C’est smo­king ou robes longues dans les va­lises”

Le Parisien (Paris) - - Politique - ÉRIC HACQUEMAND

Un conseiller

A peine des­cen­du de l’Air­bus pré­si­den­tiel, Hol­lande re­join­dra Air Force One, le Boeing pré­si­den­tiel, pour un voyage avec Ba­rack Oba­ma. Di­rec­tion la Vir­gi­nie où Oba­ma ser­vi­ra de guide dans la luxueuse ré­si­dence de Mon­ti­cel­lo, celle de l’an­cien pré­sident très fran­co­phile Tho­mas Jef­fer­son. Tout un sym­bole… Puis re­tour à Wa­shing­ton pour un en­tre­tien de­main dans le bu­reau ovale, pré­cé­dé de 21 coups de ca­non, puis un dé­jeu­ner au dé­par­te­ment d’Etat avec le vice- pré­sident Joe Bi­den. Avant « le sum­mum du pro­to­cole amé­ri­cain » , le dî­ner d’Etat of­fert par le couple Oba­ma de­main soir. Au pro­gramme, spec­tacle mu­si­cal, toasts et in­vi­tés de pres­tige : George Cloo­ney n’était- il pas pré­sent en mars 2012 lors de la ré­cep­tion de Da­vid Ca­me­ron, le Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique et de son épouse ? « C’est smo­king ou robes longues dans les va­lises » , confie un conseiller alors que sept mi­nistres ac­com­pagnent le pré­sident. Contrai­re­ment à ses pré­dé­ces­seurs, Hol­lande ne s’ex­pri­me­ra tou­te­fois pas de­vant le Con­grès, le pré­sident ayant pré­fé­ré re­mettre des dé­co­ra­tions à des vé­té­rans de la Se­conde Guerre mon­diale.

Il n’em­pêche : pour un pré­sident à moins de 20 % de po­pu­la­ri­té, dont la po­li­tique éco­no­mique est ré­gu­lière- ment raillée par la presse amé­ri­caine, le ca­deau d’Oba­ma est presque in­es­pé­ré.

Alors, pour­quoi de tels hon­neurs ? Lutte contre le ter­ro­risme au Sa­hel, Sy­rie, Iran… « Sur bon nombre de su­jets in­ter­na­tio­naux, nous avons été en phase, rap­pe­lait ré­cem­ment Hol­lande. Ce­la a créé un rap­pro­che­ment avec Ba­rack Oba­ma. » Comme lorsque la France a été sa­luée pour son in­ter­ven­tion mi­li­taire au Ma­li à un mo­ment, rap­pelle un di­plo­mate, « où les Etats Unis ont ten­dance à se désen­ga­ger » . Grâce à cette vi­site, Oba­ma passe sur­tout un peu de pom­made sur le coup en­core dou­lou­reux pris par Hol­lande en sep­tembre lors de la crise sy­rienne. Lâ­ché au der­nier mo­ment par la Mai­son- Blanche pour frap­per mi­li­tai­re­ment le ré­gime de Ba­char al- As­sad, le pré­sident fran­çais a tu sa dé­cep­tion. Même si la re­cu­lade d’Oba­ma, mo­ti­vée par des rai­sons de po­li­tique in­té­rieure, a « coû­té » à Fran­çois Hol­lande, le chef de l’Etat se re­trou­vant cri­ti­qué en France et iso­lé sur la scène in­ter­na­tio­nale. Fran­çois Hol­lande n’a pas non plus vou­lu ou­vrir d’hos­ti­li­tés fron­tales avec Oba­ma après la ré­vé­la­tion en oc­tobre du scan­dale des écoutes té­lé­pho­niques de la NSA. Au­tant de pe­tites hu­mi­lia­tions qui va­laient bien une belle séance de ca­li­no­thé­ra­pie di­plo­ma­tique. Et quelques toasts en noeud pa­pillon à la gloire de l’ami­tié fran­coa­mé­ri­caine…

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