Ou­vrez plus les bi­blio­thèques !

A Fresnes, la bi­blio­thèque ouvre jus­qu’à 22 heures le jeu­di. C’est rare et les usa­gers ap­pré­cient.

Le Parisien (Paris) - - Société - FLORA GE­NOUX

Elles posent tou­jours trousse, ma­nuel et ca­hiers « dans leur pe­tit coin à elles » : à l’étage, entre les rayon­nages d’art contem­po­rain et de la Re­nais­sance. Comme chaque jeu­di, Mé­gane et Ma­rie- Judith, en ter­mi­nale res­sources hu­maines à Ca­chan ( Val- de- Marne), étirent leurs ré­vi­sions à la « bi­bli » de Fresnes jusque 22 heures. Un ho­raire ex­cep­tion­nel en France pour une bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale alors qu’une pé­ti­tion ré­clame un ac­cueil élar­gi aux soi­rées et au di­manche ( lire ci- des­sous).

Plon­gées dans « le pro­ces­sus stra­té­gique de ma­na­ge­ment » , les deux ado­les­centes ne sour­cillent pas de­vant les fan­fa­ron­nades de jeunes bien plus in­té­res­sés par les étu­diantes que leur pro­chain bac blanc.

C’est un es­pace de calme qui donne une chance à tous de réus­sir” Mar­tine Van Lierde, la di­rec­trice de la bi­blio­thèque de Fresnes

« Ici je peux tra­vailler au­tant que je veux, as­sure Ma­rie- Judith. Chez moi, je suis dé­con­cen­trée par la té­lé, Internet et mes trois frères et soeurs. » Son amie com­plète : « C’est comme à la mai­son mais sans le lit et la cui­sine ! » A l’étage du des­sous, la salle dé­diée au tra­vail in­di­vi­duel bruisse des fiches et des épais po­ly­co­piés d’étu­diants. Son pa­quet de bon­bons en­fi­lé en guise de dî­ner, Amau­ry, en pre­mière an­née de mé­de­cine a éta­bli sa feuille de route : fuir sa chambre et « les ten­ta­tions de Fa­ce­book et des sé­ries » . « Je dois tra­vailler au moins dix- douze heures par jour pour réus­sir » , cal­cule- t- il. L’étu­diant à la fine mous­tache se rend chaque di­manche à la bi­blio­thèque du Centre Pom­pi­dou, à Pa­ris. « Je fais une heure et de­mie de trans­ports et j’y vais au moins une heure avant l’ou­ver­ture le ma­tin pour être sûr d’avoir une place. Ce se­rait plus pratique si celle près de chez moi était ouverte. »

De­vant les éta­gères de ma­nuels de droit, En­zo et Alexandre échangent leurs his­toires de ly­cée. Mais quelques mi­nutes plus tôt, la di­rec­trice a dû congé­dier un groupe de jeunes agi­tés. « On doit par­fois de­man­der à un vi­gile de nous ai­der. Mais on tient à main­te­nir une noc­turne, c’est un es­pace de calme qui donne une chance à tous de réus­sir » , note Mar­tine Van Lierde, alors que Jean- Yves, 70 ans, s’ins­talle face à un or­di­na­teur. « Il n’y avait rien à la té­lé ce soir, si­non j’étais seul à la mai­son » , glisse- t- il.

Tan­dis que beau­coup com­mencent à plier car­tables, Ma­thias, 39 ans, pro­fite des der­nières mi­nutes. Il ré­vise un concours pour va­li­der son par­cours de… bi­blio­thé­caire. L’ou­ver­ture le soir et le di­manche ? « En tant qu’usa­ger, je trouve ça utile mais, en tant que pro­fes­sion­nel, je pense qu’il fau­drait re­cru­ter et éta­blir un rou­le­ment pour ne pas être tou­jours le mê­meà ren­trer tard » , es­time ce père de fa­mille, bien­tôt chas­sé par une re­ten­tis­sante son­ne­rie, un mor­ceau de Bob Dy­lan.

( LP/ Tho­mas Sa­lo­mon.)

Fresnes ( Val- de- Marne), jeu­di. Les ly­céens et étu­diants plé­bis­citent la bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale de Fresnes où ils peuvent tra­vailler dans le calme tard après leurs cours.

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