Mar­tinG­raya­vait19ans…

L’au­teurd’ « Au­nom­de­tous­les­miens » s’est re­con­nu­su­run­cli­ché pris­dans le­ghet­to­deVar­so­vie, ex­po­séauMé­mo­rial­de­laS­hoah. Nou­sa­vons­fait la vi­si­teà­ses­cô­tés.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - YVeS JAeGLé

( pho­to de gauche)

( pho­to de droite), avoir chaud, mais en Po­logne, les étés sont étouf­fants de cha­leur, je n’au­rais ja­mais por­té cette four­rure… » Sa fille le trouve « ma­gni­fique » . Il est bien coif­fé et res­semble à un jeune pre­mier quand, sur d’autres pho­tos ex­po­sées à cô­té, on dé­couvre des ca­davres, et des en­fants af­fa­més.

« Je leur don­nais un peu à man­ger, chaque jour, mais ils sont tous morts. Moi, je n’ai ja­mais souf­fert de la faim. J’étais contre­ban­dier, et je vous di­rais sans fausse mo­des­tie que j’étais le plus grand contre­ban­dier du ghet­to de Var­so­vie » , sou­ri­til dans sa son­ge­rie triste. dan­ger. Je voyais des gens morts sous mes yeux tout le temps, dans la rue. Sur­vivre à ce­la, c’est dif­fi­cile à ex­pli­quer, à com­prendre. »

Au fil de l’ex­po­si­tion, bou­le­ver­sante, qui com­porte de nom­breuses pho­tos en noir et blanc mais aus­si en cou­leur de plu­sieurs ghet­tos de Po­logne et de Li­tua­nie, prises par des pho­to­graphes al­le­mands et des juifs qui vou­laient té­moi­gner, à la sau­vette, Mar­tin Gray cherche des connais­sances de son plus loin­tain pas­sé. A l’époque, il s’ap­pe­lait Mie­tek Grayews­ki. « Je suis un peu dé­çu, sou­pire- t- il en scru­tant chaque image. Je connais tout le monde et per­sonne. Mais les proches, je ne les vois pas. C’est ça que j’es­pé­rais. » Des proches ? Ils sont dans la salle avec lui, sa fille, son gendre, son fils. Entre eux, ils parlent an­glais. A nous, il parle fran­çais avec son ac­cent yid­dish. Ce­lui d’un monde anéan­ti et d’une langue na­tale que ni ses en­fants ni les vi­si­teurs qui se pressent au­tour de lui ne peuvent com­prendre. Mé­mo­rial de la Shoah ( Pa­ris IVe), jus­qu’au 28 sep­tembre. Tél. 01.42.77.44.72,

Ce groupe d’hommes juifs a été pho­to­gra­phié en 1941 dans le ghet­to de Var­so­vie ( Po­logne). Mar­tin Gray, qui s’ap­pe­lait à l’époque Mie­tek Grayews­ki, est le jeune homme qui se tient à gauche, avec une écharpe en four­rure. Au­jourd’hui âgé de 91 ans le res­ca­pé s’est ren­du hier à l’ex­po­si­tion « Re­gards sur les ghet­tos » , au Mé­mo­rial de la Shoah à Pa­ris, et a ra­con­té l’his­toire de ce cli­ché.

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