Un triomphe à la fran­çaise

Avec deux no­mi­na­tions aux Os­cars, les films fran­çais ont dé­fi­ni­ti­ve­ment con­quis un pu­blic mon­dial.

Le Parisien (Paris) - - La Une - RE­NAUD BA­RONIAN

C’est le bzzzzzz du mo­ment. En réunis­sant plus de 500 000 spec­ta­teurs en dix jours, les in­sectes ani­més de « Mi­nus­cule » se sont of­fert un dé­mar­rage digne d’un block­bus­ter amé­ri­cain. « C’était un vrai pa­ri, compte te­nu du fait que les hé­ros sont des in­sectes qui ne parlent pas » , se ré­jouit le pro­duc­teur du film, Phi­lippe De­la­rue. Pa­ri ga­gnant, donc, pour ce film fa­bri­qué à 90 % en France et « réa­li­sé en sui­vant la vi­sion ar­tis­tique de deux au­teurs fran­çais » . D’au­tant que le suc­cès de « Mi­nus­cule » ne fait que com­men­cer : les va­cances sco­laires ap­prochent et le film a dé­jà été ven­du dans 50 pays.

Un sym­bole de la très bonne san­té de l’ani­ma­tion hexa­go­nale qui a une autre rai­son de se ré­jouir en ce dé­but d’an­née. Deux oeuvres made in France sont en lice pour dé­cro­cher l’Os­car du meilleur film d’ani­ma­tion, le 2 mars à Los An­geles : « Er­nest et Cé­les­tine » et « Moi, moche et mé­chant 2 » — fi­nan­cé par Hol­ly­wood, co­réa­li­sé par un Fran­çais et fa­bri­qué par un stu­dio pa­ri­sien. La co­mé­die des fa­meux Mi­nions peut éga­le­ment se glo­ri­fier du titre de film le plus vu dans l’Hexa­gone en 2013, at­ti­rant plus de 4,5 mil­lions de spec­ta­teurs.

La France dé­fend bec et ongles son rang de pre­mier pro­duc­teur eu­ro­péen de films d’ani­ma­tion, se si­tuant à la troi­sième place mon­diale, der­rière le Ja­pon et les Etats- Unis. Et la « french touch » est ré­pu­tée in­ter­na­tio­na­le­ment. Les Amé­ri­cains af­fluent chaque an­née en juin à An­ne­cy ( Haute- Sa­voie) pour le plus grand fes­ti­val d’ani­ma­tion du monde. Ils in­ves­tissent mas­si­ve­ment dans nos stu­dios et em­bauchent des ani­ma­teurs à tour de bras.

nDes pe­tits bi­joux

En Ca­li­for­nie, les prin­ci­paux stu­dios — Dis­ney, DreamWorks, Blue Sky ou So­ny Ani­ma­tion — comptent moult fren­chies dans leurs équipes, qu’ils ap­pré­cient « pour leurs ta­lents gra­phiques, leur ré­ac­ti­vi­té tech­no­lo­gique et leur fa­ci­li­té à s’adap­ter au pro­ces­sus amé­ri­cain de fa­bri­ca­tion » , sou­ligne Ch­ris Me­le­dan­dri, le pro­duc­teur amé­ri­cain de « Moi, moche et mé­chant » .

Certes, tout n’est pas rose au pays d’As­té­rix : nos films ont par­fois du mal à se fi­nan­cer et doivent ba­tailler face à la concur­rence amé­ri­caine. Autre ef­fet per­vers : ils se font de l’ombre entre eux, aux dé­pens par­fois de pe­tits bi­joux, comme le mer­veilleux « Lou­lou et autres se­crets » de Gré­goire So­lo­ta­reff, sor­ti en dé­cembre comme beau­coup — trop — d’autres dessins ani­més. Mais si « la fi­lière reste fra­gile » , comme le dit Di­dier Brun­ner, le pro­duc­teur d’ « Er­nest et Cé­les­tine » , elle évo­lue en ma­jus­cules.

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