Les Pa­ri­siens ne pour­ront fi­na­le­ment pas jouer les taxis

Le Parisien (Paris) - - Economie - ER­WAN BENEZET

Apeine mise en ligne mer­cre­di der­nier et té­lé­char­geable sur ta­blettes et smart­phones, l’ap­pli­ca­tion UberPOP est dé­jà sur la sel­lette. Le concept a pour­tant été ven­du comme ré­vo­lu­tion­naire par Uber, la so­cié­té amé­ri­caine qui l’a créé.

UberPOP per­met en ef­fet à ses uti­li­sa­teurs d’être mis en relation en temps réel avec des chauf­feurs ama­teurs se trou­vant dans un pé­ri­mètre com­mun. Mais — pré­ci­sion im­por­tante — le ser­vice n’est pas gra­tuit. Il coûte au mi­ni­mum 4 €, et une course peut ra­pi­de­ment s’éle­ver à plu­sieurs di­zaines d’eu­ros, car seuls des pe­tits tra­jets dans Pa­ris in­tra- mu­ros sont pour le mo­ment pro­po­sés.

Le co­voi­tu­rage, une ac­ti­vi­té à but non lu­cra­tif

Le re­pré­sen­tant en France d’Uber parle même d’une nou­velle forme de « co­voi­tu­rage ur­bain » . Or, c’est là que le bât blesse. Certes, la lé­ga­li­té du co­voi­tu­rage a été consa­crée par la Cour de cas­sa­tion dans un ar­rêt du 12 mai 2013. Mais à la condi­tion ex­press qu’il ne soit ja­mais pra­ti­qué dans un but lu­cra­tif. La par­ti­ci­pa­tion fi­nan­cière des pas­sa­gers est li­mi­tée au par­tage des coûts. Au­cun doute pos­sible : le trans­port des pas­sa­gers sous cou­vert de co­voi­tu­rage en échange d’une ré­mu­né­ra­tion est bien stric­te­ment in­ter­dit.

Les ser­vices de la DGCCRF ( di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes), qui dé­pend du mi­nis­tère de l’Economie, ont donc dé­ci­dé de lan­cer une en­quête sur le « dé­ve­lop­pe­ment de ser­vices de trans­ports sous cou­vert de co­voi­tu­rage » . « Il consti­tue une ac­ti­vi­té de trans­port pu­blic non au­to­ri­sée, pré­cisent les ser­vices de Ber­cy dans un com­mu­ni­qué. Les per­sonnes qui s’en­ga­ge­raient dans cette ac­ti­vi­té, no­tam­ment via des sites de mise en relation, s’ex­po­se­raient à des sanc­tions pé­nales. »

Uber est donc clai­re­ment dans le col­li­ma­teur. La DGCCRF re­com­mande même la plus grande vi­gi­lance aux uti­li­sa­teurs de ces sites. Les taxis, très re­mon­tés contre cette nou­velle ap­pli­ca­tion — qu’ils consi­dèrent comme une forme de « concur­rence dé­loyale » — et qui ont pro­gram­mé une grève pour de­main, vont peut- être pou­voir res­pi­rer plus li­bre­ment.

Contac­tée, la di­rec­tion d’Uber n’a pas ré­pon­du à nos ques­tions.

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