Lu­cienne, ma­mie flin­gueuse

Ani­ma­trice ve­dette sur­prise de la ma­ti­nale de Vir­gin Ra­dio, Lu­cienne Mo­reau, bien­tôt 81 ans, dé­tonne avec son franc- par­ler. Ren­contre avec un per­son­nage.

Le Parisien (Paris) - - Mon dimanche - CA­RINE DI­DIER

J’aime bien faire la fête, une coupe de cham­pagne et les pe­tits fours” Je me fais dra­guer sur Fa­ce­book, je re­çois des de­mandes en ma­riage”

Ne vous fiez pas à ses jo­lies bou­clettes cou­leur de neige et à ses 81 prin­temps. Avec sa bouille de ma­mie gâ­teau, Lu­cienne Mo­reau dis­tille des ré­pliques caus­tiques au fil de chro­niques sur Vir­gin Ra­dio ( « l’Avis de la vieille » , le mer­cre­di à 7 h 50, et « les Cour­riers du coeur » , le ven­dre­di à 8 h 50). Pas de chi­chis. Dans les cou­loirs de la sta­tion pop- rock- elec­tro, Lu­lu mul­ti­plie les bises, quand elle ne dis­tri­bue pas des au­to­graphes aux fans qui la re­con­naissent dans la rue. « Je com­mence à avoir mal à la main » , s’amuse- t- elle.

Voi­là tout le charme de cette oc­to­gé­naire atypique : rire de tout, s’en­thou­sias­mer d’un rien. Du ta­pis rouge à Cannes, qu’elle a fou­lé pour le « Pe­tit Jour­nal » de Ca­nal +, aux pu­bli­ci­tés pour Ce­te­lem ou le site Adop­teun­mec. com, on s’ar­rache la dy­na­mique Ma­mie Mo­reau et sa dé­ri­sion. Co­mé­dienne ? « Non. Je suis tou­jours Lu­cienne » , ré­plique la pe­tite dame ( 1,52 m), qui a dé­jà connu plu­sieurs vies. A 14 ans, elle tra­vaillait dé­jà sur l’ex­ploi­ta­tion agri­cole de ses pa­rents à Ré­na­zé, en Mayenne. Ma­riée à un voi­sin agri­cul­teur, elle a re­pris le flam­beau à ses cô­tés. « Je fai­sais un peu tout : le tra­vail des champs, la traite des vaches, le mar­ché pour vendre le beurre. Ce­la a du­ré dix ans. Ça rap­por­tait peu. On a dû ar­rê­ter. »

Lu­cienne se lance en­suite dans un com­merce d’ali­men­ta­tion, puis de­vient te­nan­cière de bar, à La­val, pen­dant trois ans. « J’avais beau­coup de clients, mais je fai­sais trop cré­dit ! Après plein de pro­blèmes fa­mi­liaux, j’ai tra­vaillé à l’usine, puis j’ai été veilleuse de nuit à l’hô­pi­tal. »

Di­vor­cée, Lu­cienne se re­ma­rie à un me­nui­sier d’ori­gine tu­ni­sienne. « Ce­la s’est mal ter­mi­né » , glisse- telle avec pu­deur. Ma­man de cinq en­fants ( trois filles, deux gar­çons) au­jourd’hui âgés de 40 à 60 ans, elle n’ar­rête pas. « J’ai été em­ployée de mai­son pour ajou­ter un sup­plé­ment à ma pe­tite re­traite. » En 2000, son oeil frise en li­sant une an­nonce pour de la fi­gu­ra­tion, dans un jour­nal gra­tuit de sa ville d’Ar­gen­teuil.

« J’ai pen­sé que ce­la se­rait moins dur que les mé­nages ! Pour dire un pe­tit texte, il ne faut pas sor­tir de l’école Saint- Cyr » , rit- elle en­core. La jeune pre­mière ap­pa­raît au ci­né­ma ( « Qui a tué Bam­bi? » ) , et in­tègre l’équipe dé­jan­tée de « Gro­land » , sur Ca­nal +, en 2001, puis mul­ti­plie les in­ter­ven­tions dé­ca­lées sur les soi­rées jet- set ou la Fa­shion Week au « Pe­tit Jour­nal » , dès 2010. « Là, j’ai pré­ve­nu que je vou­lais bien rire, mais pro­pre­ment ! Je me suis bien amu­sée : j’ai par­lé à des hommes po­li­tiques, des ac­teurs. »

Sol­li­ci­tée par Vir­gin Ra­dio, elle fonce, fin août der­nier. « C’est mer­veilleux : il y a une bonne équipe et plein de sor­ties à cô­té ! J’aime bien faire la fête, une coupe de cham­pagne et les pe­tits fours » , glousse la se­nior ca­tho­dique, qui ne rate pas son cours de danse du jeu­di dans une mai­son de quar­tier où elle s’exerce au ma­di­son et au rock.

Ses chro­niques ma­ti­nales dé­coiffent, à coups de « big up les bo­loss » ( NDLR : bon­jour les nuls) et de « t’in­quiète, ma gueule » . « C’est dé­ca­lé. Je ne parle pas comme ça dans la vie, et ce­la fait sou­rire mes en­fants, mes dix- sept pe­tits- en­fants ( de 18 mois à 40 ans) et cinq ar­rière- pe­tits- en­fants. La li­mite est que ce­la reste cor­rect, pas vul­gaire » , in­siste- t- elle. Entre une pu­bli­ci­té L’Oréal pour un dé­odo­rant pour homme — et « non un déso­do­ri­sant » , pré­cise- telle —, des émis­sions de té­lé, une fête des grands- mères en ska­te­board lors de la Ma­mif Troc’n’Roll le 2 mars pro­chain, Lu­cienne af­fiche un agen­da de star. « Etre seule, ce n’est pas drôle. Tout ce que je fais me donne la pêche et m’aide mo­ra­le­ment. Dans ma tête j’ai tou­jours 50 ans, et je fais très at­ten­tion à ma san­té, à ce que je mange. Je n’ai ja­mais fait d’ex­cès. »

Sa tar­dive no­to­rié­té n’a rien chan­gé au quo­ti­dien de la ma­mie, tou­jours prête à gâ­ter sa pro­gé­ni­ture et à lui mi­jo­ter un cous­cous, l’une de ses spé­cia­li­tés. « Toute ma vie, j’ai été obli­gée de comp­ter. Main­te­nant, je suis plus à l’aise : c’est le grand large ! » lâche celle qui adore aus­si par­cou­rir le monde ( la Chine, le Ca­na­da, l’Egypte…) et rêve d’em­bar­quer pour une croi­sière vers le Gua­te­ma­la.

Reste à trou­ver du temps et peu­têtre de la com­pa­gnie. « Je me fais dra­guer sur Fa­ce­book, je re­çois des de­mandes en ma­riage, s’es­claffe- t- elle. Je ne sais plus où don­ner du nez. »

( LP/ Oli­vier Aran­del.)

Pa­ris, le 28 jan­vier. Après avoir tra­vaillé à la ferme, dans des bars et même à l’hô­pi­tal, Lu­cienne Mo­reau, au­jourd’hui ar­rière- grand- mère, sé­vit de­puis août 2013 dans l’émis­sion ma­ti­nale de Ch­ris­tophe Beau­grand sur Vir­gin Ra­dio.

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