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Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles -

ne his­toire in­croyable, une de plus, dans sa vie hors normes. Mar­tin Gray, 91 ans, sur­vi­vant du ghet­to de Var­so­vie, échap­pé du camp de la mort de Tre­blin­ka, qui s’est ra­con­té dans le best- sel­ler « Au nom de tous les miens » , n’était pas en­core au bout de ses sur­prises. La der­nière en date : le vieil écri­vain a ré­cem­ment re­çu, en Bel­gique où il vit, une en­ve­loppe conte­nant un dé­pliant de l’ex­po­si­tion « Re­gards sur les ghet­tos » , qui se tient au Mé­mo­rial de la Shoah, à Pa­ris. Un ami la lui a envoyée, parce qu’il l’a re­con­nu sur la pho­to de la bro­chure : Mar­tin Gray avait 19 ans.

On a vu ar­ri­ver un ca­mion plein de pho­to­graphes al­le­mands, qui tra­vaillaient pour

la pro­pa­gande”

Hier, le res­ca­pé s’est donc ren­du à Pa­ris voir l’ex­po­si­tion avec son fils et sa fille. « J’ai de l’ap­pré­hen­sion » , confie- t- il en ar­ri­vant. De­vant la pho­to, il se sou­vient de tout : « L’homme au pre­mier plan était dé­jà tout près de s’ef­fon­drer. On mour­rait plus de faim que d’autre chose. Les Al­le­mands nous af­fa­maient. Je me sou­viens de cette écharpe en four­rure que je porte, of­ferte par ma­man. Je me sou­viens même de ce­lui qui l’a fa­bri­quée. Ce jour- là, j’ai été pho­to­gra­phié plu­sieurs fois. On a vu ar­ri­ver un ca­mion plein de pho­to­graphes al­le­mands, qui tra­vaillaient pour la pro­pa­gande. De­vant les na­zis, les juifs de­vaient se dé­cou­vrir. J’ai en­le­vé mon cha­peau que je tiens à la main et qu’on ne voit pas. »

Il lit la lé­gende de la pho­to, « été 1941 » : « Une er­reur, car j’ai­mais

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