Jour­née blanche pour la France

JO de Sotchi. Mar­tin Four­cade en biathlon, Perrine Laf­font en bosses et l ’équipe de France de pa­ti­nage ar­tis­tique ont été mis en échec. Au­jourd’hui, place aux des­cen­deurs.

Le Parisien (Paris) - - Jeux olympiques d'hiver - SOTCHI ( RUS­SIE) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux DA­VID CHAR­PEN­TIER

Il y a des en­trées en ma­tière plus réus­sies. Hier, l’équipe de France olym­pique a re­gar­dé de loin la dis­tri­bu­tion des pre­mières mé­dailles, comme on re­luque un gâ­teau qui ne vous est pas des­ti­né. Si la ( très) jeune Perrine Laf­font, du haut de ses 15 ans, n’a ab­so­lu­ment rien à se re­pro­cher, si l’équipe de France de pa­ti­nage ar­tis­tique a été éli­mi­née dès le pro­gramme court — était- ce rai­son­nable d’at­tendre beau­coup mieux ? —, la vraie dé­cep­tion est ve­nue de Mar­tin Four­cade, grand fa­vo­ri du sprint 10 km en biathlon.

C’était sûr, le p’tit gars de la Lla­gonne, quin­tuple cham­pion du monde et mé­daillé d’ar­gent en 2010 à Van­cou­ver, de­vait his­ser haut le dra­peau bleu- blanc- rouge. Sauf qu’hier il n’a pris que la sixième place d’une épreuve rem­por­tée par l’in­usable Ole Ei­nar Bjoern­da­len.

Un pe­tit coup de mar­teau sur la tête” Mar­tin Four­cade, seule­ment sixième du sprint 10 km

« Bjoern­da­len, c’est mons­trueux et, en plus, il ne fait pas la course par­faite. » Si­mon Four­cade ( 36e du sprint hier), frère aî­né de Mar­tin, ré­su­mait en quelques mots le sentiment gé­né­ral face à la per­for­mance de l’in­tou­chable Nor­vé­gien ( voir ci- contre). Mar­tin Four­cade au­ra beau tour­ner avec ses en­traî­neurs le pro­blème dans tous les sens, il doit ac­cep­ter d’être tom­bé sur plus fort que lui. « C’est une course qui n’est pas mau­vaise, mais qui n’est pas as­sez bonne pour jouer la gagne » , a re­con­nu le Ca­ta­lan, écar­té du titre pour une fau- te au tir cou­ché. « Une conne­rie qui me coûte la vic­toire… Il me manque peut- être le grain de fo­lie qui fai­sait qu’au­jourd’hui je de­vais ga­gner » , a concé­dé ce­lui qui ter­mine fi­na­le­ment à douze se­condes du vain­queur et à moins de six se­condes du po­dium, son ob­jec­tif mi­ni­mal.

Le chef de file de l’équipe de France s’était pour­tant pré­sen­té sur l’exi­geant par­cours gon­flé de cer­ti­tudes avec sa cas­quette de lea­der de la Coupe du monde. Et c’est en­core lui qui lais­sait la meilleure im­pres­sion, tout en puis­sance et en glisse sur ses skis avant le gros rai­dillon. Sa pre­mière er­reur, et fi­na­le­ment la seule, lui au­ra été fa­tale. « Bien sûr que je suis dé­çu. J’avais af­fi­ché mes am­bi­tions ces der­niers jours et ce n’était pas juste pour faire jo­li. Mais je n’ai pas grand- chose à me re­pro­cher. » « Il est tom­bé sur un ex­tra­ter­restre du biathlon, a conve­nu son père, ins­tal­lé hier au pied des tri­bunes au ni­veau de la ligne d’ar­ri­vée. Bjorn était dix fois meilleur. Il reste cinq courses et, au vu des ré­sul­tats de l’équipe de France au­jourd’hui ( hier), c’est très en­cou­ra­geant. » Une pro­jec­tion vers l’ave­nir par­ta­gé par son fils ca­det. « Voi­là, c’est un pe­tit coup de mar­teau sur la tête, a ad­mis Mar­tin Four­cade. Je vais ren­trer à la mai­son, crier un bon coup sous la douche et je se­rai de re­tour dans deux jours pour la pour­suite. » Avant d’avoir deux pe­tits mots pour le vain­queur du jour. « Ça fait cinq olym­piades qu’il met des j’tons à tout le monde. On va es­sayer d’ar­rê­ter dès lun­di ( de­main) cette mau­vaise ha­bi­tude qu’il a prise. » Une bonne idée pour lan­cer en­fin la mois­son tri­co­lore.

( Maxppp/ Ar­man­do Ba­ba­ni.)

Ro­sa Khu­tor ( Rus­sie), hier.

Mar­tin Four­cade a pris la 6e place à cause d’un tir cou­ché ra­té.

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