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Ser­gioPa­risse, ca­pi­tai­ne­del’équi­ped’Ita­lie

Le Parisien (Paris) - - Sports - Pro­pos re­cueillis par

Ser­gio Pa­risse est un mo­nu­ment. A 30 ans, le troi­sième ligne centre, ca­pi­taine de l’Ita­lie et du Stade Fran­çais, est l’un des tout meilleurs de la pla­nète à son poste. Il se­ra, du haut de ses 102 sé­lec­tions, l’un des prin­ci­paux dan­gers pour les Bleus. Quel est l’ob­jec­tif de l’Ita­lie dans ce Tour­noi ? SER­GIO PA­RISSE. Au­jourd’hui, on est une na­tion res­pec­tée, ca­pable de battre des équipes qui ont une his­toire plus riche que la nôtre. On veut se faire une place dans le Tour­noi. Mais nous de­vons être constants et évi­ter d’al­ter­ner les grandes per­for­mances et les échecs. L’écart s’est ré­duit entre les grandes et les pe­tites na­tions. Il y a la France, l’An­gle­terre et l’Ir­lande un peu de­vant, puis le Pays de Galles, l’Ecosse et nous. Mais on est proches des meilleurs. On a mon­tré qu’on avait pro­gres­sé. Quelle est l’in­fluence de votre sé­lec­tion­neur Jacques Bru­nel ? De­puis son ar­ri­vée ( NDLR : après le Mon­dial 2011), il a nous a don­né plus d’am­bi­tion. On était sur­tout concen­trés sur la dé­fense. On n’avait pas confiance en notre at­taque. Il a mon­tré qu’on pou­vait faire autre chose et, pe­tit à pe­tit, il a eu des ré­sul­tats. Tout le monde adhère à son dis­cours. Pou­vez- vous battre les Fran­çais, comme l’an­née der­nière ? On ne peut pas se per­mettre d’avoir la pré­ten­tion de dire qu’on va faire un coup. D’ac­cord, on a bat­tu les Fran­çais deux fois en trois ans, mais c’était chez nous. Ils ont connu des mo­ments dif­fi­ciles en 2013 ( NDLR : 8 dé­faites en 1 1 m a t c h s ) . Leur vic­toire contre l’An­gle­terre est sans doute po­si­tive pour nous car ils vont être un peu plus t r an­quilles, mais ce se­ra très dif­fi­cile. Quand on voit les joueurs qui com­posent le XV de France, on se dit que les ré­sul­tats de 2013 ne cor­res­pon­daient pas à leur ni­veau. Il y a des sai­sons où rien ne va. Quelle se­rait votre plus grande fier­té avec l’Ita­lie ? On n’a ja­mais rem­por­té plus de deux vic­toires dans un même Tour­noi, et il nous manque un suc­cès contre l’An­gle­terre. Après, on veut sur­tout mon­trer qu’on a du ca­rac­tère. Vous vi­vez en France de­puis 2005, n’avez- vous ja­mais été ten­té de par­tir ? J’adore Pa­ris, la ville. J’ai eu des oc­ca­sions, no­tam­ment ces trois der­nières sai­sons, quand le club n’al­lait pas bien. J’ai été à deux doigts de par­tir et puis, à chaque fois, j’ai dé­ci­dé de res­ter. Je suis quel­qu’un de fi­dèle à un club qui m’a beau­coup don­né. Je ne vou­lais pas l’aban­don­ner même si ça a été com­pli­qué à vivre. Cette an­née, c’est différent, je s u i s c o n t e n t d’avoir f ait ce choix. Après votre car­rière, pen­sez- vous res­ter en France ? Je ne fais ja­mais de pré­vi­sions à long terme. Mais les deux pays que j’aime sont l’Ita­lie et la France. Je vi­vrai dans l’un ou dans l’autre. Vous êtes ca­pi­taine du Stade Fran­çais et de l’Ita­lie. Etait- ce un but ? Je n’ai ja­mais de­man­dé à l’être. Mes co­équi­piers l’ont vou­lu. J’aime prendre des res­pon­sa­bi­li­tés sur le ter­rain sur­tout quand les choses ne vont pas bien. C’est mon ca­rac­tère. C’est fa­cile de le faire quand ça tourne rond, mais sou­vent les gens s’échappent dès que les pro­blèmes ar­rivent. Je veux être un me­neur en étant un exemple, pas en fai­sant de grands dis­cours. Etre ca­pi­taine de l’Ita­lie à 24 ans, ça per­met d’ap­prendre beau­coup. Com­ment êtes- vous ve­nu au rug­by ? Mon père avait joué dans le club de l’Aqui­la en Ita­lie. Quand j’ai com­men­cé, à 6 ans, il n’était pas d’ac­cord car il trou­vait que c’était un sport trop dur. C’était ma mère qui m’em­me­nait aux en­traî­ne­ments. Après, il a vu que c’était ma pas­sion et il m’a en­cou­ra­gé.

Etre ca­pi­taine de l’Ita­lie à 24 ans,

ça per­met d’ap­prendre”

Car­diff ( pays de Galles), le 1er fé­vrier. Ser­gio Pa­risse.

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