« A150km/ h, l’er­reur es­tin­ter­dite »

AdrienT­héaux, can­di­da­tau­po­dium­ce­ma­tin

Le Parisien (Paris) - - Jeux olympiques d'hiver - SAN­DRINE LE­FÈVRE

CnL’in­dis­pen­sable ex­pé­rience

nL’union fait la force

’ est l’épreuve reine du ski al­pin, à la fois phy­sique et tech­nique, qui né­ces­site sur­tout des qua­li­tés men­tales hors norme. Le Fran­çais Adrien Théaux nous dé­crypte cette course pas vrai­ment comme les autres. « Mon­sieur Tout- le- Monde peut faire une des­cente, mais il fe­ra beau­coup de vi­rages entre deux portes, là où, nous, spé­cia­listes, nous n’en fe­rons qu’un. Un des­cen­deur ap­prend à se connaître. Il ne faut pas être une tête brû­lée ou de­ve­nir fou si on est en tête, car ça peut mal se ter­mi­ner. Lors des Coupes du monde, il faut être pré­cis sur les tra­jec­toires pour com­mettre le moins d’er­reurs pos­sibles. Ce tra­vail prend du temps, la moyenne d’âge des des­cen­deurs ha­bi­tués aux po­diums est su­pé­rieure à 30 ans, alors qu’elle est d’en­vi­ron 24 ans en sla­lom. » « Tous les des­cen­deurs, quels que soient leur na­tio­na­li­té et leur pal­ma­rès, savent qu’ils se lancent dans un truc un peu dingue. On a tous cette sen­sa­tion de par­tir au com­bat, du coup, une so­li­da­ri­té s’est dé­ve­lop­pée. Le fait qu’on prenne énor­mé­ment de risques a per­mis de dé­ve­lop­per des liens ex­trê­me­ment forts. On est ad­ver­saires, mais on n’a pas en­vie que l’autre se fasse mal. »

nLa trouille avant de s’élan­cer

« Je fais par­tie des skieurs qui ar­rivent le plus tard pos­sible afin d’échap­per au stress des autres. Je re­garde très peu la course des ad­ver­saires qui passent avant moi, où alors je choi­sis ceux que je vais suivre. Cer­tains, il ne faut sur­tout pas les re­gar­der par­tir. Leur ski n’est pas trop sûr. On pré­vient d’ailleurs les jeunes de ne ja­mais re­gar­der le concur­rent qui part juste avant eux, no­tam­ment à Kitzbü­hel. Cette piste est celle du cir­cuit où on se fait le plus mal­me­ner. Après deux ou trois portes, on part sur un saut qui nous en­voie très haut et très loin. Tout skieur a alors le ré­flexe de faire des mou­li­nets avec les bras. Quand on re­garde ça, on a ten­dance à flip­per. »

nLa concen­tra­tion ex­trême pen­dant la course

« A 150 km/ h, l’er­reur est in­ter­dite. La concen­tra­tion est op­ti­male, car il faut être ca­pable de ré­agir vite dans n’im­porte quelle si­tua­tion. Pen­dant les en­traî­ne­ments, on ap­prend le tra­cé par coeur, on se le re­fait des di­zaines de fois dans la tête si bien que, pen­dant l’épreuve, on sait par­fai­te­ment sur quelle por­tion on se trouve. On en­re­gistre les tra­jec­toires, au cen­ti­mètre près. En des­cente, quand la peur nous prend, le plai­sir nous aban­donne et il vaut mieux pas­ser à autre chose. »

nLa fo­lie, une lé­gende

« Les gens me de­mandent sou­vent si je ne suis pas com­plète- ment fou. C’est tout le contraire. Un des­cen­deur fou part très vite au car­ton. Il faut donc être humble, po­sé et ré­flé­chi. On skie sur un fil et il y a des li­mites à ne pas dé­pas­ser. Bien sûr qu’on prend des risques, mais il ne faut pas faire n’im­porte quoi. Les grands des­cen­deurs n’ont ja- mais été des gar­çons très exu­bé­rants. »

Le Fran­çais Brice Ro­ger, qui a chu­té hier lors de l’ul­time séance d’en­traî­ne­ment, souffre d’une rup­ture des li­ga­ments croi­sés du ge­nou. Il est rem­pla­cé ce ma­tin par Guiller­mo Fayed.

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