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Le Parisien (Paris) - - Politique - NEW YORK ( ÉTATS- UNIS) De notre correspondante GÉRALDINE WOESSNER

se­maines, per­sonne ne sa­vait qui était Fran­çois Hol­lande. Le pu­blic amé­ri­cain ne le connaît que par l’af­faire… »

Qui se­ra as­sis à la droite d’Oba­ma ? Faut- il pré­voir une danse, si Hol­lande n’a pas de par­te­naire ? Les em­ployés du pro­to­cole de la Mai­sonB­lanche en ont des mi­graines. « On ne me parle que de ça » , confie un di­plo­mate new- yor­kais.

nMr Pud­ding

Les pro­jec­teurs sont bra­qués sur un pré­sident res­té, jus­qu’à pré­sent, une fi­gure floue pour les Amé­ri­cains. « Jacques Chi­rac comme Ni­co­las Sar- ko­zy avaient pro­vo­qué des sen­ti­ments forts, re­lève Pe­ter Ba­ker. De rejet com­mede sou­tien. Hol­lande n’a pas construit d’image par­ti­cu­lière. »

Près de deux ans après son élec­tion, les édi­to­ria­listes conti­nuent de s’in­ter­ro­ger sur la per­son­na­li­té de ce Mr Pud­ding qui, entre deux ba­lades à scoo­ter, a en­voyé ses troupes com­battre ( avec suc­cès) le ter­ro­risme au Ma­li, avant de les en­ga­ger en Cen­tra­frique. Sa fer­me­té sur les dos­siers sy­rien et ira­nien « lui a fait ga­gner un nou­veau cré­dit au­près des fau­cons de Wa­shing­ton et de la com­mu­nau­té juive, sou­ligne le pré­sident du Hud- son Ins­ti­tute, Ken­neth R. Wein­stein. La po­li­tique de sé­cu­ri­té de la France est ap­pré­ciée par­mi les élites qui re­jettent la real­po­li­tik d’Oba­ma et son ab­sence de ré­ac­tion face à la crise hu­ma­ni­taire en Sy­rie » . Mais ce mes­sage, re­grette- t- il, « risque d’être oc­cul­té par les af­faires de coeur de M. Hol­lande. On va mal­heu­reu­se­ment par­ler d’abord de sa vie pri­vée, et de ses ré­sul­tats éco­no­miques qui sont ca­tas­tro­phiques. »

Dans le por­trait que lui consacre le « Time » à la veille de sa vi­site, les faits désa­gréables sont égre­nés : ef­fon­dre­ment des in­ves­tis­se­ments étran­gers (- 77 % l’an der­nier), nombre re­cord de 3,3 mil­lions de chô­meurs et des dé­penses pu­bliques en­glou­tis­sant 57 % du PIB ( contre 41,6 % aux Etats- Unis). Se­lon une étude de la chambre de com­merce amé­ri­caine en France, seules 13 % des en­tre­prises amé­ri­caines y ayant in­ves­ti en ont une image po­si­tive. « La taxe à 75 % sur les plus hauts re­ve­nus a mar­qué l’opi­nion, comme l’af­faire Goo­dyear quand les syn­di­cats ont re­te­nu en otage les di­ri­geants, dé­crypte Fré­dé­ric Le­feuvre, chef éco­no­miste chez Na­tixis à New York. La France est per­çue com­mele nou­veau ma­lade de l’Eu­rope. » Le tour­nant li­bé­ral opé­ré par le pré­sident est pas­sé in­aper­çu aux Etats- Unis.

« Mais Fran­çois Hol­lande n’est pas le seul à être au plus bas dans les son­dages, Ba­rack Oba­ma l’est aus­si » , re­lève per­fi­de­ment le pré­sident du « Har­per’s Ma­ga­zine » , John R. Mac Arthur. « Et l’oba­ma­nia est telle dans votre pays que le bi­lan de son voyage se­ra for­cé­ment po­si­tif. »

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