« 100 % des élèves sont em­bau­chés aus­si­tôt »

Un pro­fes­seur de l’éco­lede l’image des Go­be­lins

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - RE­NAUD BA­RONIAN

L’am­biance est stu­dieuse, mais aus­si très dé­ten­due. Dans des salles de classe, des étu­diants peau­finent, seuls, les re­touches gra­phiques de leurs films de fin d’études sur un or­di­na­teur. Plus loin, un grand pla­teau, d’autres écrans mais aus­si des planches à des­sin, de­vant les­quelles des élèves tra­vaillent, en groupe. Bien­ve­nue à l’école des Go­be­lins, à Pa­ris ( XIIIe), l’une des plus ré­pu­tées au monde, qui forme aux mé­tiers d’art et de l’image de­puis 1963, et à l’ani­ma­tion de­puis 1975.

Des contacts per­ma­nents avec les pros

Ici, les places sont chères : 500 à 1 000 can­di­dats se­lon les an­nées, pour seule­ment 25 ad­mis. Mais ce n’est pas cette sé­lec­tion dras­tique qui fait la no­to­rié­té des lieux. « Les Go­be­lins ont su évo­luer avec l’in­dus­trie du ci­né­ma, ex­plique Fré­dé­ric Na­gor­ny, pro­fes­seur d’ani­ma­tion. Nous for­mons à la fois aux mé­tiers ar­tis­tiques et aux nou­velles tech­no­lo­gies. Et tout au long du cur­sus, nous in­ci­tons nos étu­diants à ap­pré­hen­der le monde de l’en­tre­prise. Lors­qu’ils quittent l’école, ils savent aus­si bien tra­vailler sur des pe­tits films d’au­teur que dans des grosses struc­tures à l’amé­ri­caine. »

C’est là que ré­side la force de l’école : sans cesse, d’an­ciens élèves, au­jourd’hui ani­ma­teurs chez Dis­ney ou DreamWorks, viennent don­ner des confé­rences. La plu­part des pro­fes­seurs sont des pro­fes­sion­nels. Et en troi­sième an­née, les étu­diants s’échinent sur leurs books et films de fin d’études pour les pré­sen­ter aux re­cru­teurs du monde en­tier, en juin, au fes­ti­val d’An­ne­cy. Cette for­ma­tion poin­tue coûte cher — 6 500 € par an — mais la contre­par­tie est énorme : « un taux d’em­bauche de 100 % à la sor­tie » , comme dans les autres grandes écoles fran­çaises d’ani­ma­tion.

C’est ce qui a mo­ti­vé Clé­ment, 24 ans, étu­diant en der­nière an­née. Ce pas­sion­né, qui s’est spé­cia­li­sé dans l’ani­ma­tion en 3D « pour être em­bau­ché par un stu­dio amé­ri­cain » , compte bien pré­sen­ter ses tra­vaux « à un maxi­mum de pro­fes­sion­nels » à An­ne­cy. Mar­lène, 21 ans, spé­cia­li­sée en 2D ( l’ani­ma­tion clas­sique ou à plat), ne s’in­quiète pas non plus pour son ave­nir : « Les Go­be­lins m’ont ap­por­té ce que je re­cher­chais : une ex­cel­lente for­ma­tion tech­nique et un contact per­ma­nent avec l’in­dus­trie du ci­né­ma d’ani­ma­tion. »

( LP/ Yann Fo­reix.)

Pa­ris ( XIIIe). Les étu­diants de l’école des Go­be­lins peau­finent leurs films de fin d’études sur des planches à des­sin et sur or­di­na­teur.

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