ALourdes, les­po­li­ciers­ne­font­pas­de­mi­racles

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - ADRIEN CADOREL

Les po­li­ciers de Lourdes ( Hau­tesPy­ré­nées) sont priés d’en­fi­ler leur bleu de chauffe. Alors qu’une large par­tie de l’ins­ti­tu­tion po­li­cière se fé­li­ci­tait de l’aban­don par Valls de la « po­li­tique du chiffre » — pratique des­ti­née à at­teindre un ob­jec­tif chif­fré de plaintes, de ver­ba­li­sa­tions ou de garde à vue —, il semble que cer­tains y soient tou­jours sou­mis. Ain­si les forces de l’ordre de la com­mune de Lourdes viennent d’être rap­pe­lées à l’ordre. Dans une note in­terne en date du 22 jan­vier, le res­pon­sable de l’uni­té de sé­cu­ri­té pu­blique s’étonne de « la baisse glo­bale d’ac­ti­vi­té, tant dans le do­maine contra­ven­tion­nel qu’en nombre d’in­ter­pel­la­tions » .

L’au­teur de la note re­lève que lors « du qua­trième tri­mestre 2013, le nombre de ver­ba­li­sa­tions s’élève à 1 526 contre 3 211 pour la même pé­riode de 2012, soit une baisse de 52,48 % » . Un ra­len­tis­se­ment d’ac­ti­vi­té no­tam­ment dû, se­lon le mi­nis­tère de l’In­té­rieur que nous avons joint, à une « grève du zèle, ins­tau­rée par un syn­di­cat de gar­diens de la paix. L’ac­ti­vi­té contra­ven­tion­nelle, fai­sant par­tie in­té­grante de la mis­sion, n’a pas re­pris à l’is­sue de ce mou­ve­ment de grève et, de­puis, une cer­taine anarchie s’est ins­tal­lée dans la ville. Il n’est pas pour au­tant ques­tion de de­man­der des quo­tas aux po­li­ciers » , pré­cise la Place Beau­vau.

n In­quié­tude

S’il re­con­naît l’im­pact de ce mou­ve­ment de contes­ta­tion ini­tiée par le syn­di­cat Al­liance, Ni­co­las Co­bas, se­cré­taire dé­par­te­men­tal de l’or­ga­ni­sa­tion Uni­té Po­lice SGP- FO, s’in­quiète du re­tour à l’ac­ti­vi­té chif­frée. « On ne peut pas ré­pri­man­der des dé­lits qui n’existent pas » , s’étonne le syn­di­ca­liste. « Les po­li­ciers de Lourdes tra­vaillent de fa­çon sé­rieuse, il est faux de sous- en­tendre qu’il y a du lais­se­ral­ler » , ajoute- t- il, pré­ci­sant être in­quiet « des ré­per­cus­sions en­vi­sa­gées par la hié­rar­chie » . Se­lon la note, celle- ci « pour­rait ré­vi­ser à la baisse leur no­ta­tion si au­cun re­gain d’ac­ti­vi­té n’est consta­té à court terme » .

Une fois par an à l’été, chaque fonc­tion­naire de po­lice est éva­lué par ses su­pé­rieurs, se­lon dif­fé­rents cri­tères, dont l’ac­ti­vi­té de voie pu­blique. « Ce­la peut avoir un im­pact dé­sas­treux sur leur évo­lu­tion de car­rière » , conclut Ni­co­las Co­bas, qui sou­haite qu’une so­lu­tion soit trou­vée.

Cette note in­terne da­tée du 22 jan­vier rap­pelle à l’ordre les po­li­ciers de Lourdes et s’étonne de « la baisse glo­bale d’ac­ti­vi­té, tant dans le do­maine contra­ven­tion­nel qu’en nombre d’in­ter­pel­la­tions » .

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