­lot la stresse, que son ma­ri l’ignore et qu’elle rêve d’une autre vie. Dans l’ar­rière- salle d’un ca­fé, où elle fuit la pluie bat­tante, elle en­gage la conver­sa­tion avec Lou­lou, jeune mère cé­li­ba­taire ven­deuse en lin­ge­rie ( Mé­la­nie Ber­nier), et Ga­brielle, qua­dra dé­pres­sive ( Pas­cale Ar­billot), sous l’oeil d’un gar­çon de ca­fé bour­ru ( Pa­trick Ca­ta­li­fo).

Ces pe­tites confi­dences au fé­mi­nin vont tour­ner au grand dé­bal­la- ge : la pre­mière à pé­ter les plombs, c’est bien sûr Valérie Le­mer­cier, hi­la­rante lors­qu’elle s’ef­fondre sur sa table, dit ses quatre vé­ri­tés à sa mère ou se met à dan­ser sous l’ef­fet de l’al­cool. L’ac­trice joue au­tant avec son corps qu’avec son gé­nie de la ré­plique qui tue : « Ça fait dix ans que je suis en psy­cha­na­lyse, et je me sens de plus en plus cou­pable. » Elle se taille la part du lion, sans pour au­tant faire son show. L’al­chi­mie avec ses par­te­naires est par­faite, d’au­tant que cha­cun( e) joue sa par­ti­tion : Mé­la­nie Ber­nier aé­rienne, Pas­cale Ar­billot émou­vante, Pa­trick Ca­ta­li­fo très juste.

Bref, « Un temps de chien » au beau fixe. Très ryth­mée, ra­mas­sée sur une heure vingt, la pièce parle avec lé­gè­re­té des ar­mures qu’on se construit, de la ty­ran­nie des ap­pa- rences, des sen­ti­ments qu’on ne veut pas s’avouer. C’est pour ça qu’on y va fran­co avec vous, Valérie : vous êtes re­par­tie du bon pied, con­ti­nuez ! « Un temps de chien » , au Théâtre Mont­par­nasse, Pa­ris XIVe. Du mar­di au sa­me­di à 20 h 30, le sa­me­di à 17 h 30 et le di­manche à 15 h 30. De 20 à 56 €. Tél. 01.43.22.77.74.

Les per­son­nages joués par Mé­la­nie Ber­nier, Valérie Le­mer­cier et Pas­cale Ar­billot

cassent leur ar­mure et se disent tout.

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