Un­di­plo­ma­te­fran­çais de­vant­la­jus­ti­cein­dienne

Ce pè­rede fa­mille com­pa­raî­tra lun­di de­van­tun­tri­bu­nal deBan­ga­lore ( Inde), ac­cu­sé­par so­né­pou­sede viol sur leur fille. Unim­bro­glio fa­mi­lial ter­ri­fiant.

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - TI­MO­THÉE BOU­TRY

Les soup­çons de ma­ni­pu­la­tion semblent avé­rés. Et pour­tant, Pas­cal Mazurier, un di­plo­mate fran­çais en poste en Inde, de­meure tou­jours ac­cu­sé par son épouse, Su­ja Jones, du viol de sa fille de 3 ans et de­mi. Après une en­quête qui a mis en lu­mière les nom­breuses contra­dic­tions de la pro­cé­dure, le père de fa­mille a été ren­voyé de­vant un tri­bu­nal de Ban­ga­lore. Son pro­cès dé­bute lun­di. « Cette pers­pec­tive ne me ter­ro­rise pas. Les au­diences per­met­tront de faire toute la lu­mière sur cette af­faire et de poin­ter du doigt les men­songes de ma femme, confie le di­plo­mate, joint par té­lé­phone. Même si je n’ai au­cun élé­ment pour dire le contraire, j’es­père que les juges se­ront vrai­ment neutres. »

C’est une mise en scène avec des preuves pré- consti­tuées”

Les avo­cats de Pas­cal Mazurier

L’af­faire dé­bute en juin 2012, lorsque Su­ja Jones dé­pose plainte, ac­cu­sant son ma­ri d’avoir vio­lé leur troi­sième en­fant. La veille, elle s’est ren­due au Bap­tist Hos­pi­tal de Ban­ga­lore pour faire consta­ter ses soup­çons. Le rap­port mé­di­cal note la pré­sence de sperme et in­dique que l’exa­men de la fillette est com­pa­tible avec un viol. Pas­cal Mazurier est in­car­cé­ré.

Mais, dès juillet, les ex­per­tises di­li­gen­tées par la po­lice in­diquent que le sperme re­trou­vé dans le corps de l’en­fant n’est pas ce­lui de son père. « Mal­gré la preuve scien­ti­fique de son in­no­cence, notre client a pas­sé quatre mois en dé­ten­tion pro­vi­soire avant d’être li­bé­ré sous cau­tion » , dé- noncent Mes Pierre- Oli­vier Sur et Clé­mence Witt, les avo­cats fran­çais de Pas­cal Mazurier.

Le 10 jan­vier 2013, nou­veau coup de théâtre. Le rap­port fi­nal de la po­lice in­dienne ré­vèle que les échan­tillons ap­por­tés par Su­ja Jones au Bap­tist Hos­pi­tal ne contiennent pas l’ADN de la fillette qui, du coup, n’a peut- être su­bi au­cune agres­sion sexuelle. « C’est une mise en scène avec des preuves pré- consti­tuées » , as­sènent ses avo­cats. Mal­gré tous ces élé­ments, au dé­but du mois, la jus­tice in­dienne re­fuse de dé­li­vrer un non- lieu en fa­veur de Pas­cal Mazurier, pré­fé­rant le ren­voyer de­vant le tri­bu­nal.

En pa­ral­lèle, Pas­cal Mazurier se bat sur un autre front ju­di­ciaire pour ré­cu­pé­rer la garde de ses trois en­fants que son épouse re­fuse de lui pré­sen­ter mal­gré les dé­ci­sions de jus­tice. Grâce à l’obs­ti­na­tion de ses conseils, le di­plo­mate a fi­na­le­ment pu re­voir ses en­fants pour la pre­miè- re fois de­puis le dé­clen­che­ment de l’af­faire le 31 jan­vier. Une ren­contre d’une heure dans un lieu neutre après dix- neuf mois sans nou­velles. « Ce n’était pas évident, mais ça s’est glo­ba­le­ment bien pas­sé » , in­dique Me Witt. « Je passe par des hauts et des bas mais je n’aban­donne pas pour deux rai­sons, nous confiait Pas­cal Mazurier il y a quelques jours. Car je sais que je suis in­no­cent et par amour pour mes en­fants. »

( AFP/ Ai­jaz Ra­hi.)

Ban­ga­lore ( Inde), le 19 juin 2012. Pas­cal Mazurier ( ici ca­ché sous son cha­peau lors de son ar­res­ta­tion) a pas­sé quatre mois en dé­ten­tion pro­vi­soire avant d’être li­bé­ré sous cau­tion.

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