La­guerre du mi­lieu

Le Parisien (Paris) - - Sports - SYL­VIE DE MACEDO ET JU­LIEN LAU­RENS

Ce Mo­na­co - PSG, c’est avant tout une his­toire de mi­lieu. Ce soir, au stade Louis- II, les Pa­ri­siens Thia­go Mot­ta, Ver­rat­ti et Ma­tui­di se frot­te­ront à l’autre ré­fé­rence en Ligue 1, le trio Tou­la­lan, Mou­tin­ho et Ob­ba­di ( ou Kon­dog­bia). Un duel qui dé­ter­mi­ne­ra pro­ba­ble­ment le ré­sul­tat du match. Si le mi­lieu du PSG s’illustre par une meilleure maî­trise dé­fen­sive et of­fen­sive, ce­lui de Mo­na­co af­fiche une sé­ré­ni­té à toute épreuve.

Des six mi­lieux de ter­rain, Jé­ré­my Tou­la­lan, pla­cé juste de­vant la dé­fense mo­né­gasque, est le joueur qui ré­cu­père le plus de bal­lons ( 8,3 en moyenne par match contre 6,3 pour Ver­rat­ti ou en­core 5,9 pour Thia­go Mot­ta). En re­vanche, les Pa­ri­siens, Thia­go Mot­ta ( 1 958 de­puis le dé­but de la sai­son) et Ver­rat­ti ( 1796) no­tam­ment, touchent bien plus de bal­lons que le meilleur des Mo­né­gasques dans ce do­maine, João Mou­tin­ho ( 1572). L’Ita­lo- Bré­si­lien du PSG est éga­le­ment le joueur de L 1 qui réus­sit le plus de passes ( 1672). « Il y a sou­vent très peu d’es- pace entre Ver­rat­ti, Mot­ta et Ma­tui­di alors qu’il y en a plus à cou­vrir pour les trois mi­lieux mo­né­gasques dans le 4- 4- 2 en lo­sange de Ra­nie­ri, ex­plique l’an­cien in­ter­na­tio­nal fran­çais Ro­bert Pires. Et compte te­nu du fait que le PSG a au­tant de pos­ses­sion de balle, ils ont moins à tra­vailler pour ré­cu­pé­rer le bal­lon et sont moins sou­vent mis sous pres­sion. En termes de com­plé­men­ta­ri­té dé­fen­sive, mais aus­si d’abat­tage, je pense donc que Pa­ris a l’avan­tage. »

Si João Mou­tin­ho, qui évo­lue da­van­tage dans un rôle de re­layeur­créa­teur, a dé­jà adres­sé un to­tal de 111 centres à ses par­te­naires en L 1, le trio pa­ri­sien a une meilleure ef­fi­ca­ci­té of­fen­sive. Il compte 5 buts et 6 passes dé­ci­sives en cham­pion­nat, soit presque deux fois plus que les Mo­né­gasques ( 3 buts et au­tant de passes). « A Mo­na­co, les mi­lieux cherchent James Ro­dri­guez, leur me­neur de jeu, en pre­mière in­ten­tion, c’est à lui de créer le jeu, dé­crypte Ro­bert Pires. A Pa­ris, ce sont Mot­ta, Ma­tui­di et sur­tout Ver­rat­ti qui créent le jeu. Ils sont plus im­pli­qués. Mot­ta est, par exemple, le 3e meilleur bu­teur pa­ri­sien der­rière Ibra et Ca­va­ni ( NDLR : toutes com­pé­ti­tions confon­dues avec 5 buts). »

En Ligue 1, le trio mo­né­gasque n’a com­mis que 80 fautes et éco­pé de 8 car­tons jaunes contre 96 fautes et 11 aver­tis­se­ments ( et une ex­pul­sion) pour les trois Pa­ri­siens. « C’est peut être le point le plus im­por­tant pour ce match : qui va mieux gé­rer la pres­sion ? s’in­ter­roge Ro­bert Pires. L’ex­pé­rience n’est pas un pro­blème, chaque camp en a. En re­vanche, les tem­pé­ra­ments le se­ront. On a vu le PSG se perdre un peu à Nantes ( NDLR : en Coupe de la Ligue, vic­toire 2- 1) en se­conde pé­riode au ni­veau du com­por­te­ment. Ver­rat­ti peut s’em­por­ter ra­pi­de­ment. A ce ni­veau- là, les Mo­né­gasques me pa­raissent plus se­reins. Tou­la­lan et Mou­tin­ho savent gar­der la tête froide dans ce genre de ren­contre au som­met. »

( LP/ Ar­naud Jour­nois.)

Le Pa­ri­sien Blaise Ma­tui­di.

( AFP/ Syl­vain Tho­mas.)

Le Mo­né­gasque Jé­ré­my Tou­la­lan.

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